Anthropic dépasse OpenAI en revenus et remet en question la plus grosse entrée en bourse tech de l'histoire
De 1 à 30 milliards en quinze mois : la trajectoire d'Anthropic expose le gouffre entre la valorisation d'OpenAI et sa rentabilité. Anthropic a annoncé avoir franchi les 30 milliards de dollars de revenus annualisés. Fin 2025, ce chiffre était de 9 milliards. En février 2026, lors de sa levée de fonds à 380 milliards de valorisation, il atteignait 14 milliards. La progression est sans équivalent dans l'histoire de la tech.
OpenAI, de son côté, affiche 2 milliards de dollars de revenus mensuels, soit 24 milliards annualisés. Le « dépassement » mérite toutefois une nuance comptable. Anthropic distribue une part importante de ses services via les marketplaces cloud d'AWS et Google. Ces revenus sont déclarés en brut. OpenAI déclare en net pour ses ventes via partenaires. La comparaison directe est donc imparfaite.
Deux modèles, deux trajectoires de rentabilité
La différence de fond ne tient pas aux seuls chiffres de revenus. Elle tient à la structure des clients. Chez Anthropic :
- Plus de 1 000 entreprises dépensent au moins un million de dollars par an. Ce chiffre a doublé en deux mois.
- Claude Code, l'outil de programmation, génère à lui seul 2,5 milliards en revenus annualisés.
- Huit des dix plus grandes entreprises du Fortune 10 sont clientes.
L'entreprise vise une rentabilité cash en 2027.
OpenAI suit une trajectoire inverse. Les pertes projetées pour 2026 atteignent 14 milliards de dollars. Les engagements d'infrastructure dépassent 600 milliards sur cinq ans. Le seuil de rentabilité n'est pas attendu avant 2030. Selon les analystes de Jefferies, Anthropic a ajouté 21 milliards de nouveaux revenus en trois mois. C'est plus d'un tiers de ce que l'ensemble des éditeurs logiciels suivis par Jefferies ont généré en 2025 entier.
Ce décalage met une pression directe sur l'introduction en Bourse d'OpenAI. L'entreprise vise une IPO au quatrième trimestre 2026, à une valorisation cible d'un billion de dollars. Sa dernière levée, bouclée le 1er avril, l'a valorisée à 852 milliards de dollars pour 122 milliards levés. Parmi les investisseurs : Amazon et NVIDIA, qui sont aussi ses fournisseurs de puces et de cloud. La frontière entre financement et approvisionnement s'estompe.
La CFO d'OpenAI elle-même freine
Le signal le plus révélateur vient de l'intérieur. Selon The Information, la directrice financière d'OpenAI, Sarah Friar, a dit à ses collègues que l'entreprise ne serait pas prête pour une IPO en 2026. Elle pointe le travail organisationnel et réglementaire encore inachevé. Sam Altman, lui, pousse pour un calendrier accéléré. L'écart entre les deux visions est désormais documenté.
Anthropic prépare aussi son entrée en Bourse, potentiellement dès octobre 2026. Sa valorisation de 380 milliards est 2,2 fois inférieure à celle d'OpenAI, pour des revenus désormais supérieurs. L'entreprise a par ailleurs sécurisé 3,5 gigawatts de capacité TPU avec Google et Broadcom à partir de 2027.
OpenAI a 900 millions d'utilisateurs hebdomadaires et la marque la plus connue de l'IA. Mais les marchés ne valorisent pas les logos, ils valorisent les marges.
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