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Le Pentagone cible Anthropic : un risque inédit pour la chaîne d'approvisionnement
Le Department of Defense (DOD) a récemment informé Anthropic que l'entreprise est désormais considérée comme un risque pour la chaîne d'approvisionnement. Cette information, relayée par Bloomberg, provient d'un haut responsable du département, soulignant la gravité de la situation.
Cette désignation fait suite à un conflit persistant entre Anthropic et le DOD. Le PDG d'Anthropic, Dario Amodei, a fermement refusé de permettre à l'armée d'utiliser ses systèmes d'intelligence artificielle pour des activités telles que la surveillance de masse des citoyens américains ou pour le développement d'armes autonomes qui pourraient prendre des décisions de tir sans intervention humaine. Le DOD, de son côté, a exprimé son désaccord avec l'idée qu'un entrepreneur privé puisse limiter l'utilisation de l'IA dans des contextes militaires.
Habituellement, les désignations de risque pour la chaîne d'approvisionnement sont réservées aux entités étrangères considérées comme adversaires. Cette nouvelle étiquette impose désormais à toute entreprise ou agence collaborant avec le Pentagone de certifier qu'elle n'utilise pas les modèles développés par Anthropic.
Conséquences pour Anthropic et le Pentagone
Cette décision du Pentagone pourrait avoir des répercussions significatives sur Anthropic et sur ses opérations. Jusqu'à présent, Anthropic était le seul laboratoire d'IA capable de fournir des systèmes adaptés aux missions classifiées. Actuellement, l'armée américaine utilise Claude, un système d'Anthropic, dans ses opérations en Iran pour traiter rapidement les données opérationnelles. Claude est intégré dans le Maven Smart System de Palantir, un outil essentiel pour les opérations militaires au Moyen-Orient, selon Bloomberg.
La désignation d'Anthropic comme risque pour la chaîne d'approvisionnement, en raison de ce désaccord, est perçue par certains comme une action sans précédent de la part du DOD. Dean Ball, ancien conseiller en IA à la Maison Blanche sous l'administration Trump, a qualifié cette décision de "dernier souffle" de la république américaine. Il critique une approche qu'il décrit comme "tribaliste", où les innovateurs nationaux sont traités plus sévèrement que les adversaires étrangers.
Réactions dans le secteur technologique
En réponse à cette situation, des centaines d'employés d'OpenAI et de Google ont appelé le DOD à revenir sur sa décision. Ils ont également exhorté le Congrès à s'opposer à ce qu'ils considèrent comme un abus de pouvoir contre une entreprise technologique américaine. Ces employés ont encouragé leurs dirigeants à continuer de refuser les demandes du DOD concernant l'utilisation de leurs modèles d'IA pour la surveillance de masse et pour le développement d'armes autonomes.
Dans ce contexte de tension, OpenAI a signé un accord avec le DOD, permettant à l'armée d'utiliser ses systèmes d'IA pour "tous les usages légaux". Cependant, certains employés d'OpenAI ont exprimé des inquiétudes quant à la formulation vague de cet accord, craignant qu'il ne conduise aux mêmes utilisations controversées que celles qu'Anthropic cherchait à éviter.
Les tensions politiques en toile de fond
Dario Amodei a décrit les actions du DOD comme "réactionnaires et punitives". Il a également laissé entendre que son refus de soutenir financièrement Donald Trump aurait exacerbé le conflit avec le Pentagone. En contraste, le président d'OpenAI, Greg Brockman, a récemment fait un don substantiel de 25 millions de dollars au Super PAC MAGA Inc., montrant un soutien clair à Trump.