Brief IA : Désinformation par IA : images de guerre fictives virales

Désinformation par IA : images de guerre fictives virales

Brief IA
Tom Levy·4 min·3 vues

Au cours des deux premières semaines du conflit entre les États-Unis et l'Iran, plus de 110 vidéos et images générées par IA ont été identifiées, atteignant des millions de spectateurs, principalement comme propagande pro-iranienne. Les fournisseurs de satellites, tels que Planet Labs, ont prolongé leurs délais d'image, rendant la vérification indépendante plus difficile et permettant aux contenus générés par IA de combler le vide d'information.

En bref
1Plus de 110 vidéos et images générées par IA pro-iraniennes ont atteint des millions de spectateurs en deux semaines.
2Les fournisseurs de satellites comme Planet Labs ont allongé le délai de diffusion d'images, compliquant la vérification indépendante.
3Des médias allemands ont publié des images IA non étiquetées, issues de réseaux iraniens, avant de les retirer.
💡Pourquoi c'est importantLa désinformation par IA menace la transparence et la vérification des faits dans les conflits modernes, influençant potentiellement l'opinion publique.
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L'analyse en français

Propagation massive de la désinformation par IA

Dans les deux premières semaines du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, le New York Times a identifié plus de 110 images et vidéos générées par intelligence artificielle qui ont atteint des millions de spectateurs. Selon la société d'analyse Cyabra, la majorité de ces contenus servent de propagande pro-iranienne. Ces faux visuels, diffusés sur des plateformes comme X, TikTok et Facebook, incluent des explosions fictives à Tel Aviv, des rues prétendument attaquées, et des manifestations de soldats inexistants. Les outils modernes d'IA permettent à presque n'importe qui de créer des simulations de guerre convaincantes à peu de frais.

Une vidéo particulièrement virale montrait des frappes de missiles touchant la ligne d'horizon de Tel Aviv. Un autre exemple concerne l'USS Abraham Lincoln : après que les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir attaqué le porte-avions, des images générées par IA d'un navire en feu ont circulé sur les réseaux sociaux. Les États-Unis ont déclaré que l'attaque avait échoué et que le navire n'avait pas été endommagé. Le président Trump a accusé l'Iran d'utiliser l'IA comme une "arme de désinformation" et a accusé les médias occidentaux de "coordination étroite" avec Téhéran. Le président de la FCC, Brendan Carr, a même menacé les diffuseurs de révocation de licence en raison de leur couverture de la guerre.

Le chercheur en médias Marc Owen Jones de l'Université Northwestern affirme que l'objectif de cette désinformation est d'exagérer la force militaire de l'Iran et de faire apparaître la guerre comme beaucoup plus dévastatrice pour les alliés de l'Amérique qu'elle ne l'est réellement. Les véritables séquences de combat sont généralement filmées de loin et de nuit, mais le Times note que les faux générés par IA ressemblent davantage à des films d'action d'Hollywood, avec des nuages en champignon et des missiles hypersoniques lumineux.

Restrictions sur les images satellites

Les fournisseurs de satellites, tels que Planet Labs, qui exploite la plus grande flotte de satellites d'observation de la Terre au monde, ont prolongé le délai de diffusion des images de quatre jours à deux semaines, compliquant la vérification indépendante. Cette décision couvre tout l'Iran, les bases militaires alliées et les États du Golfe. Vantor, anciennement Maxar, a également restreint l'accès aux images des bases américaines et alliées. Selon le Washington Post, ces entreprises n'agissent pas sur ordre du gouvernement.

Les critiques soutiennent que ces restrictions pourraient influencer les récits publics sur le conflit et réduire la transparence autour des attaques contre les bases américaines. Les lacunes dans la surveillance en temps réel facilitent également la propagation incontrôlée de la désinformation et du contenu généré par IA. Par exemple, le Tehran Times a publié une image satellite prétendant montrer la destruction d'une installation radar américaine au Qatar, qui s'est avérée être une image manipulée par IA de Google Earth. Les images satellites servent souvent de preuve de frappes réussies.

Impact sur les médias traditionnels

Des médias allemands, tels que Der Spiegel, Zeit, Suddeutsche Zeitung, WDR, Stern et d'autres, ont été contraints de retirer des images générées par IA de leurs publications après avoir découvert qu'elles provenaient de réseaux iraniens. Ces images avaient été diffusées par l'agence SalamPix et intégrées dans les bases de données via l'agence française Abaca Press. Un photographe iranien a admis avoir alimenté des images provenant d'une plateforme des Gardiens de la Révolution iranienne dans la chaîne d'approvisionnement sans les étiqueter comme telles.

Conséquences pour la vérification des faits

L'analyste OSINT Tal Hagin a résumé le dilemme avec AFP : dans le brouillard de la guerre, il est difficile d'évaluer le succès des attaques ennemies. L'OSINT, qui s'appuie sur des images satellites disponibles publiquement, était devenu un outil critique pour contourner la censure dans des pays comme l'Iran. Cependant, cette confiance est désormais exploitée par des acteurs de désinformation. De faux comptes OSINT apparaissent sur les réseaux sociaux, diffusant des images satellites générées par IA comme de véritables renseignements, sapant le travail des enquêteurs légitimes.

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