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IA et recherche : les bibliothèques et centres de documentations réaffirment leur rôle

💡 Cas d'usagevia Archimag·Sivagami Casimir·

IA et recherche : les bibliothèques et centres de documentations réaffirment leur rôle

IA et recherche : les bibliothèques et centres de documentations réaffirment leur rôle

⚡ Résumé en français par Brief IA

80% des bibliothèques universitaires adaptent leurs services aux nouvelles technologies d'IA.
Les bibliothèques renforcent leur rôle d'accompagnement et de formation pour maintenir l'intégrité scientifique.
L'évolution rapide de la recherche et de l'édition scientifique nécessite une réévaluation des pratiques traditionnelles.
💡 Pourquoi c'est important : cela permet aux chercheurs de naviguer efficacement dans un paysage scientifique en évolution rapide.

📄 Article traduit en français

IA et recherche : les bibliothèques et centres de documentations réaffirment leur rôle

L'IA transforme les usages dans la recherche et l'édition scientifique. Dans la continuité de leurs missions historiques, les bibliothèques universitaires et les centres de documentation renforcent leur rôle d’accompagnement, de formation et de soutien à l’intégrité scientifique.

Les usages de l’IA dans le monde de l’édition scientifique

Depuis toujours, les professionnels de l’information évoluant dans les bibliothèques universitaires (BU) et les centres de documentation des organismes de l’enseignement supérieur et de la recherche endossent un rôle majeur auprès des étudiants et des chercheurs. Leurs chiffres de fréquentation continuent de progresser au niveau national, passant de 66 millions d’entrées en 2023 à 73 millions en 2024.

"Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, nous assistons à une troisième révolution numérique après celle de l’apparition de l’informatique et d’internet", constate Jérôme Poumeyrol, directeur de la Direction de la documentation à l’Université de Bordeaux. Mais dans quelle mesure cette technologie transforme-t-elle les missions de ces gardiens de l’information ? Pour Aline Bouchard, conservatrice des bibliothèques et formatrice à l’Urfist Paris, l’IA ne bouscule pas totalement les fondamentaux des BU : "bien qu’ils paraissent plus prégnants aujourd’hui, les thèmes de l’évaluation de l’information ou encore du développement de l’esprit critique font déjà partie des enjeux des bibliothèques."

Des risques, mais aussi des opportunités

"Aujourd’hui, les technologies d’IA ont démultiplié les problématiques, les risques, mais aussi les opportunités", nuance Jean-Marie Barbiche, responsable du département Appui à la recherche et Science ouverte à l’Université Paul Sabatier Toulouse III et membre de l’ADBU. Selon Jérôme Poumeyrol, le risque pour les professionnels de l’information serait de ne pas s’en saisir et d’être dans l’incapacité de s’adapter. D’autant plus qu’une vraie demande émerge de la part des publics.

En 2024, l’Université de Bordeaux a décidé de faire évoluer l’architecture de ses formations documentaires en partant des pratiques de ses usagers : "les bibliothécaires intervenant sur les bonnes pratiques documentaires auprès des étudiants - de la licence au doctorat - sont directement concernés par les sujets de l’IA", explique Jérôme Poumeyrol. "Nous avons profondément retravaillé leur approche pédagogique. Ainsi, nos collègues peuvent intervenir en réalisant des outils pour améliorer les capacités de recherches à l’aide de prompts ou en proposant des ateliers plus génériques sur l’IA." Selon le directeur de la direction de la Documentation, ces différents formats séduisent de plus en plus.

Les bibliothécaires sont aussi à l’avant-poste en matière de "pratiques raisonnées", qui constituent des prérequis pour la confiance et la transparence dans la recherche. Dans quel cadre utiliser l’IA ? Quel est le coût écologique ? Quels sont les risques liés à la protection des données et aux hallucinations ? "Il est fondamental d’expliquer les gains de l’IA (pour gagner du temps, développer sa recherche, traduire des articles, réaliser des synthèses, etc.)", explique Jean-Marie Barbiche. "Mais nous encourageons à adopter un usage éthique et transparent. Par exemple, en rappelant qu’il faut expliquer comment et dans quel objectif ces technologies ont-elles été utilisées."

Les outils se transforment

En matière d’accès aux outils numériques, les habitudes sont multiples et chaque établissement adopte sa propre politique. "Il existe deux grandes tendances", constate Jean-Marie Barbiche.

  • D’une part, celle des établissements qui développent des outils en interne pour qu’ils soient sécurisés, à l’image de l’Université de Rennes avec RAGaRenn.
  • D’autre part, l’utilisation des services d’entreprises privées. En tant que professionnels, nous assurons une veille dans ces deux segments.

En s’invitant dans nos vies, l’IA transforme aussi notre façon d’interagir avec les outils de recherche. Comment ces habitudes impacteront-elles les services et les produits de recherche documentaire que les BU et les centres de documentation mettent à disposition ? "Nos publics continueront-ils à les utiliser, alors que les prompts leur permettent désormais d’obtenir de l’information ?", s’interroge Jérôme Poumeyrol. "Aujourd’hui, les éditeurs intègrent de plus en plus de l’IA, mais cela pose des problématiques de coûts et de nouvelles pratiques d’utilisation."

L’IA au service de l’open data

Si les structures documentaires et les bibliothèques de l’enseignement supérieur ne se positionnent pas comme des "contrôleurs" des fraudes, elles poursuivent leur rôle d’accompagnement en matière de droit d’auteur, de plagiat et sur les autres problématiques juridiques. "L’IA s’intègre dans un ensemble de questions réglementaires qui se posaient déjà, mais qui se trouvent renforcées en raison de l’IA", indique Jérôme Poumeyrol. "Les notions de citation des sources sont plus que jamais indispensables dans la bonne pratique de la démarche documentaire."

Pour Jean-Marie Barbiche, l’open data constitue une réponse aux dérives que l’IA entraîne dans l’édition scientifique. "L’une des parades contre les manquements à l’intégrité scientifique consiste à assurer autant que possible l’ouverture et le partage des données de la recherche pour aider la reproductibilité des expériences", indique-t-il. Un chantier dans lequel les BU sont et doivent être pleinement associées.

En janvier dernier, l’ADBU a d’ailleurs élaboré l’argumentaire "Ouvrir la science à l’heure de l’intelligence artificielle : pourquoi et comment ? Éléments de réflexion à destination de nos communautés de recherche". "L’accompagnement dans la gestion des données fait partie de nos missions", confirme Jérôme Poumeyrol. Selon Aline Bouchard, les bibliothèques seraient ainsi aptes à fournir des corpus d’entraînements plus vertueux. "En particulier dans les champs francophones en sciences humaines et sociales, encore trop peu représentés dans les grands modèles généralisés."

Enfin, la formation des agents des BU et des centres de documentation est centrale pour accompagner ces transformations. "Les technologies - et nos publics ! - vont transformer notre approche."

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