IA, illectronisme, smartphones : le vrai niveau numérique des Français
L’illectronisme touche 7 % des Français
En 2025, 7 % des Français âgés de 16 à 74 ans sont concernés par l’illectronisme : 5 % sont non-internautes et 2 % sont internautes mais sans aucune compétence numérique. Ce taux grimpe sensiblement avec l’âge : il atteint 17 % chez les 60-74 ans, contre seulement 1 % chez les 16-29 ans.
Le niveau de diplôme est un facteur encore plus discriminant. Parmi les titulaires d’un brevet ou moins, 19 % sont touchés par l’illectronisme (14 % de non-internautes, 5 % sans compétence). À l’inverse, ce taux tombe à moins de 1 % chez les diplômés de niveau bac+3 ou plus, quelle que soit la tranche d’âge. Les titulaires d’un CAP ou BEP se situent à 10 %, ceux d’un bac à 2 %, et ceux d’un bac+2 à 1 %.
L’illectronisme reste donc un phénomène concentré sur des profils bien identifiés : les seniors peu diplômés constituent le cœur de la population concernée. Chez les 60-74 ans titulaires d’un brevet ou moins, le taux atteint 35 %.
Numérique : des compétences souvent basiques
En 2025, 35 % des Français affichent un niveau avancé de compétences numériques, 31 % un niveau basique et 27 % un niveau faible. Même chez les 16-29 ans, seuls 51 % atteignent le niveau avancé, les 49 % restants se répartissant entre niveaux faibles et basiques. L’écart se creuse avec l’âge : chez les 60-74 ans, 16 % seulement atteignent ce niveau.
À nouveau, le diplôme joue un rôle structurant : 58 % des bac+3 ou plus sont au niveau avancé, contre 18 % des titulaires d’un brevet ou moins.
Les cinq domaines de compétences mesurés par l’INSEE révèlent des disparités marquées :
- Communication : 85 % des Français disposent de notions avancées.
- Recherche d’information : 71 %.
- Résolution de problèmes : 67 %.
En revanche, deux domaines accusent un retard marqué :
- Protection et confidentialité de la vie privée : maîtrisées à un niveau avancé par seulement 53 % des répondants.
- Usage des logiciels : 56 %.
Ces deux compétences concentrent aussi les taux les plus élevés d’absence totale de notion : 22 % pour la protection de la vie privée, 23 % pour les logiciels.
IA générative : les étudiants sont, de loin, les premiers utilisateurs
En 2025, 37 % des Français âgés de 16 à 74 ans déclarent avoir utilisé l’intelligence artificielle générative au cours des trois derniers mois. L’écart entre générations est considérable : 73 % des 16-29 ans y ont recours, contre seulement 9 % des 60-74 ans. Mais c’est le statut d’activité qui creuse les écarts les plus nets. Les étudiants se distinguent nettement avec un taux d’utilisation de 85 %, loin devant les actifs en emploi (40 %) et les chômeurs (43 %). Chez cette catégorie de population, l’apprentissage est d’ailleurs, de loin, le premier motif d’utilisation (87 %), largement devant l’usage personnel (63 %).
Pour le reste de la population, l’usage personnel domine largement, avec 74 % des utilisateurs qui le citent comme motif. Même chez les actifs en emploi, l’usage professionnel (61 %) reste inférieur à l’usage personnel (75 %).
Numérique : comment les Français sont-ils équipés ?
En 2025, 79,4 % des Français de 15 ans ou plus disposent d’un ordinateur, 84,2 % d’un smartphone et 40,5 % d’une tablette. La liseuse reste un équipement marginal, détenu par 9 % de la population, tandis que 7,2 % des personnes ne possèdent aucun de ces appareils.
Le niveau de vie structure fortement le niveau d’équipement, mais de façon inégale selon les appareils. L’écart sur l’ordinateur est particulièrement marquant : 20 points séparent le premier quartile (69,9 %) du quatrième (90,3 %). Sur le smartphone, l’écart est plus resserré (12 points), ce qui suggère que le téléphone s’est imposé comme un équipement quasi universel, y compris dans les ménages modestes. La liseuse, en revanche, reste un objet très corrélé au niveau de vie : 15,6 % au quatrième quartile, contre 6,1 % au premier.
L’âge pèse davantage sur l’équipement que le niveau de vie pour certains appareils. Le smartphone est quasi universel jusqu’à 74 ans (75,6 % chez les 60-74 ans), puis chute à 48,5 % chez les 75 ans ou plus. C’est aussi chez cette tranche d’âge que le taux de non-équipement total atteint son niveau le plus élevé : 34,6 %, soit cinq fois la moyenne nationale.
La densité géographique est, des trois variables analysées, celle qui influe le moins sur l’équipement numérique. L’écart entre rural non périurbain et urbain dense ne dépasse pas 3 points sur l’ordinateur et 11 points sur le smartphone. Le taux de non-équipement total reste contenu, entre 5,6 % et 10,2 % selon les zones.
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