L'IA prend le contrôle : Anthropic lance un agent qui clique, tape et navigue à votre place
L'agent de contrôle d'ordinateur, entièrement autonome, peut être dirigé à distance depuis un téléphone. Anthropic a dévoilé le 23 mars le mode Dispatch de Claude, couplé au computer use. Après avoir permis l’utilisation à distance de Copilot Cowork via son application mobile, Claude peut désormais prendre le contrôle complet de votre ordinateur.
Comment fonctionne le mode Dispatch ?
Pour utiliser Dispatch, il faut d'abord relier son compte Claude entre ses deux appareils. La marche à suivre est simple :
- Ouvrir l'application Claude desktop sur son ordinateur.
- Se connecter avec le même compte sur l'application mobile Claude.
Une fois les deux sessions liées, le téléphone devient une télécommande capable d'assigner des tâches à l'ordinateur, même à distance. Concrètement, l'utilisateur envoie une instruction depuis son téléphone, et Claude l'exécute sur le desktop. L'agent privilégie d'abord les connecteurs directs vers des services comme Slack ou Google Calendar. Quand aucune intégration n'est disponible, il bascule sur le contrôle direct de l'écran : souris, clavier, navigateur. Il peut ouvrir des fichiers, naviguer sur le web, lancer des outils de développement, le tout de manière autonome. Claude demande toutefois une autorisation explicite avant d'accéder à une nouvelle application.
Côté disponibilité, Dispatch est accessible sur iOS et Android via l'application mobile Claude. Sur PC (Windows), l'agent se limite à Claude Cowork sans computer use : il peut interagir avec Chrome, mais ne prend pas le contrôle complet de la machine. Le véritable computer use (contrôle complet de l’ordinateur) reste pour l'instant une exclusivité macOS. Dans tous les cas, il faudra disposer d’un compte Claude Max (100 à 200 dollars par mois) ou Pro (20 dollars par mois).
Des tâches simples et des limites
Pour l'instant, Dispatch et computer use se prêtent surtout à des tâches du quotidien très simples. On peut par exemple lui demander de :
- Joindre un PDF à une invitation Google Calendar.
- Trier un dossier de photos par date ou par thème en les renommant dans des sous-dossiers.
- Générer une présentation PowerPoint à partir d'un document texte.
- Remplir un tableur à partir de données éparpillées dans plusieurs fichiers.
Des gardes fous, quelques limites
Anthropic présente cette fonctionnalité comme une research preview, et pour cause : le computer use reste plus lent qu'une intégration directe, et les tâches complexes peuvent nécessiter plusieurs tentatives. L'ordinateur doit par ailleurs rester allumé avec l'application desktop active pour que Dispatch puisse fonctionner.
Côté sécurité, Anthropic a mis en place plusieurs garde-fous. Le système scanne automatiquement les activations du modèle (les signaux internes du réseau de neurones) pour détecter les tentatives d'injection de prompt, et l'utilisateur peut interrompre Claude à tout moment. Par ailleurs, certaines applications sont bloquées par défaut pour limiter les risques, précise Anthropic sans indiquer lesquelles. L'entreprise recommande néanmoins de ne pas laisser l'agent manipuler de données sensibles et de commencer par des applications de confiance.
Depuis le début de l'année, Anthropic enchaîne les lancements à un rythme quasi quotidien : contexte à 1 million de tokens, visualisations interactives, code review dans Claude Code, Dispatch, et maintenant le computer use. La philosophie est toujours la même : sortir tôt, même imparfait, et itérer. Une approche qui permet à l'entreprise de se rapprocher, release après release, de la promesse d'un assistant personnel réellement autonome. La promesse, en somme, d’un OpenClaw fiable et sécurisé.
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