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L'enthousiasme persistant des PDG pour l'IA
Les dirigeants d'entreprises américaines, bien qu'ayant reconnu un engouement peut-être excessif pour l'intelligence artificielle l'année dernière, continuent de croire en son potentiel révolutionnaire. Selon eux, l'impact réel de l'IA et sa capacité à transformer les industries pourraient être largement sous-estimés sur une période de cinq à dix ans.
Une enquête menée par KPMG auprès de 100 PDG de grandes entreprises américaines, réalisée de fin janvier à mi-février, révèle que, malgré les inquiétudes sur une possible surestimation de l'IA générative, les dirigeants restent confiants quant à son potentiel disruptif. Tim Walsh, président et PDG de KPMG aux États-Unis, a souligné que le déploiement de l'IA s'accélère, les entreprises passant de la phase pilote à l'implémentation réelle dans un contexte qu'il qualifie de "disruptif".
Investissements soutenus dans l'IA
Bien que certains dirigeants craignent une bulle d'investissement, l'IA demeure une priorité budgétaire pour la majorité. Près de 80 % des PDG interrogés ont indiqué qu'ils alloueraient au moins 5 % de leur budget d'investissement à l'IA cette année. Cependant, un PDG sur quatre pense qu'il existe une bulle d'investissement dans ce domaine.
En parallèle, environ deux tiers des dirigeants augmentent leurs dépenses en cybersécurité, une réponse directe aux risques accrus associés à l'IA. De plus, six PDG sur dix se concentrent sur le développement des compétences des travailleurs grâce à l'IA, tandis que la moitié des dirigeants utilisent ces technologies pour stimuler l'innovation et intégrer l'IA dans les opérations quotidiennes. Malgré cela, environ un PDG sur cinq prévoit de réduire les effectifs au cours de l'année prochaine.
Les défis du recrutement
L'IA, selon Tim Walsh, permet aux employés d'être plus efficaces, mais cela ne signifie pas nécessairement une réduction du personnel. Une équipe initialement composée de 20 personnes pourrait être réduite à 17 grâce à l'IA, mais nécessiterait également l'ajout de cinq experts techniques pour gérer les aspects liés à l'IA, portant ainsi l'équipe à un effectif total supérieur.
Cependant, 61 % des PDG craignent de ne pas pouvoir recruter suffisamment de travailleurs qualifiés dans le domaine technologique. En outre, un tiers des dirigeants s'inquiètent de l'impact de l'IA sur le développement du leadership, notamment en réduisant les opportunités d'apprentissage par l'expérience pour les nouveaux employés. D'autres soulignent une dépendance excessive à l'IA dans la prise de décision et, dans une moindre mesure, une exposition réduite à l'ambiguïté et à l'apprentissage par essais et erreurs.
Cybersécurité : une préoccupation majeure
La sécurité des données et la confidentialité sont des préoccupations majeures pour les dirigeants, avec neuf PDG sur dix exprimant des craintes face aux menaces posées par l'IA, telles que les attaques de logiciels malveillants et le phishing assisté par IA. Huit PDG sur dix ont également cité des menaces internes provenant d'agents d'IA.
Environ six PDG sur dix s'inquiètent également des attaques potentielles de l'informatique quantique contre le chiffrement. Walsh a noté que les risques cybernétiques s'accélèrent, et que l'IA pourrait jouer un rôle central dans ces menaces. Pour pallier ces risques, plus des deux tiers des PDG cherchent à attirer des talents en cybersécurité, tandis que six sur dix investissent dans la formation de leurs employés actuels.
Six PDG sur dix ont déclaré que la rapidité de l'innovation en matière d'IA et la gestion des risques sont les facteurs les plus susceptibles d'affecter la prospérité de leurs entreprises au cours des trois prochaines années.
Perspectives économiques mitigées
Les PDG affichent une confiance notable dans la croissance de leur secteur et de leur entreprise, avec respectivement 86 % et 83 % d'optimisme. Cependant, cette confiance s'effrite lorsqu'il s'agit de l'économie globale, avec seulement 55 % des dirigeants optimistes quant à la croissance américaine et 53 % pour la croissance mondiale.
L'enquête de KPMG a été réalisée avant l'escalade des tensions avec l'Iran et la hausse des prix du pétrole, bien que ces facteurs aient déjà commencé à susciter des inquiétudes. Plus de la moitié des PDG considèrent l'incertitude politique comme une source de préoccupation.


