NemoClaw : NVIDIA veut sécuriser OpenClaw, la plateforme d’agents IA qui a conquis la tech
NVIDIA dévoile NemoClaw, un ensemble d’outils open source conçu pour ajouter des garde-fous de sécurité et de confidentialité à OpenClaw, la plateforme d’agents IA personnels qui a connu une adoption virale début 2026.
OpenClaw, c'est quoi ?
OpenClaw est un projet open source créé par le développeur autrichien Peter Steinberger. Il permet de déployer un assistant IA autonome sur sa propre machine, pilotable depuis WhatsApp, Telegram, Discord ou Slack. L’agent fonctionne en continu, dispose d’une mémoire persistante et peut s’enrichir via des compétences extensibles. Le projet récolte des centaines de milliers d’étoiles sur GitHub. Son créateur a depuis rejoint OpenAI.
Des garde-fous pour sécuriser les agents IA autonomes
Le succès d’OpenClaw s’est accompagné de préoccupations majeures en matière de sécurité. Des chercheurs et chercheuses ont documenté des vulnérabilités liées aux injections de prompt, ces messages malveillants capables de détourner le comportement d’un agent. Plusieurs incidents concrets ont été signalés :
- Messages WhatsApp stockés en clair sur le disque dur
- Agents supprimant des emails en ignorant les ordres d’arrêt
- Accès non contrôlé à des données personnelles
Ces failles limitent l’adoption du projet en environnement professionnel.
NemoClaw, développé en collaboration avec Peter Steinberger, entend combler cette lacune. L’outil s’installe en une seule commande et repose sur trois composants principaux :
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NVIDIA OpenShell : un environnement d’exécution isolé (sandbox) qui impose des garde-fous basés sur des politiques de sécurité, de réseau et de confidentialité. L’agent dispose des accès nécessaires pour être productif, mais dans un périmètre strictement défini.
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Les modèles Nemotron : des modèles ouverts qui tournent en local sur la machine de l’utilisateur ou de l’utilisatrice, limitant l’exposition des données à des serveurs tiers.
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Un routeur de confidentialité : un système qui connecte les agents à des modèles hébergés dans le cloud de manière sécurisée, combinant puissance de calcul locale et distante.
NemoClaw est compatible avec un large éventail de machines, des PC équipés de GPU GeForce RTX aux supercalculateurs DGX Station et DGX Spark. La plateforme n’est pas limitée au matériel Nvidia et est actuellement disponible en version alpha.
Attendez-vous à des imperfections. Nous travaillons à une orchestration sandbox prête pour la production, mais le point de départ est la mise en place et le fonctionnement de votre propre environnement, explique l’entreprise.
« Chaque entreprise a besoin d’une stratégie OpenClaw »
Jensen Huang, PDG de NVIDIA, compare OpenClaw aux grandes briques open source qui ont structuré l’industrie : Linux, HTML, Kubernetes. « Chaque entreprise a besoin d’une stratégie OpenClaw, une stratégie de systèmes agentiques », a-t-il déclaré lors de la keynote de la GTC 2026. Le message s’adresse directement aux décideurs. À mesure que les agents IA autonomes se diffusent dans les équipes, les questions du cadre de déploiement, de sécurité et de gouvernance deviennent incontournables.
OpenClaw nous a apporté, a apporté à l’industrie, exactement ce dont elle avait besoin au moment précis. Tout comme Linux a apporté à l’industrie exactement ce dont elle avait besoin au moment précis, tout comme Kubernetes est apparu au moment opportun, tout comme HTML. Cela a permis à l’ensemble du secteur de s’approprier cette pile open source et de la mettre en œuvre, a ajouté Jensen Huang.
L’annonce de NVIDIA s’inscrit dans une course plus large aux plateformes d’agents IA professionnels. OpenAI a lancé AgentKit, fin 2025, pour simplifier la création d’agents autonomes, puis, plus récemment, Frontier, dédiée aux entreprises. Microsoft a dévoilé Agent 365, une plateforme de gouvernance dédiée. Google a présenté Workspace Studio pour intégrer des agents dans ses outils bureautiques.
Avec NemoClaw, NVIDIA adopte une approche différente. Plutôt que de construire une plateforme d’agents de zéro, l’entreprise s’appuie sur un projet communautaire existant et y greffe l’infrastructure de sécurité qui lui manquait. Une manière de se positionner non seulement comme fournisseur de puces, mais aussi comme architecte logiciel de l’agentique.
