Brief IA : OpenAI ferme Sora : coûts exorbitants et batailles juridiques

OpenAI ferme Sora : coûts exorbitants et batailles juridiques

Brief IA
Tom Levy·4 min·3 vues

OpenAI a annoncé la fermeture de Sora, son réseau social alimenté par l'IA, le 24 mars 2026, moins d'un an après son lancement. Bien qu'il ait atteint près d'un million de téléchargements, Sora n'a pas réussi à maintenir l'engouement initial et soulève des questions sur la viabilité des réseaux sociaux basés sur l'IA dans un marché saturé.

En bref
1OpenAI a annoncé la fermeture de Sora le 24 mars 2026, un an après son lancement.
2Sora coûtait près d'un million de dollars par jour, générant des pertes massives.
3Des problèmes juridiques ont émergé, notamment avec des plaintes de CODA et d'Hollywood.
💡Pourquoi c'est importantLa fermeture de Sora illustre les défis financiers et légaux des plateformes IA face à une concurrence féroce.
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OpenAI met fin à Sora : une fermeture inattendue

Moins d'un an après son lancement, Sora, le réseau social d'OpenAI entièrement alimenté par l'intelligence artificielle, est sur le point de disparaître. OpenAI a annoncé la fermeture de cette plateforme le 24 mars 2026. Malgré un départ prometteur, avec près d'un million de téléchargements et une place parmi les applications les plus populaires de l'App Store, Sora n'a pas réussi à maintenir son élan initial.

Sora : une plateforme ambitieuse mais limitée

Lancée avec la nouvelle génération de son modèle vidéo, Sora 2, la plateforme proposait bien plus qu'un simple outil de création. Elle offrait une expérience sociale complète, permettant aux utilisateurs de générer des vidéos, de les publier, de les partager et d'explorer celles des autres, à l'image des réseaux sociaux traditionnels. Cependant, l'accès à Sora était restreint aux États-Unis, obligeant les utilisateurs internationaux à utiliser un VPN pour y accéder.

L'interface de Sora rappelait celle de TikTok ou Instagram, avec une grille de vidéos qui s'enchaînaient sans interruption. Bien que les vidéos soient réalistes, elles n'étaient jamais totalement crédibles, souvent trop rapides, trop colorées ou incohérentes, créant une expérience parfois dérangeante sur grand écran. Ce phénomène est connu sous le nom de "vallée de l'étrange", théorisé par Masahiro Mori, où le malaise surgit lorsque quelque chose ressemble à un humain sans réussir à tromper complètement.

La menace de la désinformation

Les vidéos produites par Sora rivalisaient avec celles de Gemini et son modèle Veo 3. Malgré les imperfections typiques de l'IA, comme les incohérences visuelles, les mouvements trop rapides ou les artefacts sonores, les vidéos restaient réalistes. Pour un public non averti, ces défauts passaient souvent inaperçus, rendant les vidéos potentiellement trompeuses. OpenAI avait intégré un filigrane pour signaler que les vidéos étaient générées par IA, une mesure essentielle pour limiter les abus. Cependant, des internautes ont rapidement trouvé des moyens de supprimer ce filigrane, rendant presque impossible la distinction entre une vidéo réelle et une création artificielle, augmentant ainsi le potentiel de manipulation, notamment sur les réseaux sociaux où ces contenus étaient massivement partagés.

Les raisons économiques derrière la fermeture

Outre les problèmes de désinformation, le coût de fonctionnement de Sora était astronomique. Produire des vidéos générées par IA demande une puissance de calcul colossale. Selon TechCrunch, Sora coûtait près d'un million de dollars par jour à faire fonctionner, un rythme difficile à soutenir. En comparaison, les revenus générés par l'application étaient dérisoires, ne rapportant qu'environ 367 000 dollars par mois. Pire encore, selon plusieurs experts, la plateforme aurait généré jusqu'à 15 millions de dollars de pertes par jour.

Contrairement à ChatGPT, qui a trouvé une adoption massive dans des contextes professionnels, Sora restait un produit de divertissement, moins rentable. Face à ces pertes financières colossales, OpenAI a dû prendre la décision difficile de fermer Sora.

Les batailles juridiques et la concurrence accrue

En plus des défis économiques, Sora s'est retrouvée au cœur de nombreuses batailles juridiques. En permettant de générer facilement des vidéos inspirées d'œuvres existantes, Sora a attiré l'attention des ayants droit. Des entreprises et organisations du monde entier ont dénoncé l'utilisation non autorisée de personnages ou d'univers protégés. OpenAI avait tenté d'anticiper ces tensions en signant un accord avec Disney, autorisant l'usage de certaines licences. Cependant, cet accord était le seul. D'autres acteurs majeurs, notamment au Japon, ont refusé de suivre. L'organisation CODA, qui représente des géants comme Studio Ghibli ou Bandai Namco, a multiplié les plaintes. Des accusations similaires ont émergé à Hollywood, plongeant Sora dans un véritable champ de bataille juridique.

Parallèlement, la concurrence n'a rien arrangé. Google a rapidement repris l'avantage avec ses propres outils de génération de contenu. Côté vidéo, l'écart s'est creusé. Les modèles de Google, comme Veo 3, offrent des séquences plus longues, plus structurées et mieux contrôlées. Là où Sora se concentrait sur des clips courts et très stylisés, l'entreprise propose des vidéos capables de raconter de véritables histoires, avec une cohérence narrative plus solide.

En 2025, selon The Verge, le prix de génération de Veo 3 a été presque divisé par deux, passant de 0,75 à 0,40 dollar par seconde. Une baisse significative qui a permis de rendre la vidéo IA beaucoup plus accessible et surtout exploitable à grande échelle. S'ajoutent les avancées de Gemini et les nouveaux modèles comme Nano Banana 2. Ces solutions de Google, jugées plus fiables et plus faciles à maîtriser, ont contribué à détourner l'attention.

Dès janvier, les téléchargements de Sora ont chuté de 45 %. En quelques semaines, la plateforme d'OpenAI est passée d'un million d'utilisateurs à moins de 500 000. Une baisse brutale qui a immédiatement pesé sur les finances. Face à cette accumulation de difficultés, OpenAI a choisi de changer de stratégie et de se concentrer sur des outils plus utiles au quotidien, notamment pour les entreprises et les développeurs.

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