Mozilla accuse Microsoft de tuer Firefox à petit feu avec Windows et Copilot
Mozilla accuse Microsoft de tuer Firefox à petit feu avec Windows et Copilot
Edge contourne le navigateur par défaut, Copilot intercepte les liens, Teams et Outlook ignorent vos préférences. Et Firefox, tombé sous 3 % de part de marché mondiale, voit son modèle économique s'effondrer avec chaque clic détourné.
Mozilla a publié le 9 avril un billet de blog accusant Microsoft de saboter Firefox par le biais de Windows. Le grief n'est pas nouveau. Mais cette fois, Mozilla élargit le front : ce n'est plus seulement Edge qui pose problème, c'est l'ensemble de l'écosystème Microsoft, Copilot compris.
Edge, Copilot, Outlook : le navigateur par défaut ignoré à chaque couche
Dans son blog, Mozilla établit un constat technique précis. Changer son navigateur par défaut sous Windows exige plusieurs manipulations. Même après cette configuration, certains composants du système ouvrent les liens dans Edge. La recherche depuis la barre des tâches redirige vers Edge, quel que soit le choix de l'utilisateur. Outlook et Teams font de même.
Copilot aggrave la situation. Depuis mars 2026, l'assistant IA de Microsoft ouvre les liens dans un panneau latéral intégré, construit sur le moteur Edge. Aucune option de désactivation n'a été documentée par Microsoft. Le Browser Choice Alliance, un collectif de navigateurs alternatifs, a déjà dénoncé cette pratique comme contraire au DMA européen. Mozilla ajoute que ses propres fonctionnalités d'IA dans Firefox fonctionnent sur un modèle inverse : chaque outil est optionnel, désactivable depuis un panneau centralisé.
Firefox sous les 3 % de parts de marché : une question de survie économique
Le problème dépasse la philosophie du logiciel libre. Firefox détient environ 2,2 % de part de marché mondiale selon StatCounter, toutes plateformes confondues. Sur desktop, le chiffre remonte autour de 4 à 6 % selon les sources (et même environ 12 % en France, d'après Statcounter). Edge dépasse désormais les 9 %. Chrome écrase tout le monde à plus de 70 %.
Mozilla ne vend ni système d'exploitation, ni cloud, ni suite bureautique. L'essentiel de ses revenus provient d'accords avec des moteurs de recherche, Google en tête, indexés sur le volume de requêtes effectuées depuis Firefox. Chaque lien intercepté par Edge ou Copilot réduit ce volume. Chaque point de part de marché perdu affaiblit la position de négociation de Mozilla lors du renouvellement de ces contrats.
La plainte de Mozilla n'est donc pas seulement un plaidoyer pour le choix de l'utilisateur. C'est un signal d'alarme sur la viabilité financière du dernier navigateur majeur indépendant de l'écosystème Chromium. Chrome, Edge, Opera, Brave : tous reposent sur le même moteur. Firefox et son moteur Gecko restent la seule alternative technique à grande échelle, Safari se cantonnant à son pré carré macOS.
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