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OpenAI abandonne Sora : que prépare vraiment l’entreprise pour la vidéo générative ?

🎨 Creative AIvia Presse-citron·Camille Coirault·

OpenAI abandonne Sora : que prépare vraiment l’entreprise pour la vidéo générative ?

OpenAI abandonne Sora : que prépare vraiment l’entreprise pour la vidéo générative ?
En bref
1OpenAI ferme Sora, son application de génération de vidéos, après un an d'existence.
2Sora a coûté des millions à OpenAI sans générer de revenus significatifs.
3Cette décision marque une réévaluation stratégique des priorités d'OpenAI dans le domaine de la vidéo générative.
💡Pourquoi c'est importantcette fermeture pourrait indiquer un recentrage d'OpenAI sur des projets plus rentables et prometteurs dans l'IA.
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Article traduit en français

OpenAI abandonne Sora : que prépare vraiment l’entreprise pour la vidéo générative ?

Lorsqu’OpenAI présenta Sora en février 2024, l’annonce fit l’effet d’une bombe : jamais nous n’aurions cru qu’il était possible de générer des vidéos d’une qualité quasi cinématographique à partir d’un simple prompt. Il fut l’un des premiers modèles de génération vidéo accessibles au public, forçant les concurrents à accélérer pour rattraper la firme d’Altman. En septembre 2025, Sora 2 arriva sous la forme d’une application autonome, encore plus puissante : débarrassée des défauts de la première itération, les vidéos générées étaient accompagnées d’une bande son très convaincante et leur rendu visuel était encore plus réaliste. Pour de nombreux observateurs, OpenAI tenait le produit presque parfait et avait même signé un partenariat avec Disney à l’automne 2025 pour permettre l’usage de personnages sous licence dans les vidéos générées.

Mais hier, l’entreprise a décidé de tirer le rideau, sans vraie explication publique, avec un simple message posté sur X. « Nous faisons nos adieux à l’application Sora. À tous ceux qui ont créé avec Sora, qui l’ont partagé et qui ont bâti une communauté autour d’elle : merci… Nous vous en dirons plus bientôt, notamment sur le calendrier d’arrêt de l’application et de l’API, ainsi que sur les modalités pour préserver vos travaux ». Pourquoi un clap de fin si soudain, que personne n’avait vu venir ?

Une hémorragie financière impossible à justifier

Selon Forbes, OpenAI dépensait jusqu’à 15 millions de dollars par jour pour faire tourner le modèle vidéo, soit potentiellement plus de cinq milliards annuels. En face, l’application n’aurait généré que 1,4 million de dollars de revenus depuis son lancement, avec un pic mensuel à 540 000 dollars.

Bill Peebles, responsable de Sora chez OpenAI, le reconnaissait lui-même dès octobre 2025 : le modèle économique du produit était « totalement insoutenable ». La puissance de calcul mobilisée pour chaque vidéo générée était telle qu’elle mettait sous tension les ressources disponibles pour d’autres équipes d’OpenAI.

Des clips sans véritable valeur ajoutée pour l’entreprise qui ne justifiaient en rien de débourser de telles sommes. L’engouement pour l’application s’était, de plus, essoufflé : depuis le début 2026, les téléchargements reculaient mois après mois, avec un plongeon de 32 % en décembre 2025 ; en pleine période des fêtes, le moment où les applications font habituellement leurs meilleurs chiffres. OpenAI a réalisé qu’offrir un studio de cinéma gratuit au monde entier s’apparentait à un suicide financier et a décidé de clore ce qui était peut-être l’un des chapitres les plus irresponsables de son histoire.

Le grand ménage avant l’entrée en bourse ?

En fermant Sora, OpenAI cherche avant tout à repositionner son portefeuille de produits. Certains avaient spéculé sur une intégration du modèle dans ChatGPT, une manière de sauver le socle technologique de Sora en le fondant dans le produit phare de la firme. Sam Altman a tranché : c’est non. L’application est morte, l’accès aux développeurs aussi, et aucune résurrection n’est à attendre.

L’entreprise ne souhaite plus travailler sur la vidéo générative et toutes les équipes qui travaillaient sur Sora ont été redirigées au chevet de sa division robotique. Ce, dans l’objectif de concentrer ses ressources sur d’autres axes de recherche prioritaires, au premier rang desquels figure toujours la construction d’une intelligence artificielle générale (AGI), le fantasme ultime d’Altman.

OpenAI veut copier Anthropic, et semble l’assumer parfaitement. Son concurrent a bâti un empire avec son chatbot Claude, qui a généré 19 milliards de dollars annualisés début 2026, sans jamais avoir proposé à ses clients un outil pour créer des images ou des vidéos. Anthropic a misé depuis le début sur une seule chose : être irremplaçable pour les développeurs et les entreprises. Claude Code, son outil d’assistance à la programmation, est devenu l’une des références du marché sur ce segment. C’est précisément là qu’OpenAI veut désormais concentrer ses efforts.

Cela se traduira par une restructuration en profondeur de l’ensemble de ses produits : ChatGPT, Codex (son outil d’assistance à la programmation) et ChatGPT Atlas, son navigateur dopé à l’IA, fusionneraient éventuellement en une seule application.

En prenant en considération qu’une possible introduction en bourse se profile d’ici la fin de l’année, OpenAI sait à la perfection ce que cela implique : ouvrir ses comptes au regard des investisseurs. À cet égard, leur présenter une kyrielle de produits déficitaires n’est pas franchement une bonne stratégie, et Sora était la branche trop lourde qu’il fallait élaguer avant de montrer patte blanche.

OpenAI abandonne son application de génération vidéo Sora après des pertes financières massives, dépensant jusqu’à 15 millions de dollars par jour pour un faible revenu. La fermeture de Sora vise à repositionner l’entreprise en concentrant ses ressources sur d’autres projets, notamment dans la robotique et l’intelligence artificielle générale. Cette décision intervient alors qu’OpenAI prépare une possible introduction en bourse, cherchant à réduire les produits déficitaires dans son portefeuille.

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