Sam Altman fragilisé par une enquête explosive du New Yorker au pire moment pour OpenAI

Sam Altman fragilisé par une enquête explosive du New Yorker au pire moment pour OpenAI
Il y a au programme, plusieurs mois de terrain, une centaine de sources et des mémos que personne n'avait encore lus.
Ronan Farrow et Andrew Marantz signent dans le New Yorker ce qui ressemble à la dissection la plus documentée jamais réalisée sur le patron d’OpenAI. À 852 milliards de valorisation, l’entreprise court après une introduction en Bourse que sa propre directrice financière juge compromise pour cette année. La croissance marque le pas puis l’enquête arrive.
Un portrait qui n’est pas très réjouissant pour Altman
Sam Altman a 20 ans et il se retrouve dans les couloirs de Y Combinator aux côtés d’Aaron Swartz, cofondateur de Reddit. Ce dernier note rapidement quelque chose d’inquiétant chez son camarade et en avertit ses proches. Le New Yorker a retrouvé ces mises en garde. Swartz qualifiait Altman de « sociopathe », incapable selon lui d’être « digne de confiance ». Il disparaît en 2013, mais les journalistes ont retrouvé des témoins qui partagent ce diagnostic vingt ans plus tard.
Son départ de Y Combinator, qu’il finira par diriger pendant cinq ans, annonce déjà la mécanique qui se rejouera chez OpenAI. Officiellement, un conflit d’agenda, mais dans les coulisses, plusieurs sources évoquent une éviction maquillée en départ volontaire.
Novembre 2023, l’éviction, le retour puis la purge
Le 17 novembre 2023, le conseil d’administration d’OpenAI licencie Altman. Apparemment, il n’avait pas été « constamment sincère » dans ses échanges avec ses administrateurs. Ilya Sutskever, alors directeur scientifique, avait compilé une soixantaine de pages de mémos qui documentaient ce que le board qualifiait de schéma répété de dissimulation. Dario Amodei, futur fondateur d’Anthropic, avait de son côté noirci deux cents pages d’observations similaires auxquelles les journalistes ont eu accès.
Cinq jours plus tard, Altman récupérait son poste. Il avait activé un réseau de plusieurs soutiens en interne et mobilisé des investisseurs. Le conseil d’administration qui l’avait écarté fut remplacé quasi intégralement par des alliés. Parmi eux, l’économiste Larry Summers ainsi que l’ancien directeur technique de Facebook, Bret Taylor. Les salariés d’OpenAI baptisèrent cet épisode « the Blip », à savoir une parenthèse.
Une entreprise transformée de l’intérieur
Depuis ce retour, la trajectoire d’OpenAI n’a plus grand-chose à voir avec ses statuts fondateurs. La structure à but non lucratif originelle a laissé place à un modèle pleinement commercial. Les équipes dédiées à la sécurité ont été réduites. La charte fondatrice, selon plusieurs sources citées dans l’enquête, ne pèse plus grand-chose dans les arbitrages quotidiens.
La liste des virages controversés s’allonge :
- Abandon du générateur vidéo Sora.
- Intégration publicitaire dans les produits.
- Contrats signés avec l’armée américaine.
Chez Microsoft, partenaire historique d’OpenAI, des cadres décrivent un dirigeant qui « déforme, renégocie et revient sur les accords ».
OpenAI a rejeté les conclusions des deux enquêtes tout en dénonçant des « témoignages anonymes » portés par des « agendas clairs ». Ce qui est certain, l’investigation interne censée éclairer l’éviction de 2023 n’a jamais produit le moindre rapport écrit.
Le board a disparu. Les garde-fous ont été retirés un à un. Les investisseurs trancheront lors de l’IPO ce qu’anciens collaborateurs et administrateurs n’ont pas pu régler en novembre 2023.
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