L’UE bannit les images générées par IA de ses communications officielles

L’UE bannit les images générées par IA de ses communications officielles
Intelligence artificielle
La Commission européenne, le Parlement et le Conseil de l'UE ont formellement interdit à leurs équipes de communication d'utiliser des visuels entièrement générés par IA.
Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, précise à Politico que les vidéos et les photos à disposition des journalistes ou à des fins d’informations officielles ne sont pas générées par IA. L’objectif est de renouer la confiance alors que l’intelligence artificielle ne cesse d’envahir le web.
Ce qui est interdit et ce qui reste permis
La décision ne porte pas sur tous les usages de l’IA. Les trois institutions (Commission, Parlement et Conseil) mettent d’un côté les outils d’assistance rédactionnelle (résumés, traductions, synthèses) qui restent autorisés avec un contrôle humain. De l’autre, il y a les contenus visuels entièrement générés (photos, illustrations, vidéos) qui sont désormais exclus des communications officielles publiées au nom de l’UE.
Une exception est maintenant explicitement tolérée, car les visuels IA peuvent être utilisés à condition d’être clairement labellisés comme tels. Par contre, Bruxelles interdit l’usage non déclaré, le visuel IA qui se fait passer pour une photo authentique sans que le lecteur le sache. N’oublions pas que 9 Français sur 10 ont du mal à détecter un fake.
Un règlement concernant l’utilisation de l’IA
L’UE est en train de finaliser les textes d’application de l’AI Act (le règlement sur l’IA adopté en 2024) qui impose notamment des obligations de transparence sur les contenus. Appliquer à ses propres services les standards qu’elle impose aux entreprises privées revient à « pratiquer ce qu’on prêche », comme l’ont formulé plusieurs responsables de communication des institutions.
La décision intervient dans un contexte de défiance croissante envers les institutions qui a été accélérée par la multiplication des deepfakes politiques. Donald Trump a partagé des images générées par IA le représentant en pape, sans aucune mention de leur nature artificielle.
Une ligne qui dérange aussi en interne
La décision ne fait pas l’unanimité. Des experts en communication institutionnelle estiment que l’interdiction est trop rigide dans un environnement où les outils IA sont devenus incontournables pour produire rapidement des visuels accessibles, traduits en 24 langues officielles et adaptés à divers formats. La Commission produit des milliers de contenus par an, alors maintenir une production 100% authentique à ce volume sans recours à l’IA représente une vraie contrainte.
De plus, l’interdiction porte sur les visuels générés, mais pas sur les photos retouchées par IA, les fonds remplacés par des algorithmes, les couleurs corrigées par des outils automatiques. La ligne entre la photo authentique assistée par IA et le visuel IA est assez floue. Nous évoluons également dans une société où les outils intègrent de plus en plus l’intelligence artificielle.
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