Brief IA : IA et observabilité : sécuriser le cloud à l'ère numérique

IA et observabilité : sécuriser le cloud à l'ère numérique

Brief IA
Tom Levy·6 min·4 vues

L'observabilité est essentielle pour la sécurité cloud, avec 80 % des entreprises affirmant qu'elle améliore leur posture de sécurité. À l'ère de l'IA, la capacité d'analyser les données en temps réel est cruciale pour anticiper les menaces, permettant ainsi de protéger les données sensibles et de maintenir la confiance des clients.

En bref
1L'observabilité devient cruciale pour la sécurité cloud, en unifiant visibilité et analyse des risques.
2L'incident Cloudflare 2023 montre l'importance de croiser données opérationnelles et signaux de sécurité.
3L'IA accélère l'analyse des menaces en corrélant de vastes volumes de données d'observabilité.
💡Pourquoi c'est importantL'intégration de l'IA et de l'observabilité renforce la résilience des systèmes face aux menaces croissantes dans le cloud.
Le brief IA que lisent les pros

Tu suis la course aux modèles IA ?

Chaque sortie (GPT, Claude, Gemini, Mistral…) décryptée le soir même, en 5 min. Gratuit.

Inclus dès l'inscription : notre sélection des meilleurs guides & comparatifs IA.

Choisis ton rythme

Gratuit · Pas de spam · Désabonnement en 1 clic

📄
L'analyse en français

L'importance de l'observabilité dans la sécurité cloud

À l'ère de l'intelligence artificielle, l'observabilité s'impose comme un élément central de la sécurité cloud. Elle permet d'unifier la visibilité, la détection et l'analyse des risques, offrant ainsi une compréhension approfondie des incidents. Les équipes de sécurité s'appuient sur les données d'observabilité pour analyser les comportements des systèmes lors de pannes ou d'incidents de sécurité. Longtemps associée au monitoring des performances, cette visibilité est désormais essentielle pour les analyses de sécurité. Pour reconstituer le déroulé d'une attaque, il est crucial de comprendre comment les identités cloud, les services et les ressources interagissent. Les données d'observabilité, comprenant métriques, événements, logs et traces (MELT), fournissent ce niveau de contexte indispensable.

Avec l'essor des applications et services basés sur des modèles de langage (LLM) dans des environnements de plus en plus distribués, les coûts et les problèmes de visibilité liés à la fragmentation des outils et des infrastructures augmentent. Le Vibe Coding accroît significativement le nombre de vulnérabilités applicatives, tandis que de nouvelles attaques exploitant l'IA peuvent provoquer des comportements imprévisibles de certains systèmes. Cependant, l'IA peut également être un atout majeur pour les équipes de sécurité, en accélérant les investigations grâce à sa capacité à corréler de vastes volumes de signaux. Ainsi, les données d'observabilité deviennent une composante essentielle du dispositif de sécurité, à la croisée de la performance applicative et de la sécurité.

Exploitation des données d'observabilité pour la sécurité

Pour comprendre les incidents cloud, une visibilité unifiée et centralisée est indispensable. Cependant, les seuls signaux de sécurité peuvent souvent s'avérer insuffisants. Chaque incident génère une multitude de flux associés aux authentifications, aux applications et aux données d'infrastructure, interceptant chacun des éléments de contexte à différents moments dans le temps. Sans la possibilité de corréler les contextes de sécurité et d'observabilité, les équipes se retrouvent à reconstituer le puzzle après coup.

L'incident de Cloudflare fin 2023 illustre concrètement l'intérêt de croiser les données opérationnelles et les signaux de sécurité lors d'un incident. En exploitant des identifiants et un jeton d'accès compromis via un prestataire tiers, les attaquants ont réussi à pénétrer les systèmes internes, notamment l'environnement Atlassian auto-hébergé. Face à une série de signaux faibles, tels que des flux d'authentification inhabituels, des activités de reconnaissance et des tentatives d'accès à d'autres systèmes, aucun élément pris isolément ne permettait de comprendre l'attaque. C'est la corrélation des données d'observabilité qui a finalement permis aux équipes de reconstituer le fil des événements et d'établir une chronologie précise.

Cet exemple montre que les équipes peuvent s'appuyer sur leurs données existantes pour répondre aux questions clés d'une enquête de sécurité : qu'est-ce qui a changé dans le système ? Qui ou quoi est à l'origine de ce changement ? Quels autres éléments ont été impactés ? Quels endpoints ont été appelés ? Dans le cas des services intégrant de l'IA, une question supplémentaire s'impose : quel prompt ou quel appel d'outil a déclenché l'action ?

Ce besoin de contexte partagé pousse les organisations à rapprocher voire fusionner leurs équipes SRE et sécurité. En combinant une connaissance fine de l'architecture et une expertise en sécurité, elles rendent leurs systèmes plus résilients face aux défaillances. La sécurité cloud n'est alors plus perçue comme une couche à part, mais comme une extension naturelle de l'observabilité des environnements. Les signaux de sécurité sont ainsi plus fidèles au comportement réel des systèmes, donc plus pertinents et exploitables en cas d'incident.

L'IA et l'analyse des menaces

Lorsque l'analyse des menaces s'appuie sur les données d'observabilité existantes, les équipes peuvent réutiliser le même contexte que celui du monitoring des performances pour relier le comportement d'un système à un chemin d'attaque ou à une vulnérabilité exploitée. Ce socle de données permet également à l'IA de gagner en pertinence, en facilitant la génération de synthèses d'investigation et de recommandations de remédiation.

Nous constatons une valeur immédiate à lier les données d'observabilité aux signaux de sécurité grâce à l'analyse basée sur l'IA, notamment pour générer des cartographies d'événements claires et exploitables lors d'incidents. Cet apport est particulièrement visible lors des phases de triage et d'investigation, souvent longues et itératives, où les équipes doivent vérifier la pertinence et la priorité des différents signaux.

Par exemple, imaginons un signal SIEM indiquant l'ajout d'une politique AdministratorAccess à un compte de service, associé à une adresse IP source identifiée comme un proxy résidentiel suspect. Dans une investigation classique, l'analyse suivrait généralement plusieurs étapes : vérifier si l'adresse IP correspond à un administrateur légitime et si la session est cohérente avec ses habitudes de connexion ; reconstituer les événements survenus au même moment, comme les modifications de politiques, la création de clés d'accès, les échecs d'authentification ou les appels API inhabituels ; identifier les services et ressources impactés afin d'évaluer l'étendue des accès possibles ; et analyser les comportements réseau associés, notamment les localisations inhabituelles et les pics de trafic sortant.

Une analyse assistée par l'IA, s'appuyant sur les données d'observabilité, peut condenser ce processus complexe en une seule évaluation. Les équipes passent ainsi de plusieurs heures d'investigation à quelques minutes, et peuvent se concentrer sur les actions correctives, comme la désactivation d'identifiants compromis ou le renforcement des principes de moindre privilège.

Priorisation des risques grâce à l'observabilité

Les équipes doivent pouvoir s'appuyer sur les données d'observabilité à chaque étape du cycle de vie du développement logiciel (SDLC). Avec l'accélération de la production de code, portée par les workflows de développement assistés par l'IA, ces données deviennent essentielles pour prioriser efficacement les risques. Dans les faits, seule une fraction des vulnérabilités critiques mérite une attention immédiate. En reliant les résultats d'analyse du code aux comportements en production et aux services impactés, il devient possible d'identifier plus tôt les risques réellement significatifs. Lorsqu'elles exploitent ces données, les approches basées sur l'IA permettent en outre de réduire les faux positifs et d'éviter des efforts de remédiation inutiles.

L'intégration de ces données aux revues de code, via une analyse basée sur des LLM appliquée aux pull requests (PR), permet d'identifier les risques en amont de la mise en production. L'IA se révèle particulièrement utile pour analyser les PR volumineuses, où du code malveillant peut se dissimuler au milieu de modifications apparemment anodines.

Pour distinguer un code malveillant de modifications légitimes, les modèles ont besoin de contexte sur les attaques réelles et sur les pratiques de développement courantes. C'est pourquoi les jeux de données doivent être continuellement enrichis, à la fois avec des attaques observées ou simulées et avec des PR classiques, afin de réduire les faux positifs.

Vers une sécurité cloud résiliente

Les environnements cloud continueront de se transformer avec l'adoption de nouvelles technologies, tandis que l'intégration de l'IA ajoute un niveau de complexité supplémentaire. À chaque nouvelle couche, de nouveaux angles morts apparaissent et la surface d'attaque s'élargit. Dans ce contexte, pour interpréter, investiguer et corriger avec précision, les données d'observabilité doivent être considérées comme le socle de la sécurité cloud, en particulier dans les environnements reposant sur l'IA. En adoptant cette approche, les organisations peuvent mieux anticiper les menaces, renforcer la résilience de leurs systèmes et assurer une sécurité optimale.

Suivez Brief IA

L'actu IA du jour, aussi dans votre fil.

Commentaires