Brief IA : Les jeunes se détournent de l'IA : scepticisme croissant

Les jeunes se détournent de l'IA : scepticisme croissant

Brief IA
Tom Levy·4 min·6 vues

L'enthousiasme pour l'IA chez les 14-29 ans a chuté de 14 points en un an, atteignant seulement 22 % en 2026, tandis que la colère a augmenté de 9 points pour atteindre 31 %. Près de 48 % des jeunes actifs estiment que les risques de l'IA au travail l'emportent sur ses bénéfices, ce qui pourrait influencer les politiques de développement et de régulation de l'IA.

En bref
1Un sondage Gallup révèle une baisse de 14 points de l'enthousiasme pour l'IA chez les 14-29 ans en un an.
231 % des jeunes expriment désormais de la colère envers l'IA, une hausse de 9 points par rapport à l'année précédente.
348 % des jeunes actifs estiment que les risques de l'IA au travail surpassent ses avantages, contre 37 % l'an dernier.
💡Pourquoi c'est importantCe changement d'attitude pourrait influencer les stratégies d'intégration de l'IA dans l'éducation et le monde professionnel.
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L'analyse en français

Une désillusion croissante envers l'intelligence artificielle

Selon une enquête récente menée par l'institut Gallup, l'enthousiasme des jeunes âgés de 14 à 29 ans pour l'intelligence artificielle a considérablement diminué. En l'espace d'un an, cet enthousiasme a chuté de 14 points, tandis que les sentiments de colère ont augmenté de 9 points. En février et mars 2026, Gallup a interrogé cette génération, souvent perçue comme naturellement en phase avec les technologies numériques. Le sondage révèle que 31 % des répondants ressentent désormais de la colère envers l'IA, une augmentation notable par rapport aux 22 % enregistrés l'année précédente. De plus, seuls 22 % des jeunes se disent encore enthousiastes à l'égard de l'IA, contre 36 % en 2025.

Près de la moitié des jeunes actifs, soit 48 %, considèrent que les risques associés à l'utilisation de l'IA dans le milieu professionnel surpassent ses bénéfices, ce qui représente une hausse de 11 points par rapport à l'année précédente. En outre, une large majorité, 80 % des participants, estime que l'accélération du travail grâce à l'IA pourrait compliquer l'apprentissage à long terme.

Une utilisation qui persiste malgré les réticences

Malgré ces sentiments mitigés, l'utilisation de l'IA reste répandue parmi les jeunes. Plus de la moitié des sondés déclarent utiliser l'IA de manière hebdomadaire. Bien que la croissance de cette utilisation ait presque stagné, avec seulement quatre points d'augmentation en un an, un abandon massif de la technologie n'a pas été observé. Stephanie Marken, associée principale chez Gallup, souligne que la génération Z ne rejette pas entièrement l'IA, mais réévalue son rôle, notamment en ce qui concerne son impact à long terme sur l'apprentissage, la confiance et la préparation professionnelle.

La méfiance à l'école et ses conséquences

Dans le milieu scolaire, la méfiance envers l'IA s'intensifie. Parmi les lycéens interrogés, 41 % pensent que la plupart ou la totalité de leurs camarades utilisent l'IA pour leurs devoirs, souvent en violation des règles établies. Des affaires judiciaires très médiatisées impliquant de grandes entreprises technologiques ont sensibilisé le public aux dangers potentiels de l'IA sur la santé mentale des jeunes.

Face à cette situation, les établissements scolaires ont réagi : 74 % d'entre eux ont désormais mis en place des règles concernant l'utilisation de l'IA dans les travaux scolaires, une augmentation de 23 points par rapport à l'année précédente. Cependant, ces mesures ne suffisent pas à apaiser les inquiétudes des élèves. En fait, plus les règles se précisent, plus la perception de la triche se généralise. Les élèves qui respectent les consignes ressentent une injustice face à ceux qui trichent, ce qui nuit à la cohésion de groupe et à l'esprit communautaire que devrait incarner une classe.

L'IA, un outil indispensable mais limité

Lorsqu'on interroge les jeunes de 14 à 29 ans sur leurs préférences en matière de tutorat, de conseils financiers ou de service client, moins de 20 % choisissent l'IA. Par ailleurs, 46 % des jeunes s'inquiètent de l'impact de l'IA sur leur carrière, un chiffre en hausse par rapport à l'année précédente, bien que cette tranche d'âge soit celle qui utilise le plus ces outils dans le cadre professionnel. Gallup qualifie cette situation de "paradoxe de l'IA".

Les jeunes continuent d'utiliser un outil dont ils se méfient, en partie par manque d'alternatives crédibles dans un marché du travail marqué par des vagues de licenciements dans le secteur technologique. 52 % des lycéens estiment avoir besoin de l'IA pour leurs études supérieures, et 48 % pour leur future carrière. Cependant, lorsqu'il s'agit d'apprentissage réel, de conseils ou d'écoute, ils se tournent encore vers l'humain. Bien qu'ils reconnaissent l'importance de développer des compétences en IA pour réussir, ils préfèrent l'intervention humaine pour les tâches nécessitant une forte valeur relationnelle.

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