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L'IA, un allié précieux pour la généalogie moderne
Dans le domaine de la généalogie, l'intelligence artificielle (IA) s'impose comme un outil incontournable, mais elle ne remplace pas l'expertise humaine. François Lerebourg, à la tête de CDIP, une société spécialisée dans les logiciels de généalogie, a intégré l'IA dans son produit phare, Généatique 2026. Cette technologie permet de simplifier les tâches fastidieuses, mais l'humain reste au cœur de la démarche.
Lerebourg souligne que l'IA, bien qu'efficace pour automatiser certaines tâches, n'a pas vocation à prendre le pas sur l'utilisateur. Elle sert plutôt à alléger le travail, permettant aux généalogistes de se concentrer sur l'analyse et la narration de l'histoire familiale.
Une révolution dans la gestion des archives
L'utilisation de l'IA dans la généalogie transforme radicalement la manière dont les chercheurs abordent les archives. François Lerebourg observe que les retraités, souvent passionnés de généalogie, consacrent de nombreuses heures à déchiffrer des manuscrits anciens. L'IA intervient ici en proposant des transcriptions initiales, facilitant ainsi l'accès à ces documents historiques.
Lerebourg compare cette avancée à l'impact qu'a eu l'arrivée d'Internet il y a trente ans. Le temps passé à déchiffrer des écritures illisibles ou à trier des documents est considérablement réduit grâce à l'IA. Cette technologie est capable de traduire des textes en latin ou en allemand gothique et d'expliquer les métiers anciens, rendant ainsi l'information plus accessible.
Le processus est simple : il suffit de scanner un document pour que le logiciel propose une transcription. Les zones incertaines sont signalées par une croix rouge, et une traduction automatique est offerte. De plus, l'IA permet de coloriser des photos anciennes, tout en respectant l'intégrité des pixels. Cependant, des biais algorithmiques peuvent survenir, notamment en proposant une couleur de peau que l'utilisateur doit ajuster si nécessaire.
Cependant, François Lerebourg insiste sur le fait que l'IA ne remplace pas l'humain. Elle libère du temps pour des tâches plus significatives, comme la vérification des sources et la mise en récit des découvertes généalogiques.
Les défis et limites de l'IA en généalogie
Malgré ses avantages, l'IA n'est pas infaillible. Les erreurs, ou "hallucinations", sont possibles, surtout avec des documents anciens ou difficiles à lire. François Lerebourg reconnaît ces limitations et souligne l'importance de l'intervention humaine pour valider les résultats.
Les algorithmes peuvent se tromper, mais ils signalent les mots incertains, permettant ainsi à l'utilisateur de corriger les erreurs. Des prompts bien conçus et des modèles soigneusement sélectionnés aident à minimiser ces risques.
L'IA offre une lecture initiale, mais c'est à l'humain de vérifier, corriger et croiser les informations. Cette technologie contribue à rendre la généalogie plus accessible, autrefois réservée à une élite, en augmentant les capacités des amateurs passionnés. Lerebourg décrit l'IA comme un outil de compagnonnage numérique plutôt que d'automatisation totale.
La sécurité des données, une priorité
L'utilisation de l'IA soulève des questions de sécurité, de souveraineté et d'éthique. François Lerebourg est conscient de ces enjeux, notamment dans le développement de Généatique 2026. La sécurité des données est primordiale, car la généalogie touche à des informations personnelles sensibles. Lerebourg affirme que la sécurité est le socle de leur approche et que les données appartiennent aux utilisateurs.
Dans cette optique, les traitements IA sont effectués via le cloud, garantissant que les données ne sont pas stockées de manière permanente et s'effacent après téléchargement. Les documents utilisés proviennent souvent d'archives publiques, assurant ainsi une certaine transparence.
Transmettre l'histoire familiale au-delà des générations
L'IA ne se contente pas de construire des arbres généalogiques, elle aide également à raconter les histoires familiales. Pour François Lerebourg, la généalogie n'a de sens que si elle est partagée au-delà du cercle des initiés. Les découvertes doivent être transmises aux générations futures pour ne pas être oubliées.
La colorisation de photos anciennes ou l'explication des métiers d'antan rendent les ancêtres plus tangibles pour les descendants. Une photo restaurée par l'IA peut transformer une image floue en un portrait vivant, suscitant l'intérêt des jeunes générations.
Lerebourg conseille de commencer par interroger les aînés et de se plonger dans les albums photo familiaux. L'IA intervient ensuite pour faciliter le travail, sans remplacer l'essence de la recherche. Il décrit la généalogie comme un moyen de s'ancrer dans une époque de grand brassage, de numérique et de virtuel.
Bien que l'idée de liens automatiques soit séduisante, François Lerebourg reste prudent. La fiabilité des bases de données, souvent constituées par des particuliers, est encore trop faible pour envisager une automatisation complète.
Dans cinq à dix ans, l'IA continuera d'évoluer, offrant des analyses plus sophistiquées et des synthèses plus complètes. Cependant, l'humain restera indispensable pour garantir la précision et la pertinence des recherches généalogiques.

