Brief IA : Google et Meta misent sur l'énergie pour soutenir l'essor de l'IA

Google et Meta misent sur l'énergie pour soutenir l'essor de l'IA

Brief IA
Tom Levy·4 min·0 vues

Les investisseurs en capital-risque ont injecté plus de 500 milliards de dollars dans l'IA ces cinq dernières années, mais jusqu'à 50 % des projets de centres de données pourraient être retardés en raison de l'accès à l'énergie. Actuellement, seulement 5 gigawatts des 190 gigawatts de centres de données suivis sont en construction, tandis que 36 % des projets ont vu leurs délais glisser vers 2025, soulignant l'importance d'investir dans des solutions énergétiques pour soutenir l'expansion de l'IA.

En bref
1Les investisseurs en capital-risque ont injecté plus de 500 milliards de dollars dans les startups d'IA ces cinq dernières années.
2Sightline Climate révèle que 50 % des projets de centres de données pourraient être retardés à cause de l'accès limité à l'énergie.
3Google et Meta investissent dans des projets solaires, éoliens et nucléaires pour pallier les contraintes énergétiques.
💡Pourquoi c'est importantL'énergie devient cruciale pour le développement de l'IA, impactant les stratégies d'investissement des géants technologiques.
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L'essor des investissements en IA et ses défis énergétiques

Ces dernières années, les investisseurs en capital-risque ont massivement soutenu les startups spécialisées dans l'intelligence artificielle, injectant plus de 500 milliards de dollars dans le secteur. Cependant, un rapport récent de Sightline Climate suggère que l'avenir des investissements pourrait bien se tourner vers le secteur énergétique. En effet, les chercheurs ont mis en lumière que jusqu'à 50 % des projets de centres de données annoncés risquent de subir des retards significatifs, principalement en raison des difficultés d'accès à l'énergie.

Parmi les 190 gigawatts de centres de données suivis par Sightline, seulement 5 gigawatts sont actuellement en construction. L'année dernière, environ 6 gigawatts de projets ont été mis en ligne, mais un nombre bien plus important, soit environ 36 %, a vu ses échéances reportées à 2025. Ces retards pourraient avoir des répercussions sur les grandes entreprises et d'autres sociétés qui intègrent l'IA dans leurs opérations quotidiennes.

Les géants technologiques se tournent vers l'énergie renouvelable

Face à ces défis, des entreprises technologiques majeures telles que Google et Meta ont pris des mesures proactives en investissant massivement dans des projets d'énergie renouvelable, notamment solaires, éoliens et nucléaires. Ces entreprises ne se contentent pas de financer directement ces initiatives, elles collaborent également avec des services publics pour accélérer l'adoption de technologies émergentes comme la batterie de 100 heures développée par Form Energy.

De nombreuses startups se lancent dans la course pour résoudre les problèmes d'approvisionnement énergétique. Par exemple, Amperesand, DG Matrix et Heron Power travaillent sur de nouvelles technologies de conversion d'énergie, tandis que Camus, GridBeyond et Texture développent des logiciels pour optimiser la gestion du flux d'électrons.

L'énergie reste un des principaux obstacles pour les centres de données, et cette contrainte ne devrait pas disparaître de sitôt. Selon Goldman Sachs, la consommation d'énergie des centres de données pourrait augmenter de 175 % d'ici 2030, en grande partie à cause de l'essor de l'IA.

Vers des solutions énergétiques alternatives

Des entreprises comme Amazon, Google et Oracle explorent des moyens de réduire leur dépendance au réseau électrique traditionnel. Plusieurs centres de données sont en cours de planification avec des sources d'énergie sur site ou des approches hybrides combinant énergie sur site et connexion au réseau.

Les plus grands centres de données sont à l'avant-garde de cette transition. Moins d'un quart des projets ayant identifié une source d'énergie opteront pour une solution sur site ou hybride, mais ces projets représentent tout de même 44 % de la capacité totale. Ce changement est en partie dû à des pénuries d'équipements de production d'énergie, notamment des turbines à gaz, et à un réseau électrique vieillissant, ouvrant ainsi la voie à des sources d'énergie alternatives.

Un exemple de cette approche est le récent accord de Google pour alimenter un nouveau centre de données dans le Minnesota. L'entreprise prévoit de combiner l'énergie éolienne et solaire avec une batterie massive de 30 gigawatt-heures de Form Energy. Google a également collaboré avec Xcel Energy pour créer une nouvelle structure tarifaire qui, selon elle, encouragera l'adoption de nouvelles technologies dans la planification des services publics.

La gestion de l'énergie, un enjeu crucial

L'approvisionnement en énergie n'est qu'une partie de l'équation. Une fois que l'énergie atteint le réseau ou le centre de données, elle doit être efficacement gérée, une tâche qui repose principalement sur le transformateur.

La plupart des transformateurs actuels reposent sur une technologie vieille de 140 ans, utilisant de gros blocs de fer enroulés de fil de cuivre. Bien que fiable, cette technologie devient encombrante à mesure que les besoins énergétiques des centres de données augmentent. Lorsqu'une armoire de serveur atteint 1 mégawatt de densité de puissance, l'équipement nécessaire pour la faire fonctionner occupe deux fois plus d'espace que l'armoire elle-même, selon un expert cité par TechCrunch.

C'est pourquoi les investisseurs s'intéressent de plus en plus aux startups développant des transformateurs à état solide, qui espèrent remplacer la technologie ancienne par de l'électronique de puissance à base de silicium. Bien que ces nouveaux transformateurs soient plus coûteux, ils offrent une flexibilité suffisante pour remplacer plusieurs équipements dans un centre de données, ce qui pourrait les rendre compétitifs en termes de coûts.

Dans l'ensemble, les investissements dans les entreprises de batteries et de transformateurs restent modestes comparés aux levées de fonds spectaculaires observées dans le secteur de l'IA. Cependant, cette situation pourrait être avantageuse pour les investisseurs, car ces tours de financement sont plus gérables. De plus, alors que le monde s'oriente vers une électrification généralisée, le besoin d'énergie continuera de croître, offrant ainsi une protection contre un éventuel effondrement du marché de l'IA. En fin de compte, le meilleur investissement en IA pourrait bien se trouver dans l'énergie elle-même.

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