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Mistral AI organise aujourd'hui son premier AI Now Summit au Carrousel du Louvre, à Paris. Cet événement illustre une tendance croissante parmi les entreprises de l'intelligence artificielle : la volonté de contrôler leur propre narration et leur audience. Avec 1 400 participants attendus, Mistral AI, représenté par ses cofondateurs Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, accueille également des dirigeants de grandes entreprises comme TotalEnergies, BNP Paribas et la Caisse des dépôts. Les participants seront répartis autour de trois scènes, offrant une plateforme pour des discussions approfondies sur les avancées en IA.
Cette initiative de Mistral AI n'est pas isolée. Des géants technologiques tels que Microsoft, Google et Amazon organisent depuis longtemps leurs propres événements, et cette pratique s'étend désormais à l'Europe. Snowflake, Dataiku et OpenAI ont également adopté cette approche avec leurs formats annuels, soulignant l'importance de maîtriser leur message et leur audience.
Reprendre le contrôle de l'audience et du message
Amaury Delplancq, SVP & GM EMEA chez Dataiku, explique que l'organisation du Dataiku Summit chaque automne à Paris vise à mettre en avant les réussites de leurs clients plutôt que de se concentrer uniquement sur la technologie. Avec environ 2 000 participants, des entreprises comme Michelin, LVMH, BNP Paribas et le ministère des Armées partagent leurs expériences, créant ainsi des opportunités commerciales concrètes. "Il y a un chaos permanent autour de l'IA, énormément de focus sur les technologies. Nous, nous souhaitons mettre en avant les succès de nos clients, avec des histoires concrètes", souligne Delplancq.
Émilie Pierre-Desmonde, directrice de l'événement Big Data & AI Paris chez RX France, observe que ces événements permettent aux entreprises de contrôler leur message et leur audience, sans dépendre des organisateurs de salons professionnels. "Quand ces acteurs organisent leur propre événement, ils sont sûrs de ce qu'ils vont dire à leurs prospects, à leurs clients et à leurs partenaires. Ils ne sont plus dépendants du message qu'un organisateur de salon va porter à leur place", analyse-t-elle. Pour des entreprises comme Mistral ou Snowflake, ces événements sont avant tout des opérations marketing, où le chiffre d'affaires direct n'est pas la priorité.
Un événement de place, une autre ambition
Le sommet international Adopt AI, organisé par Artefact, revendique une nature différente en réunissant tous les acteurs de l'écosystème. Avec 25 000 participants, 800 intervenants et 250 entreprises exposantes, cet événement vise à accélérer l'adoption massive de l'IA par les entreprises et à attirer en France les investisseurs internationaux. Le président de la République y prend également la parole, soulignant l'importance de l'événement. Damien Gromier, CEO d'Adopt AI chez Artefact, explique que leur objectif n'est pas de vendre une technologie particulière, mais de rassembler les décideurs du monde économique. "Notre but n'est pas de vendre une technologie particulière. C'est de rassembler les décideurs du monde économique, d'accélérer l'adoption massive de l'IA par les entreprises et d'attirer en France les investisseurs internationaux", pose-t-il.
Mistral, Snowflake et Google exposent tous au sommet Adopt AI, en plus d'organiser leurs propres formats. Pour Damien Gromier, les deux logiques sont parfaitement compatibles. "Chaque acteur de l’IA organise son propre événement pour ses clients et en parallèle assiste aux événements de place comme Adopt AI qui ambitionne de devenir le Davos de l'IA", partage-t-il.
Cependant, cette profusion d’événements peut perdre ceux qui sont susceptibles d’y participer. "Ça nous force à faire mieux notre job", reconnaît Émilie Pierre-Desmonde. Pour son salon Big Data & AI Paris, la directrice événementiel travaille par exemple à qualifier son audience en amont, à constituer des délégations plus larges au sein des grands comptes ou encore à amener toute la chaîne de valeur data et IA d'un grand groupe plutôt qu'un seul décisionnaire.
Amaury Delplancq, chez Dataiku, est, lui, devenu plus sélectif sur les événements qu'il sponsorise en dehors de son propre format. "On choisit maintenant la qualité versus la quantité", reconnaît-il. Si les positionnements sont assumés et qu’il semble aujourd’hui encore y avoir de la place pour tout le monde, sur la durée du phénomène, Émilie Pierre-Desmonde est tranchante. "Dans dix ans, faire un salon dédié exclusivement à l'IA, n'aura plus de sens. Ce sera comme faire un salon de l'Internet", conclut-elle. Ce qui n'empêchera sûrement pas Mistral, ce mercredi, de faire salle comble.


