Brief IA : Manus My Computer : l'agent IA chinois qui défie Claude Cowork

Manus My Computer : l'agent IA chinois qui défie Claude Cowork

Brief IA
Tom Levy·7 min·4 vues

Manus My Computer offre une autonomie et une vitesse supérieures à celles de Claude Cowork, renforçant sa position sur le marché des outils de machine learning. Cependant, son coût élevé, nettement au-dessus de la moyenne du secteur, pourrait limiter son adoption. Lancé en janvier 2023 par Anthropic, Claude Cowork a déjà fait perdre plusieurs milliards de dollars de valorisation aux actions SaaS.

En bref
1Manus My Computer, concurrent chinois de Claude Cowork, promet rapidité et autonomie pour les tâches complexes.
2L'agent IA de Manus, disponible sur macOS et Windows, utilise un système de crédits pour facturer ses services.
3Lors d'un test, Manus a exécuté une tâche de machine learning en dix minutes, consommant 1 078 crédits.
💡Pourquoi c'est importantManus offre une alternative rapide et autonome à Claude Cowork, mais son modèle de tarification par crédits peut entraîner des coûts imprévisibles pour les utilisateurs.
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Manus My Computer : un concurrent sérieux pour Claude Cowork

Manus My Computer, développé par une entreprise chinoise spécialisée dans l'agentique, se positionne comme un rival direct de Claude Cowork, l'agent IA d'Anthropic. Ce dernier, lancé en janvier, a rapidement gagné en popularité en automatisant des tâches complexes pour les travailleurs du savoir, notamment grâce à un partenariat avec Microsoft pour intégrer la suite Office. Claude Cowork s'est imposé comme une référence pour les knowledge workers, en se concentrant sur le volet data.

Moins de deux mois après le lancement de Claude Cowork, Manus a introduit Manus My Computer, un clone axé sur l'autonomie et la vitesse. Cette nouvelle solution promet de rivaliser avec son concurrent de San Francisco en offrant des performances impressionnantes, bien que son coût puisse être un frein.

Fonctionnement et caractéristiques de Manus

Pour utiliser Manus My Computer, l'éditeur a développé une application Desktop, fonctionnant sur le même principe que Claude Desktop. L'agent IA prend le contrôle de votre machine pour exécuter des tâches complexes, en utilisant des commandes bash pour analyser et modifier les fichiers en local. Il peut également contrôler vos applications locales grâce à son mode computer use. Avant de réaliser une action, Manus demande l'approbation de l'utilisateur, sauf si une autorisation par défaut lui a été accordée.

L'application est disponible sur macOS et Windows, et peut être contrôlée à distance via des applications comme Slack, Telegram ou Line. Manus va même plus loin que Claude en proposant une API clef en main pour créer et lancer des tâches à distance. Les cas d'usage incluent le tri de photographies, la gestion de factures, et même la création d'applications from scratch. Un collaborateur de la start-up a ainsi créé une application de traduction et de sous-titres en temps réel en Swift en seulement 20 minutes.

Manus My Computer est commercialisé comme une alternative à OpenClaw, bien que ce dernier ne soit pas nommé explicitement. L'entreprise recommande d'installer My Computer sur un Mac mini dédié, allumé 24h/24, pour un usage optimal.

L'agent Manus Desktop repose sur la famille d'agents Manus 1.6, qui se décline en trois versions : 1.6 Light pour les tâches simples, 1.6 classique pour les tâches moyennes, et 1.6 Max pour les cas complexes. Contrairement à Anthropic, Manus ne maîtrise que le scaffold de son agent. Bien que les modèles utilisés ne soient pas communiqués, les sous-traitants déclarés sur le Trust Center, tels qu'Anthropic et Google Cloud, suggèrent que Claude est le modèle moteur, complété par la suite Gemini pour d'autres tâches selon leur complexité. Les partenaires étant basés aux États-Unis, les données personnelles ne devraient pas être envoyées en Chine.

Un modèle de tarification basé sur les crédits

Contrairement à Claude Cowork, qui propose un abonnement mensuel fixe, Manus utilise un système de crédits. Chaque action exécutée par l'agent consomme un nombre de crédits variable en fonction de sa complexité. Une tâche simple de tri de fichiers coûtera quelques dizaines de crédits, tandis qu'un workflow complexe, comme la création d'une application ou une recherche approfondie multi-sources, peut en consommer entre 500 et 900.

Trois formules payantes sont proposées : Standard à 20 dollars par mois pour 4 000 crédits mensuels, Customizable à 40 dollars pour 8 000 crédits, et Extended à 200 dollars pour 40 000 crédits. Tous les plans, y compris le gratuit, bénéficient de 300 crédits de rafraîchissement quotidiens, d'un accès aux trois versions de l'agent Manus 1.6, et de 20 tâches simultanées. Une offre Team est également disponible, avec un pool de crédits partagé entre les membres et des fonctions d'administration telles que le SSO et les contrôles d'accès. La facturation annuelle offre une remise d'environ 17%. Bien que Manus semble agressif sur le papier en offrant plus d'usages que Claude Cowork, le modèle au crédit introduit une imprévisibilité absente chez Anthropic.

Test de performance : un défi de machine learning

Pour évaluer les capacités de Manus, nous avons soumis à l'agent un défi de machine learning appliqué au quotidien : construire un modèle capable de classer automatiquement les fichiers du dossier Téléchargements. L'agent devait scanner le dossier, extraire les métadonnées de chaque fichier, telles que l'extension, la taille, l'horodatage, et le pattern de nommage, construire un dataset exploitable, entraîner un classifieur pour prédire la catégorie de destination de chaque fichier, puis appliquer le modèle pour réorganiser concrètement le dossier.

Nous avons utilisé l'agent le plus avancé, Manus 1.6 Max, et donné le prompt suivant : "Analyse mon dossier Téléchargements et construis un modèle de machine learning capable de classer automatiquement mes fichiers dans des catégories pertinentes. Commence par scanner l'ensemble du dossier pour extraire les métadonnées de chaque fichier, puis crée un dataset structuré à partir de ces données. Fais du feature engineering sur les noms de fichiers pour en déduire des signaux utiles, tels que la présence de dates, de hash, et de mots-clés comme facture, contrat, screenshot, IMG. Entraîne un modèle de classification, utilisant des techniques comme random forest ou gradient boosting, pour prédire la catégorie de destination de chaque fichier, évalue ses performances, puis applique-le pour réorganiser concrètement mon dossier en créant les sous-dossiers et en déplaçant les fichiers. Produis un rapport final. Et mets en place une routine de tri basée sur le modèle une fois par semaine."

Une fois le prompt envoyé et l'autorisation permanente d'accès au dossier Téléchargements donnée, Manus s'est lancé. L'agent a commencé par créer un plan, puis a exécuté l'ensemble des commandes nécessaires dans un environnement virtualisé, une VM Ubuntu. Il a consulté les fichiers, construit un dataset, entraîné un modèle de classification, appliqué le modèle, produit un rapport et mis en place la routine de tri hebdomadaire demandée. Premier constat : Manus est beaucoup plus rapide que Claude Cowork, accomplissant la tâche en seulement une dizaine de minutes.

Le résultat final a été à la hauteur des attentes : le rapport produit était propre, structuré, avec les métriques du modèle et le détail des fichiers déplacés par catégorie. Le classifieur a correctement identifié la grande majorité des fichiers, et l'arborescence créée dans le dossier Téléchargements était immédiatement exploitable. Les catégories de destination comprenaient les documents de travail, les factures et administratif, les photos et images, les installateurs et archives, et les fichiers temporaires à supprimer. Côté crédits, la tâche a consommé 1 078 crédits, soit plus d'un quart du forfait mensuel Standard pour une seule opération. Avec quelques tâches complexes par semaine, le budget crédits peut fondre très rapidement.

Un excellent agent, mais un modèle de tarification à revoir

Au terme de notre test, le constat est clair : Manus My Computer est, sur le papier, une excellente alternative à Claude Cowork. L'agent chinois fait le travail, et il le fait vite, très vite même. Le vrai point noir, c'est la consommation de crédits. Sur un usage intensif, la facture peut très vite dépasser celle d'un abonnement Claude Pro à 20 dollars, voire rivaliser avec l'offre Max à 200 dollars, sans la prévisibilité qu'offre un forfait fixe.

Pour les entreprises qui veulent réellement automatiser leurs processus, Manus garde toutefois des avantages de taille : son API clef en main, son architecture pensée pour le déploiement (Mac mini dédié, pilotage distant) et son autonomie quasi-totale. On espère maintenant que Manus reverra le pricing… À moins que cette tarification (de plus en plus courante) ne reflète tout simplement le coût réel de l'IA agentique en 2026, ce que personne n'a encore vraiment envie d'admettre.

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