Brief IA : OpenAI : un ex-employé décrit un codage plus solitaire

OpenAI : un ex-employé décrit un codage plus solitaire

Brief IA
Tom Levy·3 min·2 vues

Kasra Kyanzadeh, qui a quitté OpenAI après deux mois, a décrit un quotidien de codage fragmenté et solitaire, où il jonglait avec cinq ou six fils différents et passait plus de temps à relire le code. Il a souligné que les tâches étaient morcelées en unités de quelques minutes, rendant le travail épuisant et diminuant la collaboration entre programmeurs, un constat partagé par une responsable d'Anthropic.

En bref
1Kasra Kyanzadeh a quitté OpenAI après deux mois, disant que le codage avec des agents d’IA est plus solitaire et épuisant.
2Il décrit des tâches très courtes, plus de relecture de code et une collaboration réduite, parfois jusqu’à « cinq ou six fils différents » à gérer.
3Une responsable d’Anthropic affirme aussi que les agents rendent les programmeurs plus solitaires.
💡Pourquoi c'est importantces témoignages décrivent un travail de développement transformé par les agents d’IA, avec moins de collaboration et un quotidien plus fragmenté.
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L'analyse en français

En deux mois chez OpenAI, Kasra Kyanzadeh dit avoir découvert un quotidien fragmenté et solitaire avec des agents d’IA, jusqu’à l’épuisement. À 33 ans, il a quitté l’entreprise pour tenter la réalisation, insistant sur le fait qu’il ne visait pas OpenAI mais la manière de coder avec des agents. Son constat rejoint d’autres retours de développeurs et une responsable d’Anthropic, qui évoquent une collaboration affaiblie.

Des tâches morcelées et plus de relecture, un quotidien épuisant

Kasra Kyanzadeh explique que les tâches s’enchaînent par petites unités de quelques minutes, une « pire durée » selon lui, insuffisante pour faire quelque chose de significatif mais suffisante pour pousser à passer à une autre tâche. Il dit alors lancer un autre agent, se retrouver à jongler avec cinq ou six fils différents, ou simplement ouvrir Twitter. Il mentionne aussi le temps passé à revoir le code et à vérifier les erreurs. Selon lui, la part de temps consacrée à la relecture a augmenté, une activité que la plupart n’ont jamais appréciée. L’ensemble de ce mode de travail est, dit-il, épuisant.

Moins de collaboration : des agents qui isolent les programmeurs

Kasra Kyanzadeh soutient que les agents d’IA permettent à un seul ingénieur de porter une fonctionnalité entière, ce qui réduit la collaboration et la satisfaction partagée du « nous avons accompli cela ensemble ». Il souligne qu’OpenAI proposait des moments conviviaux, comme des happy hours, et loue les équipes, mais estime que ces activités ne compensent pas lorsque le travail se résume à des projets individuels. Il résume son ressenti par une formule : « les liens humains se forment mieux à travers le stress ». Ce constat n’est pas isolé. Des développeurs rapportent une forme de paralysie liée à l’IA, et Fiona Fung, responsable de l’ingénierie chez Anthropic, affirme que les agents d’IA rendent les programmeurs de l’entreprise plus solitaires. Kyanzadeh qualifie, de son côté, le codage en IA de « plus solitaire » et « mentalement épuisant ».

Deux mois chez OpenAI puis un cap vers le cinéma

Arrivé en juin dans l’équipe chargée de l’application de bureau Codex, Kasra Kyanzadeh n’y est resté que deux mois. À la mi-août, il dit s’être senti fatigué et épuisé, puis a quitté OpenAI pour tenter la réalisation, un projet de longue date. Il affirme que l’équipe a été compréhensive et indique avoir terminé son projet avant de partir. Il précise ne pas incriminer OpenAI mais la manière de coder avec des agents, jugeant qu’OpenAI est même sous-estimée en tant qu’entreprise. Il dit avoir manqué la coopération quotidienne et le travail avec d’autres, tout en saluant l’expertise présente chez OpenAI. Son regard sur les outils a évolué : après avoir fondé en 2024 Lightpage, à l’« ère des modèles de complétion d’onglets » qui ôtaient beaucoup de syntaxe sans dispenser de réfléchir à l’architecture, il affirme qu’en décembre le codage a « glissé » et que les agents permettent à une seule personne de posséder une fonctionnalité entière. Il présente son passage chez OpenAI comme une expérience pour ressentir ce que signifie construire à grande échelle dans cette nouvelle ère, mais dit ne plus avoir le sentiment de faire son meilleur travail. Auparavant, il avait rejoint Airtable quand l’entreprise comptait cinq employés, puis Watershed à ses débuts, avant de lancer Lightpage.

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