Brief IA : Oracle et OpenAI : un partenariat à 300 milliards contesté

Oracle et OpenAI : un partenariat à 300 milliards contesté

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Tom Levy·5 min·2 vues

Un fonds de pension américain accuse Oracle d'avoir dissimulé des signaux d'alerte sur la santé financière d'OpenAI, remettant en question leur partenariat de 300 milliards de dollars signé en septembre 2025. Ce partenariat, qui vise à fournir de la puissance de calcul à OpenAI, est contesté alors qu'OpenAI ne générait qu'environ 12 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel au moment de l'accord.

En bref
1Un fonds de pension américain accuse Oracle de cacher des signaux d'alerte sur OpenAI.
2Cette action en justice remet en question la solidité du partenariat de 300 milliards entre Oracle et OpenAI.
3Sam Altman, à la tête d'OpenAI, fait face à une situation délicate avec ce partenariat contesté.
💡Pourquoi c'est importantCette affaire pourrait fragiliser un partenariat clé, impactant les stratégies des deux entreprises.
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Oracle et OpenAI : un partenariat à 300 milliards contesté

Un fonds de pension américain traîne Oracle devant la justice, l’accusant d’avoir caché des signaux d’alerte sur la santé financière réelle d’OpenAI. La solidité du partenariat entre les deux géants est remise en question. Et ça tombe mal pour Sam Altman. Des investisseurs s'en prennent à Oracle.

En septembre 2025, OpenAI et Oracle ont annoncé un accord choc à hauteur de 300 milliards de dollars sur cinq ans. Censé offrir de la puissance de calcul au spécialiste de l’intelligence artificielle (IA), le contrat a été signé alors qu'OpenAI ne générait qu’environ 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. De quoi sérieusement interroger sur sa capacité à honorer un tel engagement.

Dans la foulée, l’action Oracle avait bondi de 36 %, portant sa valorisation aux portes des 1 000 milliards de dollars tout en propulsant la fortune de Larry Ellison au-delà des 380 milliards. Neuf mois plus tard, la tendance s’est drastiquement inversée.

Oracle aurait caché la réalité

Un fonds de pension public du Michigan vient de déposer une plainte collective contre Oracle, rapporte The Next Web. Sa cible : une opération par laquelle la firme a emprunté 25 milliards de dollars auprès d’investisseurs. Parmi eux, donc, on retrouve ce fonds de pension. Car juste avant cette opération, Oracle avait annoncé que son carnet de commandes pas encore facturées était passé de 97 à plus de 523 milliards de dollars en un an, une hausse presque entièrement portée par un seul client, OpenAI.

Or, selon la plainte, Oracle n’aurait pas précisé qu’OpenAI était alors loin d’atteindre ses propres objectifs de revenus et d’utilisateurs, ni que la directrice financière de l’entreprise doutait en interne de sa capacité à payer toute la puissance de calcul promise. D’autant que depuis, le prix de ces obligations a nettement chuté, motivant le recours à la justice.

L’écosystème de l’IA remis en question

Pour tenir cet engagement de 300 milliards de dollars envers OpenAI, Oracle a dû s’endetter lourdement. Les chiffres sont vertigineux :

  • Plusieurs dizaines de milliards de dépenses supplémentaires
  • Plus de 200 milliards de dollars de baux à long terme
  • Jusqu’à 50 milliards de dollars d’investissements prévus rien que pour 2026

Et elle n’est pas la seule dans cette situation. Microsoft fait l’objet d’une plainte similaire de la part de ses actionnaires, qui s’inquiètent eux aussi de l’ampleur de ses dépenses liées à l’intelligence artificielle. Plus largement, cette affaire relance une question qui inquiète de nombreux observateurs, qui déplorent un financement circulaire au sein du secteur, où les géants de la tech s’endettent et se prêtent de l’argent entre eux pour financer une croissance qui reste, pour l’instant, peu palpable.

Quant à la capacité d’OpenAI de tenir ses très nombreux engagements financiers, elle reste clairement à prouver. Même si son entrée en Bourse approche…

Qu’est-ce qu’un « carnet de commandes pas encore facturées » ?

Le carnet de commandes pas encore facturées regroupe des revenus contractuellement engagés mais qui n’ont pas encore été reconnus dans le chiffre d’affaires, car les services n’ont pas encore été fournis ou facturés. Dans le cloud, cela correspond souvent à des engagements pluriannuels (capacité réservée, crédits, consommation minimale) dont l’exécution s’étale dans le temps. Ce chiffre peut gonfler rapidement avec un ou deux méga-contrats, sans garantir que les encaissements suivront au même rythme. Il est aussi sensible aux clauses de résiliation, aux conditions de performance et au risque de contrepartie (capacité du client à payer). Pour l’interpréter, il faut le croiser avec les flux de trésorerie, les conditions contractuelles et la concentration sur un nombre limité de clients.

Que signifie « emprunter 25 milliards de dollars via des obligations » ?

Émettre des obligations, c’est lever de la dette sur les marchés : l’entreprise reçoit du cash immédiatement et s’engage à payer des intérêts puis à rembourser le principal à échéance. Le prix des obligations varie ensuite sur le marché secondaire en fonction des taux d’intérêt, mais aussi de la perception du risque de l’émetteur. Si les investisseurs estiment que la stratégie est plus risquée ou que la capacité de remboursement se dégrade, le prix des obligations baisse et leur rendement monte. Pour les détenteurs, cela se traduit par une perte de valeur s’ils revendent avant l’échéance, ou par un risque de crédit accru si la situation se détériore fortement. Dans des projets très capitalistiques (data centers, GPU, baux), la dette augmente la sensibilité aux retournements de cycle et aux retards de revenus.

Qu’appelle-t-on « financement circulaire » dans l’écosystème de l’IA ?

Le financement circulaire décrit une situation où quelques grands acteurs se vendent des services entre eux, se financent mutuellement (via cloud, avances, crédits, prises de participation) et utilisent ces flux pour soutenir la croissance affichée. Dans l’IA, cela peut prendre la forme de contrats cloud massifs, de capacités réservées et d’investissements croisés, parfois avant que la demande finale (entreprises, grand public) ne se traduise en revenus stables.

Le risque, c’est une croissance qui dépend plus de la capacité des géants à lever de la dette et à réallouer du capital que d’une rentabilité démontrée. Si la confiance se brise (hausse des taux, ralentissement, doutes sur la monétisation), l’effet domino peut toucher simultanément fournisseurs d’infrastructure, éditeurs d’IA et investisseurs. Les marchés surveillent alors de près la génération de cash, la concentration clients et la soutenabilité des engagements pluriannuels.

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