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OpenAI et Anthropic : une rivalité exacerbée par un mémo interne
Un document interne d'OpenAI, récemment divulgué, met en lumière la tension croissante entre deux géants de l'intelligence artificielle. Ce mémo, rédigé par Denise Dresser, Chief New Revenue Officer d'OpenAI, attaque directement Anthropic, un concurrent majeur. Alors que les deux entreprises se préparent à entrer en Bourse, la rivalité entre elles s'intensifie, avec des accusations qui vont au-delà des simples stratégies commerciales.
Le mémo a été révélé par The Verge ce week-end. Denise Dresser y critique sévèrement Anthropic, ne se limitant pas à définir les priorités d'OpenAI pour le trimestre à venir, mais consacrant également une large part du document à critiquer son rival.
Revenus contestés : une bataille de chiffres
Au cœur de cette confrontation se trouve une divergence sur les revenus déclarés. Anthropic a récemment annoncé un revenu annualisé de 30 milliards de dollars, un chiffre impressionnant comparé aux 9 milliards prévus pour la fin 2025. Cependant, Dresser affirme que ce montant est exagéré d'environ 8 milliards de dollars.
La controverse repose sur des différences dans la manière de comptabiliser les revenus. Anthropic inclut dans ses chiffres les commissions des plateformes comme AWS, Azure et Google Cloud, ce qui constitue le revenu brut. En revanche, OpenAI déclare ses ventes en net, déduisant les parts des partenaires avant de les inscrire dans ses comptes.
Bien que les deux approches soient conformes aux normes comptables américaines, elles conduisent à des classements différents. Anthropic, en considérant ses plateformes cloud comme de simples canaux de distribution, se voit comme le principal acteur dans ces transactions. Si l'on applique la méthode nette, ses revenus tomberaient à 22 milliards, en dessous des 24-25 milliards revendiqués par OpenAI.
En outre, le mémo souligne une différence significative en termes d'infrastructure. Un document destiné aux investisseurs prévoit qu'OpenAI atteindra une capacité de calcul de 30 gigawatts d'ici 2030, contre seulement 7 à 8 gigawatts pour Anthropic d'ici 2027. Dresser qualifie ce retard de "faute stratégique" déjà perceptible dans les produits d'Anthropic.
Des visions opposées pour l'avenir de l'IA
Au-delà des chiffres, le mémo révèle un affrontement idéologique. Dresser accuse Anthropic de promouvoir une vision de l'IA fondée sur la peur et la restriction, où un petit groupe d'élites contrôlerait la technologie. En contraste, OpenAI se positionne comme un champion de l'accessibilité, prônant des systèmes puissants avec des garde-fous appropriés.
Cette critique n'est pas nouvelle. Sam Altman, le PDG d'OpenAI, avait déjà affirmé qu'Anthropic vendait des produits coûteux à une clientèle privilégiée. Le mémo renforce cette ligne d'attaque à l'approche des introductions en Bourse prévues pour les deux entreprises. OpenAI vise une valorisation d'un trillion de dollars pour le quatrième trimestre 2026, tandis qu'Anthropic pourrait entrer en Bourse dès octobre.
Dresser reconnaît cependant qu'Anthropic domine actuellement le segment du code en entreprise. Selon les données de Ramp, Anthropic détient 30,6 % du marché des clients payants en IA, contre 35,2 % pour OpenAI. Une inversion de tendance pourrait se produire prochainement.
Stratégies et tensions internes chez OpenAI
Le mémo met également en lumière des tensions internes chez OpenAI. Dresser admet que le partenariat historique avec Microsoft a limité la capacité de l'entreprise à atteindre certaines entreprises. Toutefois, elle présente le nouvel accord avec Amazon, qui prévoit jusqu'à 50 milliards de dollars d'investissement, et la plateforme Bedrock comme des solutions à ce problème.
La publication de ce mémo un dimanche n'est pas anodine. Elle vise à imposer un récit avant que les marchés ne s'en emparent, soulignant l'importance stratégique de cette communication pour OpenAI.
