IA au travail : avis négatifs majoritaires sur Glassdoor en 2026

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Aux États-Unis, les retours d’employés au sujet de l’IA virent au négatif à la mi‑2026. Des métiers entiers, des secteurs et même des tranches d’âge s’opposent dans leurs appréciations, avec des femmes de la génération Z particulièrement sceptiques. Les motifs d’insatisfaction dépassent la peur des suppressions de postes et touchent aussi à la qualité des outils et aux méthodes d’adoption.
Experts et public divergent, des limites d’échantillon reconnues
Un écart important sépare les experts et le public : d'après l'AI Index 2026 de Stanford, 73 % des experts américains considèrent que l'IA a un impact positif sur l'emploi, contre 23 % du public. En avril, une enquête menée auprès d'adultes américains révèle que la génération Z se montre particulièrement critique envers l'IA. Selon Anthropic, un scepticisme généralisé existe chez les travailleurs, notamment concernant l'érosion des compétences et la crainte de pertes d'emploi. Les commentaires publiés sur Glassdoor ne sont pas représentatifs de l'ensemble des salariés américains, car les employés mécontents ont tendance à y déposer leurs avis plus fréquemment. La variation des opinions au fil du temps est considérée comme plus significative que les données brutes, à condition que le biais négatif propre à la plateforme n'ait pas évolué.
Le positif recule à 43 % et le négatif monte à 53 %
La part des avis positifs sur l’IA est passée de 81 % en 2019 à 43 % à la mi‑2026, tandis que les avis négatifs ont atteint 53 %. Les retours d’employés sont donc devenus plus critiques au fil des années. Les mentions de l’IA dans les avis ont également fortement progressé : elles représentaient moins de 0,2 % des avis en janvier 2019 et dépassaient 2,3 % en mai 2026, avec une croissance annuelle pouvant atteindre 240 %. Entre mai 2025 et mai 2026, les références à l’IA ont augmenté de 240 %. Les métiers peu exposés à l’IA, comme les bouchers ou les électriciens, évoquent rarement le sujet, mais dès qu’un poste connaît une exposition modérée, des commentaires sur l’IA apparaissent dans presque toutes les professions, indépendamment du risque réel d’automatisation.
Métiers et secteurs : foyers de critiques et poches d’adhésion
Dans certains secteurs, la perception de l’IA est particulièrement défavorable : les professionnels des sinistres d’assurance, les auteurs et les agents du service client formulent majoritairement des jugements négatifs, parfois dans un ratio de quatre contre un. Les experts en sinistres d’assurance et les journalistes figurent parmi les groupes les plus défavorables, avec respectivement jusqu’à 98 % et 81 % d’opinions négatives. Dans l’industrie technologique, l’IA est le sujet le plus fréquemment abordé, avec une répartition équilibrée entre retours positifs et négatifs, alors que les secteurs des médias et de la communication manifestent une attitude plus critique. Les salariés du secteur artistique et des organisations à but non lucratif affichent les jugements les plus défavorables. La proportion d’avis négatifs varie également selon la taille de l’entreprise : elle s’élève à 51 % dans les sociétés de moins de 200 employés, contre 67 % dans celles de plus de 10 000 collaborateurs. Parmi les métiers, les architectes logiciels évoquent le plus l’IA et en parlent majoritairement en termes positifs, alors que 57 % des retours d’ingénieurs logiciels sont négatifs.
Deux profils d’avis favorables : gagnants du marché et utilisateurs équipés
Parmi les avis positifs détaillés, 44 % proviennent de salariés dont l’entreprise bénéficie de l’essor de l’IA. 41 % saluent la mise à disposition d’outils, de formations et de soutiens pour l’adoption de l’IA. Environ 27 % des retours positifs restent génériques, sans détails sur les bénéfices concrets.
Les ressorts de la défiance : emploi, injonctions et expérience client
La crainte de perdre son emploi représente 20 % des avis négatifs, ce qui en fait la plainte la plus fréquente, mais elle n’est pas la seule. 14 % des commentaires négatifs évoquent une obligation d’utiliser l’IA, et 13 % la considèrent comme une distraction ou une dégradation de l’expérience client. 10 % dénoncent une utilisation interne jugée aliénante, citant la surveillance ou les messages automatisés de la direction, et 8 % jugent les attentes de productivité liées à l’IA irréalistes. À l’inverse, environ 10 % des avis négatifs reprochent à l’entreprise d’adopter l’IA trop lentement ou de fournir de mauvais outils, ce qui traduit une attitude de fond favorable à l’IA. Les analystes de Glassdoor notent que certains ressentis négatifs se retrouvent dans des emplois de bureau déjà exposés au burnout et à la peur des licenciements, et de nombreux avis associent explicitement l’IA à des suppressions de postes. Les critiques dépassent donc la seule peur de perdre son emploi.
Clivages démographiques : genre et génération en première ligne
Globalement, 45 % des hommes émettent des avis positifs sur l’IA, contre 32 % des femmes. La génération X affiche 47 % de retours favorables, devant les millennials à 40 % et la génération Z à 33 %. Chez les jeunes, l’écart est particulièrement marqué : 21 % des avis de femmes de la génération Z sont positifs, contre 42 % chez les hommes de la même cohorte. Pour la génération X, l’écart entre les sexes s’explique par des différences d’industrie et de profession, ce qui n’est pas le cas pour la génération Z. Entre 2025 et 2026, le fossé de genre s’accentue, surtout chez les plus jeunes. Sur le plan hiérarchique, les managers et les dirigeants restent les plus positifs vis‑à‑vis de l’IA.
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