IA au travail : la « taxe de vérification » alourdit la charge

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Selon une enquête menée par Adaptavist auprès de 2 500 travailleurs du savoir, le temps consacré à contrôler les productions de l’IA générative pèse sur l’organisation. Plus d’un répondant sur deux craint que son rôle devienne superflu d’ici cinq ans, une inquiétude particulièrement forte chez les dirigeants.
L'inquiétude sur l'emploi s'étend aux directions, 29 % « très » préoccupés
Plus de la moitié des travailleurs de la connaissance interrogés, soit 54 %, redoutent que l’intelligence artificielle rende leur rôle superflu dans les cinq prochaines années. Cette inquiétude n’est pas limitée aux profils juniors : Adaptavist indique qu’elle est la plus marquée chez les dirigeants, dont 29 % se disent « très » préoccupés par la diminution du besoin lié à leur propre poste. Le cabinet britannique observe ainsi que ceux qui pilotent la transformation par l’IA figurent aussi parmi les plus incertains quant à ses conséquences à long terme.
Réviser et corriger ajoute une couche de travail et freine les projets
Adaptavist décrit l’apparition d’une couche de travail supplémentaire, faite de révision et de correction, qui s’ajoute aux tâches existantes. Près de 49 % des répondants estiment que la mauvaise qualité de certains résultats ralentit les projets, et 55 % jugent que les contenus générés par l’IA nuisent à l’efficacité globale de leur équipe. Par ailleurs, 52 % déclarent devoir régulièrement corriger le travail produit par l’IA de leurs collègues. Le cabinet désigne ce phénomène comme une « taxe de vérification », laquelle, d’après lui, accroît la charge de travail et la pression sur les délais au lieu de les alléger. Cette réalité s’observe également au quotidien : 42 % des sondés indiquent consacrer davantage de temps à contrôler les résultats de l’IA qu’ils n’en économisent grâce à son utilisation. Dans ce contexte, Adaptavist considère que, pour beaucoup de salariés, l’IA modifie la répartition des tâches plutôt que de l’alléger.
Pression à se mesurer à la machine et usages d’IA pour tenir le rythme
La moitié des participants considèrent que leur performance est désormais évaluée, directement ou indirectement, en comparaison avec les productions de l’IA. Adaptavist relève que cela crée une pression à égaler la vitesse et le volume de la machine, même lorsque la qualité, la nuance et le jugement sont essentiels. Cette pression se traduit dans les pratiques : 25 % des répondants utilisent l’IA pour absorber leur charge de travail et 23 % pour suivre le rythme de leurs collègues. Par ailleurs, 46 % estiment que leurs tâches sont devenues plus répétitives et moins porteuses de sens depuis l’arrivée de l’IA.
Ce que mesure l'étude : périmètre, pays et positionnement d'Adaptavist
L’IA générative aurait des effets sur l’organisation du travail. Elle repose sur les réponses de 2 500 travailleurs du savoir issus des États-Unis, du Canada, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de l’Espagne. Le document paraît sous le nom « Understanding the human cost of AI transformation ». Adaptavist, société britannique spécialisée dans l’accompagnement des entreprises pour l’intégration d’outils tels que GitLab et Monday.com, a mené cette étude.
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