Instagram : étiquettes IA jugées incohérentes par des utilisateurs

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Des comptes affirment voir leurs photos réelles marquées « Contenu IA » tandis que des images synthétiques passent au travers. Entre promesses d’ajustements, métadonnées inégales et absence de réponses récentes de Meta, le dispositif d’Instagram apparaît imprévisible aux yeux des utilisateurs.
Des tests rapportés montrent des contenus IA non étiquetés
Des essais décrits publiquement ont porté sur des images modifiées avec le Background Remover de Canva, l’outil de suppression d’arrière‑plan de Photoshop, les fonctions génératives d’Adobe Firefly, le modèle Nano Banana de Google dans Gemini et les fonctions d’intelligence d’iOS. Parmi ces visuels, certains étaient entièrement générés et plusieurs incluaient des signaux C2PA et SynthID confirmés. Dans ce cas, Meta n’a étiqueté aucun des contenus testés. Les publications ont été effectuées depuis un compte Instagram récemment créé avec des informations minimales et alimenté rapidement, adoptant un comportement comparable à celui d’un bot ou d’une ferme d’IA. Même après l’annonce par Meta de mesures contre les comptes d’IA la semaine précédente, ce profil n’a pas été classé comme généré par IA et les images n’ont pas été marquées à ce moment‑là. Ces contenus restent en ligne et publics depuis presque deux semaines. Dans d’autres essais rapportés, l’étiquette n’est apparue que sur des images modifiées ou entièrement générées via l’application d’IA de Meta.
About Face conteste l’étiquette et aucune trace de SynthID n’apparaît
Des photos récentes publiées sur Instagram par About Face, la marque fondée par la chanteuse Halsey, ont été automatiquement marquées « Contenu IA ». Interrogée en commentaire, la personne en charge des réseaux sociaux de la marque a indiqué qu’aucune IA n’avait été utilisée pour produire ces images, précisant qu’une photo avait été prise avec un iPhone et légèrement retouchée dans l’app Photos, et en réaffirmant le recours à de vrais artistes et de vraies personnes. Sollicitée pour détailler les outils exacts utilisés dans l’app Photos, la marque n’a pas encore répondu. Seuls quelques outils d’iPhone devraient ajouter des métadonnées d’IA générative, notamment Spatial Reframing, Extend et le nettoyage mis à jour d’iOS 27, qui s’appuient sur Apple Intelligence et intègrent le filigrane invisible SynthID de Google. Une vérification basée sur Gemini indique toutefois l’absence de SynthID dans les images étiquetées. Même si Apple Intelligence avait été mobilisée, il reste difficile d’expliquer pourquoi l’étiquette mentionne des signaux associés à du contenu entièrement généré plutôt qu’à des retouches.
Canva reconnaît un marquage inadapté puis annonce une correction
Plusieurs signalements convergent vers Canva, notamment autour de son outil Background Remover. Après des plaintes, la stratège de contenu Jess Bruno rapporte que Canva lui a expliqué que certains outils d’IA assistive avaient été étiquetés comme génératifs. Canva lui a indiqué que ses outils étiquettent désormais correctement. Sa page d’aide précise d’ailleurs que l’usage du Background Remover n’ajoute pas de métadonnées de contenu généré par l’IA de Canva, sans qu’il soit établi si cette mention est récente, et Canva n’a pas répondu à une demande de commentaire. Malgré cela, des utilisateurs de Threads affirment que l’emploi du Background Remover continue d’entraîner l’étiquette sur Instagram. D’autres indiquent au contraire qu’aucune des images modifiées avant la correction supposée n’a été marquée et que l’outil n’a pas généré de métadonnées C2PA. Des cas d’étiquetage IA sont également rapportés sans usage apparent du Background Remover. La confusion est accentuée par le fait que des fonctions comme Background Remover relèvent d’une IA assistive proche des outils de sélection et de suppression d’objets employés depuis plus d’une décennie, et non des générateurs texte‑image.
Ce que Meta a annoncé: scans IPTC/C2PA et ajustements promis
Meta a indiqué en février qu’Instagram scannerait les images à la recherche de métadonnées IPTC et C2PA, censées attester dans une certaine mesure l’usage d’IA générative pour créer ou modifier une photo. La société est toutefois restée évasive sur ses méthodes. En 2024, le système d’Instagram aurait pris pour du génératif des images dont les métadonnées Adobe mentionnaient des retouches à l’IA, y compris lorsque les modifications étaient très mineures. Meta avait alors promis d’ajuster l’étiquetage pour mieux refléter la quantité d’IA utilisée et affirmé recourir à des indicateurs standard employés par d’autres éditeurs d’outils. Aucune information récente n’a cependant précisé la nature de ces signaux ni le moment et la manière dont ils sont scannés. Sollicitée, l’entreprise n’a pas donné suite. Un précédent épisode, avec l’étiquette « Fabriqué par IA » apparue en 2024, illustrait déjà ces difficultés.
Faux positifs, faux négatifs et incertitude pour les utilisateurs
Les retours d’utilisateurs décrivent à la fois des faux positifs — des photos réelles marquées « Contenu IA » — et des faux négatifs, où des images synthétiques ne sont pas détectées. Les causes évoquées diffèrent selon les cas et, dans plusieurs situations, ne montrent aucun lien direct avec de l’IA générative. Un utilisateur rapporte par exemple qu’une image délibérément « empoisonnée » a été étiquetée, alors que la version non empoisonnée du même visuel ne l’était pas. L’absence d’indications claires sur les signaux effectivement recherchés par Meta entretient la confusion, dans un contexte où les plateformes publient rarement le détail de leurs systèmes de modération afin de limiter la manipulation. Pour l’heure, des usagers disent ne pas comprendre la logique d’application des étiquettes.
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