Instinct, assistant IA : alertes sur la confidentialité

Le brief IA que les pros lisent chaque soir
Les 7 actus IA du jour, décryptées en 5 min. Gratuit.
Inclus dès l'inscription : notre sélection des meilleurs guides & comparatifs IA.
Choisis ton rythme
Gratuit · Pas de spam · Désabonnement en 1 clic
L’assistant personnel Instinct, encore limité à des tests privés, combine retours dithyrambiques et critiques sur son modèle de protection des données. Des conditions d’utilisation très larges, des incidents signalés par des testeurs et l’absence de réaction publique nourrissent le débat, tandis que des investisseurs de premier plan miseraient déjà sur la jeune pousse.
Silence public sur X et tours annoncés comme clos avec Kleiner Perkins et Conviction
L’équipe d’Instinct n’a pas répondu aux préoccupations ni aux plaintes relayées sur X et maintient un profil bas. Les sollicitations adressées à l’email principal de la startup et à Noah Shinn n’ont pas reçu de réponse à ce stade. Parallèlement, plusieurs investisseurs indiquent que Kleiner Perkins et Conviction ont investi dans la société et que ces tours de financement sont désormais clôturés. Le bot d’Instinct cite Luca Borletti, également passé par Sierra, parmi les personnes impliquées, une information qui n’a pas été confirmée.
Incidents rapportés : suppression impossible, stockage en clair, email non validé
Peter Yang a constaté qu’Instinct ne supprimait pas ses enregistrements Gmail sur demande ; il affirme que l’équipe a ensuite ajouté un outil de suppression des données externes dans les paramètres. Claire Vo rapporte qu’Instinct a continué à résumer sa boîte de réception après révocation d’accès ; le bot lui a confirmé que ses emails étaient conservés en texte clair pour des recherches ultérieures. Un autre testeur s’est inquiété en découvrant que l’agent pouvait récupérer un code d’inscription dans sa messagerie pour réserver via Resy. Alex Cohen explique avoir supprimé son compte après avoir jugé l’agent facilement « phishable ». Katie Jacobs Stanton indique qu’un email a été envoyé en son nom sans validation préalable, ce qui a rompu sa confiance ; elle dit utiliser surtout l’outil à titre personnel et avoir déconnecté son email après l’incident. Un commentateur en cybersécurité juge l’offre inacceptable d’un point de vue « cyberhealth », tout en saluant la transparence de la politique et en estimant que la responsabilité induite par les accès requis ne devrait être confiée à aucune entreprise.
Conditions d’utilisation et accès technique donnent de vastes prérogatives à l’agent
Les conditions d’Instinct accordent une licence perpétuelle et irrévocable pour accéder, utiliser, héberger, mettre en cache, stocker, reproduire, transmettre, afficher, publier, distribuer et modifier des contenus utilisateurs, y compris pour entraîner ses modèles. Elles précisent que le service peut recevoir des informations issues des appareils, comme des captures d’écran, des mouvements de curseur et des frappes clavier. L’agent est aussi autorisé à conclure des accords, engagements ou transactions au nom de l’utilisateur, avec un effet contraignant. Sur le plan fonctionnel, l’agent se connecte à l’email, aux messageries, au calendrier, et peut accéder à l’audio, à la localisation et à l’écran. Il est joignable par SMS ou via des applications de messagerie pour réaliser des tâches telles que réservations et rendez-vous, organisation d’un trajet vers l’aéroport, nettoyage de la boîte de réception, classement d’informations importantes, gestion d’achats ou recherche de vols à bas coût.
Engouement des premiers utilisateurs et marché des agents en pleine effervescence
Un utilisateur dit employer Instinct chaque jour depuis une semaine pour des réservations de voyage et de restaurants, des suivis d’emails, de la gestion CRM et même des travaux sur une data room, après avoir testé Hermes, OpenClaw, Tasklet et GrokBot qu’il juge inférieurs. Des testeurs décrivent aussi l’outil comme « magique » et l’un des lancements marquants depuis OpenClaw. Michael Mignano anticipe un impact sur les normes de sécurité grand public et une délégation croissante de mots de passe à des applications tierces, souvent sans visibilité sur leurs pratiques de stockage. Le regain d’intérêt pour l’IA personnelle s’inscrit dans une dynamique plus large : OpenClaw a gagné en popularité avant que son fondateur ne rejoigne OpenAI pour travailler sur la prochaine génération d’agents, et Poke a été racheté par Cognition.
Statut du projet et structure : test privé, San Francisco et mode furtif
Instinct reste pour l’heure limité à un test privé, ce qui explique que les critiques n’aient pas encore touché le grand public. Le projet a été initié par une petite équipe menée par Noah Shinn, auparavant chez Sierra. Basée à San Francisco, la solution est opérée par Spear Street Technology, d’après ses conditions et des dépôts en Californie, et fonctionne en mode furtif selon PitchBook.
Brief IA — L'actualité IA en français
L'essentiel de l'actualité de l'intelligence artificielle, décrypté et expliqué chaque jour.