L'UE mise 30 milliards pour ses premières gigafactories d'IA

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L'UE se lance dans la construction de gigafactories d'IA
L'Union européenne a récemment dévoilé un ambitieux projet visant à ériger des gigafactories d'IA sur le continent. Cet appel d'offres, d'une envergure sans précédent, a pour objectif de lancer la construction de ces infrastructures dès le premier trimestre 2027, avec une mise en service prévue l'année suivante. Ces installations sont conçues pour offrir une puissance de calcul colossale, essentielle pour propulser l'Europe au premier plan de l'intelligence artificielle.
L'annonce marque le début d'une nouvelle ère pour l'Europe, qui cherche à combler son retard dans le domaine de l'IA. L'Union européenne a ainsi lancé un appel d'offres massif, espérant mobiliser 30 milliards d'euros pour bâtir ses premières giga-usines d'IA. Ces installations fourniront une capacité de traitement informatique massive, indispensable pour soutenir la croissance de l'IA sur le continent.
Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission en charge du Numérique, a souligné l'importance de ce projet. Elle a déclaré que cet effort représente une étape cruciale dans l'ambition de faire de l'Europe un leader mondial de l'IA. Selon elle, l'accès à une telle capacité de traitement est une "nécessité stratégique" pour le continent.
Un financement mixte pour un projet colossal
L'appel d'offres, qui bénéficie du soutien de 18 États-membres de l'UE, dont la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne, vise à établir sept gigafactories d'IA. La clôture de cet appel est prévue pour novembre. Le projet est divisé en deux lots distincts :
- Le premier lot concerne quatre projets, chacun bénéficiant de 500 millions d'euros de fonds européens.
- Le second lot vise à développer trois giga-usines supplémentaires, encore plus puissantes, avec un financement de un milliard d'euros par projet.
Les pays participants apporteront des contributions financières similaires à celles de l'UE. Au total, l'initiative devrait mobiliser environ 10 milliards d'euros de fonds publics, auxquels s'ajouteront 20 milliards d'euros provenant du secteur privé. Les lauréats de cet appel d'offres seront sélectionnés au début de l'année prochaine, avec une mise en chantier prévue pour le premier trimestre 2027.
Défis de souveraineté et partenariats stratégiques
Les gigafactories devront être implantées au sein de l'UE et respecter des critères stricts en matière d'environnement et de souveraineté. Toutefois, pour garantir l'approvisionnement en processeurs, Bruxelles a conclu des accords avec des géants américains tels qu'AMD, Nvidia et Qualcomm. Cette décision, bien que nécessaire, soulève des questions quant à l'autonomie technologique de l'Europe. Néanmoins, l'UE espère à terme pouvoir s'appuyer sur des puces européennes.
Ces infrastructures offriront une puissance de calcul équivalente à au moins 75 000 processeurs haute performance pour chaque projet du premier lot, et 100 000 pour ceux du second. Cette capacité sera mise à disposition des entreprises, des chercheurs, des universités et d'autres organismes européens. Pour initier le processus, l'UE et les pays financeurs s'engagent à acquérir une partie de ces capacités.
La France en lice pour accueillir une gigafactory
La France a accueilli favorablement cette initiative, exprimant son désir d'héberger une giga-usine d'IA sur son territoire. Le gouvernement français a annoncé son intention de commander une capacité de calcul de 100 millions d'euros pour répondre aux besoins futurs de ses administrations publiques, y compris dans les domaines de la recherche et de la santé. Cet engagement est distinct des investissements que l'État réalise dans ses propres infrastructures de calcul.
Ce projet s'inscrit dans la stratégie plus large de l'UE visant à positionner l'Europe comme un leader en matière d'IA. Jusqu'à présent, l'Europe était à la traîne par rapport aux États-Unis et à la Chine. Grâce à un plan dévoilé l'année dernière, l'UE prévoit de mobiliser 200 milliards d'euros pour atteindre cet objectif. Au cours des deux dernières années, l'Europe a déjà mis en place 19 usines d'IA de taille plus modeste. Cet appel d'offres vise à passer à une échelle supérieure.
L'Union européenne compte sur des villes comme Paris, Amsterdam, Londres et Stockholm pour devenir des pôles technologiques majeurs, renforçant ainsi la position du continent sur la scène mondiale de l'IA.
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