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Le Kazakhstan prévoit 9 TWh pour ses data centers IA à Ekibastouz

🤖 Models & LLM·Tom Levy·

Le Kazakhstan prévoit 9 TWh pour ses data centers IA à Ekibastouz

Le Kazakhstan prévoit 9 TWh pour ses data centers IA à Ekibastouz
Key Takeaways
1Le Kazakhstan construit à Ekibastouz un vaste complexe de data centers IA alimenté par la mine de charbon de Bogatyr
2La consommation visée atteint 9 TWh par an, avec un premier centre de 50 MW prévu pour 2027 et plus de 5 millions de tonnes de charbon brûlées à terme
3Microsoft, Amazon, G42 et OpenAI s’intéressent au projet sans accords signés ; impacts environnementaux majeurs documentés, dont pollution de l’air, prélèvements d’eau et absence d’étude d’impact publiée
💡Why it mattersCe projet illustre la contradiction entre ambitions numériques et objectifs climatiques, avec des conséquences sanitaires et environnementales déjà observées localement.
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Full Analysis

À Ekibastouz, le Kazakhstan érige « Data Center Valley », un complexe de data centers destinés à l’IA, qui doit s’appuyer sur la mine de charbon de Bogatyr. La consommation pourrait atteindre 9 TWh par an, avec un premier module de 50 MW attendu en 2027. Des groupes comme Microsoft, Amazon, G42 et OpenAI manifestent un intérêt sans contrats signés. L’ampleur des besoins en eau, l’absence d’étude d’impact publiée et des gains limités sur le CO2 pour les centrales modernes alimentent les inquiétudes locales.

Air, eau, CO2 : des impacts déjà documentés et des zones d’ombre

Selon l’Agence internationale de l’énergie, les centrales au charbon modernes ne réduisent les émissions de CO2 que de 15 à 30 % par rapport aux anciennes installations. Plusieurs associations locales expriment leur préoccupation concernant la pollution de l’air dans une zone où les taux de cancers seraient supérieurs à la moyenne nationale. En 2023, l’ONG Arnika a inscrit Ekibastouz parmi les villes les plus polluées du Kazakhstan, signalant les niveaux les plus élevés de dioxyde de soufre enregistrés et une concentration de dioxyde d’azote trois fois plus importante que dans des villes similaires. Le projet doit capter plus de 2 000 m³ d’eau par jour, ce qui correspond à 300 piscines olympiques chaque année, grâce à un canal approvisionné par l’Irtych, dont le débit est déjà en baisse en raison de prélèvements accrus en amont côté chinois. Aucune étude d’impact environnemental, pourtant obligatoire, n’a été publiée à ce jour.

Calendrier et volumes : 50 MW en 2027, jusqu’à 9 TWh visés

Un premier centre de 50 mégawatts doit entrer en service en 2027, avec 280 000 tonnes de charbon brûlées chaque année dès la mise en route prévue en juin. À terme, le parc devrait consommer plus de 5 millions de tonnes de charbon par an. La consommation électrique totale pourrait atteindre 9 térawattheures par an, selon un média local, alors que le Kazakhstan ne dispose pas encore de cette capacité. Les autorités s’appuient sur une vaste mine de charbon à ciel ouvert pour fournir l’énergie nécessaire, tout en maintenant l’objectif de neutralité carbone pour 2060. Une troisième centrale, annoncée comme plus performante grâce à des « technologies avancées », est prévue entre 2029 et 2032.

Acteurs et financements : intérêts exprimés sans accords signés

Des entreprises telles qu’OpenAI, Amazon, G42 et Microsoft manifestent de l’intérêt pour le projet, mais aucun contrat n’a été officialisé. Le directeur de Kazakhtelecom, maître d’ouvrage, met en avant l’ambition de transformer le charbon local en revenus d’exportation numériques. NVIDIA doit fournir les puces pour les futurs data centers, tandis que la start-up californienne Firebird.ai copilote le projet, après avoir participé à un montage similaire en Arménie où la transparence est jugée insuffisante.

Territoire minier et risques : Bogatyr monte en puissance

Le projet s’inscrit dans le bassin houiller d’Ekibastouz, où la mine de Bogatyr, exploitée jusqu’à 300 mètres de profondeur, prévoit d’augmenter sa production de 42 à plus de 56 millions de tonnes par an d’ici 2032. Le complexe de data centers, baptisé « Data Center Valley », est en construction dans cette ville minière de 100 000 habitants de la région de Pavlodar, et doit être alimenté par cette ressource. Les amas de déchets miniers situés autour de la mine exposent à des dangers de dispersion de poussières, de pollution de l’eau et de départs de feu spontanés, un cas déjà constaté sur le site en début d’année. Le ministère de l’Énergie admet que la progression de l’industrie nationale excède la capacité actuelle de production d’électricité.

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