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Legora construit sa bibliothèque pour concurrencer LexisNexis

💼 Business & Startups·Tom Levy·

Legora construit sa bibliothèque pour concurrencer LexisNexis

Legora construit sa bibliothèque pour concurrencer LexisNexis
Key Takeaways
1Legora multiplie les accords de licence avec des éditeurs et collecte directement des lois pour bâtir sa propre bibliothèque juridique
2L’entreprise veut limiter les hallucinations de l’IA et éviter les lois obsolètes dans les dossiers produits avec ses outils
3Legora cherche à concurrencer le duopole LexisNexis–Westlaw et à combler l’écart avec Harvey
💡Why it mattersLe marché de la recherche juridique est dominé par deux acteurs historiques ; Legora tente de s’imposer comme une alternative crédible en misant sur la qualité de son corpus et de sa technologie.
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Full Analysis

La licorne suédoise Legora accélère dans la recherche juridique : anciens avocats, accords de licence et numérisation maison pour bâtir un corpus cit able. Objectif : limiter les hallucinations de l’IA et contester le duopole LexisNexis–Westlaw, tout en cherchant à rattraper Harvey.

Adoption incertaine face à l’autorité et aux habitudes

Rien ne garantit que les cabinets d'avocats désactiveront leurs comptes LexisNexis et Westlaw pour investir davantage chez Legora. Les avocats continuent d'utiliser ces bases de données par habitude, comme ils ouvriraient un document Word. Même si Legora parvenait à réunir un corpus similaire, elle ne bénéficierait pas immédiatement du même niveau d'autorité que les deux plateformes historiques. Le marché de la recherche juridique reste dominé par un duopole depuis des décennies.

Licences mondiales et chantier de numérisation

Selon Melanie Brown, Legora a signé des accords de licence avec des dizaines d’éditeurs dans le monde, dont Wolters Kluwer, et une douzaine d’autres seraient en négociation. L’entreprise ne licence pas de contenu de LexisNexis ni de Thomson Reuters, propriétaire de Westlaw. Son plan actuel est de collecter davantage de lois mondiales directement. Aux États-Unis, bien que les décisions judiciaires soient publiques, les versions citables restent enfermées dans des volumes physiques détenus par LexisNexis et Westlaw. Pour obtenir ces sources, Legora retire les reliures des livres, enlève les notes et résumés des éditeurs, numérise les pages et vérifie l’exactitude des copies numériques. Ce travail est décrit comme extrêmement fastidieux. Parallèlement, Legora élargit son corpus de jurisprudence et confie à une équipe d’anciens avocats la collecte et la cartographie des relations entre affaires et textes.

Fiabilité visée : de la "bonne loi" aux hallucinations

Melanie Brown estime que relier le logiciel de Legora à des sources vérifiées pourrait réduire le risque d’hallucinations. Une affaire est considérée comme "bonne loi" lorsqu’elle n’a pas été annulée, remplacée ou contredite et qu’elle reste fiable à citer. Legora souhaite éviter que des lois obsolètes ne se retrouvent dans les dossiers préparés avec ses outils. Les grands cabinets s’appuient déjà sur LexisNexis et Westlaw pour vérifier ce point. Citer une règle non applicable peut être embarrassant et nuire à l’affaire d’un client.

De "Big Two" à "Big Three" et la pression de Harvey

Legora affiche un plan pour rivaliser avec LexisNexis et Westlaw et ambitionne de transformer les "Big Two" en "Big Three". Elle cherche aussi à combler l’écart avec Harvey, une startup mieux financée qui cible les cabinets et services juridiques d’entreprise. Les deux principaux acteurs historiques ont consacré d'importantes ressources ces dernières années au développement de solutions d’analyse et de rédaction, dont la performance fait régulièrement l’objet de débats sur Internet et lors des échanges de Legora avec des clients potentiels. D’après Melanie Brown, de nombreux cabinets font souvent part de leur mécontentement face à la nécessité de choisir entre disposer des meilleures bases de données juridiques ou des outils technologiques les plus avancés. Legora, considérée comme l'une des licornes les plus valorisées et les mieux dotées en financements du secteur, accentue ainsi sa concurrence directe avec les acteurs déjà établis. Melanie Brown, directrice senior des données juridiques, a travaillé chez Rlex, propriétaire de LexisNexis, avant de rejoindre Legora cette année.

Une ambition totale pour le corpus et un pari produit

Melanie Brown vise à terme que l’ensemble de l’univers juridique soit accessible via Legora. Elle affirme que les systèmes d’IA reconnaissent mal les limites de leurs connaissances et "ont besoin de tout pour raisonner efficacement". Legora affirme vouloir collecter les données juridiques mondiales et renforcer sa présence dans le secteur. L’entreprise parie que l’investissement dans sa propre bibliothèque offrira une meilleure expérience aux avocats, ce qui constituerait un gain même si le duopole ne reculait pas.

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