Lescure : l’IA européenne ne doit pas dépendre de Mistral

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En visite en Californie, Roland Lescure appelle à bâtir un écosystème européen de l'IA qui ne dépende pas d'un seul acteur. Le gouvernement renforce en parallèle son partenariat avec Mistral, tandis que le ministre souligne l'imprévisibilité de décisions américaines pouvant restreindre l'accès aux modèles les plus puissants.
Partenariat public accru et risque d’accès restreint aux modèles
Le ministère de l’Économie a indiqué avoir intensifié une collaboration non exclusive avec Mistral, comprenant de nouvelles phases de test dans différents ministères, en particulier dans le domaine de la cybersécurité. Le 18 août, David Amiel, ministre du Budget, avait fait savoir que l’État privilégierait des prestataires d’IA « souverains » tels que Mistral, en écartant OpenAI, à la suite de la cyberattaque qui a visé l’administration fiscale. Au mois de juin, les autorités américaines ont imposé à Anthropic, à l’origine de Claude, de suspendre durant deux semaines l’accès à ses modèles les plus avancés pour tous les ressortissants étrangers. Lorsque la question du danger qu’une administration Trump limite l’accès des Européens aux modèles les plus performants lui a été posée, Roland Lescure a simplement répondu : « imprévisibilité ».
Lescure refuse d’orienter Mistral mais réclame un écosystème élargi
Le ministre estime que la souveraineté européenne en IA ne peut pas reposer uniquement sur Mistral et déclare : « Si l’IA européenne se résume à Mistral, alors nous sommes fichus ». Il défend le développement d’un écosystème complet plutôt que la concentration des efforts sur une seule entreprise. Interrogé sur l’éventualité que Mistral privilégie l’infrastructure de calcul plutôt que les modèles de pointe, il a refusé de se prononcer, affirmant que les entreprises agissent comme elles le peuvent et comme elles le veulent, tout en saluant Mistral comme une entreprise dont on peut être fiers. Selon lui, les modèles américains de pointe sont en avance, les modèles chinois ne sont pas loin derrière, et il se passe des choses en Europe qui pourraient aussi conduire à des développements. Ces déclarations ont été faites à des journalistes à San Francisco un mercredi.
Mistral, ses atouts actuels et la concurrence organisée en Europe
Mistral est fréquemment présentée comme l’unique société européenne à mettre à disposition des modèles de tout premier plan, même si ses résultats demeurent inférieurs à ceux de ses rivaux américains et chinois. En juin, la Commission européenne a attribué à un groupement italo-allemand, sans la participation de Mistral, la mission de concevoir un modèle européen de haut niveau destiné aux supercalculateurs publics de l’Union européenne. La valorisation de Mistral approche les 12 milliards d’euros, l’État y étant indirectement actionnaire par l’intermédiaire de Bpifrance. Cette année, la société a accru ses investissements dans les infrastructures, en ouvrant un premier data center sur le territoire français et en signant un partenariat commercial avec Microsoft, tout en poursuivant la publication de ses propres modèles.
Un déplacement tourné vers OpenAI, Stripe et les investisseurs
Le ministre est en déplacement dans la Silicon Valley, avec des rencontres prévues avec des investisseurs et des entreprises d’IA comme OpenAI et Stripe. Il prévoit notamment de se rendre au siège d’OpenAI durant son séjour en Californie. Dans ce contexte, il estime que l’écosystème européen de l’IA doit davantage se développer.
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