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Mercor et Micro1 : l'IA bouscule le métier d'avocat en 2023

🤖 Models & LLM·Tom Levy·

Mercor et Micro1 : l'IA bouscule le métier d'avocat en 2023

Mercor et Micro1 : l'IA bouscule le métier d'avocat en 2023
Key Takeaways
1Jessica Crutcher, avocate, forme des IA pour Mercor, créant des scénarios juridiques complexes.
2Plus d'un milliard de personnes utilisent des chatbots pour des conseils juridiques chaque mois.
3Harrison Margolin et Charley Kelsey voient l'IA comme une opportunité de transformation professionnelle.
💡Why it mattersL'IA redéfinit le rôle des avocats, automatisant les tâches routinières et modifiant la pratique du droit.
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Full Analysis

L'émergence des formateurs d'IA dans le domaine juridique

Jessica Crutcher, arbitre de profession, se consacre à une activité secondaire intrigante : la formation des modèles d'intelligence artificielle. Après ses journées passées à arbitrer des litiges, elle se plonge dans l'univers de l'IA grâce à Mercor, une entreprise spécialisée dans le recrutement d'experts pour enseigner aux systèmes d'IA. Dans son bureau à domicile, elle imagine des scénarios juridiques complexes que les machines peinent encore à résoudre. Une semaine, elle conçoit un cas sur le commerce du pétrole et du gaz, la suivante, elle rédige un dossier d'asile. Elle interroge les modèles et évalue leurs réponses, cherchant à affiner leur compréhension.

Les avocats sont de plus en plus conscients que l'IA pourrait remplacer une partie de leur travail. Cependant, avant que cela ne devienne une réalité, beaucoup d'entre eux sont engagés pour enseigner à ces systèmes. Crutcher fait partie d'un nombre croissant de professionnels du droit qui aident à former les systèmes sur lesquels des millions de personnes comptent de plus en plus. Des entreprises comme Mercor et Micro1 ont recruté des milliers d'avocats, de juges à la retraite et de parajuristes pour cette tâche. Ces professionnels passent souvent leurs soirées et week-ends à élaborer des énigmes juridiques complexes, à évaluer les réponses des chatbots et à montrer aux modèles comment pensent les avocats expérimentés.

L'impact des chatbots sur le secteur juridique

Aujourd'hui, plus d'un milliard de personnes utilisent des chatbots tels que ChatGPT et Claude chaque mois pour des tâches allant de la rédaction d'e-mails à la résolution de questions juridiques complexes, telles que les divorces ou les conflits entre locataires. Les entreprises qui développent ces systèmes cherchent à rendre leurs réponses aussi précises que possible. Pour ce faire, elles embauchent des avocats pour apporter un jugement professionnel que l'Internet ne peut pas fournir.

Pour Crutcher, ce travail ne se résume pas à une question de salaire, mais plutôt à rester connectée à une technologie qui transforme son domaine. Les investisseurs injectent des milliards dans des startups qui cherchent à faire pour les avocats ce que des outils comme Cursor et Lovable ont fait pour les programmeurs. Ces logiciels apprennent à examiner des contrats, à rechercher des jurisprudences et à gérer d'autres tâches routinières qui, pendant des décennies, ont été le pain quotidien des cabinets d'avocats. Crutcher affirme que suivre l'évolution de l'IA est essentiel pour rester pertinente dans sa profession.

Une opportunité pour les professionnels du droit

Harrison Margolin, un autre avocat, a également commencé à former des modèles via Micro1. Sa carrière juridique l'avait déjà rapproché de la Silicon Valley, où il conseillait des entreprises de semi-conducteurs et des sociétés de logiciels. Cependant, le cabinet d'avocats où il travaillait interdisait l'utilisation de l'IA pour les affaires clients, et beaucoup de ses collègues voyaient cette technologie comme une mode passagère. Margolin, lui, percevait une opportunité différente. Leur réticence lui a donné "plus de temps pour prendre de l'avance".

Après avoir découvert une annonce de recrutement de Micro1 sur LinkedIn, Margolin s'est inscrit et a rapidement été rémunéré pour tester des modèles de pointe. Une de ses missions consistait à faire du "red teaming", créant des scénarios juridiques suffisamment complexes pour que les modèles échouent. Son défi le plus ardu fut une fusion transfrontalière remplie de conflits. Il a rédigé de faux documents juridiques et une grille de notation, rendant l'exercice de plus en plus difficile. Micro1 continuait de renvoyer le modèle avec la même note : le modèle n'était pas suffisamment déconcerté.

Les défis de l'enseignement du raisonnement juridique à l'IA

Cet exercice met en lumière l'un des plus grands défis de l'IA juridique. Dans le domaine de la programmation, les modèles peuvent apprendre à partir de milliards de lignes de code source public et vérifier immédiatement si le code fonctionne. En revanche, enseigner le raisonnement juridique est beaucoup plus complexe, explique Bertie Vidgen, chercheur chez Mercor. Une grande partie des connaissances juridiques mondiales est inaccessible, cachée derrière des paywalls ou des accords confidentiels. Même les documents publics ne révèlent que rarement pourquoi les avocats ont pris certaines décisions. C'est là que les experts humains entrent en jeu.

Plus récemment, Margolin a changé de stratégie pour rédiger des "réponses idéales", des réponses que les modèles peuvent apprendre plutôt que d'essayer de les tromper pour qu'ils échouent. Isabel Yishu Yang, responsable de projets spéciaux chez Micro1, décrit ce travail comme "transformer les avocats en professeurs de droit".

La rémunération et la motivation des avocats formateurs

La rémunération pour ce type de travail est respectable, bien qu'elle ne rivalise pas avec les sommes astronomiques des grands cabinets. Mercor propose des tarifs allant de 100 à 200 dollars de l'heure pour les experts juridiques. Micro1 indique que la compensation varie en fonction des niveaux de seniorité et des types de rôles.

Les avocats interrogés par Business Insider ont tous affirmé que l'argent était secondaire par rapport à la compréhension de l'évolution de leur profession. Charley Kelsey, avocat spécialisé en divertissement, est arrivé à la même conclusion. Alors qu'il travaillait chez Lionsgate, il n'était pas autorisé à utiliser l'IA car les clients l'interdisaient. Plutôt que d'attendre que l'industrie juridique adopte la technologie, il a quitté son poste pour créer son propre cabinet et a commencé à prendre des projets via Micro1.

L'impact de l'IA sur la pratique du droit

Une mission récente de Kelsey consistait à créer un jeu vidéo imaginaire, avec des captures d'écran, des logos, des accords de licence et des affiches, puis à demander au modèle de démêler les problèmes de droits d'auteur et de marques qu'il avait intégrés dans les documents. Ce travail a changé de manière inattendue sa pratique du droit.

Kelsey a déclaré que les avocats passent souvent d'une question du client à une réponse basée sur l'instinct et l'expérience. Former l'IA, a-t-il dit, l'a forcé à ralentir et à examiner chaque étape de ce raisonnement. Il se souvient d'un client demandant si un ours empaillé pouvait être protégé par le droit d'auteur. Son instinct était de répondre non. Mais après avoir analysé la question de la même manière qu'il enseigne aux modèles de le faire, il a découvert des jurisprudences considérant l'empaillage comme une sculpture — et donc potentiellement éligible à la protection par le droit d'auteur.

Finalement, ce travail secondaire a cessé d'être un simple complément. En juin, Kelsey a abandonné la pratique du droit à temps plein pour rejoindre Micro1. Il ne croit pas qu'il automatise les avocats hors de l'existence. L'IA peut rédiger des contrats plus rapidement ou résumer des recherches juridiques, mais elle ne peut toujours pas rassurer des clients anxieux, lire l'ambiance lors de négociations de règlement ou plaider devant un juge.

Ce que l'intelligence artificielle va réduire, soutient-il, ce sont les tâches qui ne nécessitaient pas beaucoup de jugement au départ.

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