OpenAI nie des pressions, 10 000 agents sur Navier-Stokes

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Tristan Buckmaster affirme avoir subi des pressions d’OpenAI autour d’une preuve liée aux équations de Navier–Stokes, et rapporte des propositions visant à écarter son co‑auteur employé d’Anthropic. OpenAI conteste et détaille un dispositif massif ayant produit une preuve formalisée dans Lean, chiffrée en dizaines d’heures de calcul et en « millions de dollars ». Un de ses ingénieurs anticipe par ailleurs une chute rapide des coûts jusqu’à l’abonné grand public.
OpenAI situe l’entraînement au 28 août et revendique une solution le dimanche matin
Sébastien Bubeck fait savoir qu’OpenAI a lancé l’entraînement d’un modèle aux compétences mathématiques avancées le 28 août. Après avoir pris connaissance de rumeurs évoquant des avancées chez Anthropic, il déclare que la société aurait consacré plus de ressources au traitement des équations de Navier–Stokes. Il précise que, d’après lui, l’équipe avait obtenu une solution définitive le dimanche matin, déjà intégrée dans l’assistant de preuve Lean. Tristan Buckmaster indique avoir interrogé sur le fait de savoir si ce modèle avait été entraîné sur ou avait pu accéder aux sessions Codex où ses brouillons figuraient ; il rapporte que la réponse reçue était que le modèle ne consultait pas les données des utilisateurs. Concernant l’entraînement en particulier, il mentionne n’avoir obtenu aucune réponse.
10 000 agents coordonnés en 88 heures et un coût en « millions de dollars »
OpenAI a communiqué des résultats indiquant qu’une preuve avait été générée par environ 10 000 agents d’IA travaillant ensemble sur une période de 88 heures. L’entreprise qualifie le modèle interne utilisé de nettement plus performant que GPT‑6 Astra et indique que la preuve a été formalisée dans Lean. Mark Chen évalue le coût de calcul de cette opération à plusieurs « millions de dollars ».
Buckmaster décrit des propositions de publication et des messages de pression
Tristan Buckmaster affirme qu’OpenAI a formulé deux propositions sur la manière de publier les résultats : d’abord que son duo annonce un résultat d’Euler avant une publication d’OpenAI le lendemain les présentant comme « les humains les plus proches du problème », puis qu’il présente seul le résultat de Navier–Stokes en citant un modèle interne d’OpenAI. Il rapporte que Sébastien Bubeck a, à deux reprises, souhaité retirer Levent Alpöge de la liste des auteurs en raison de son emploi chez Anthropic, et lui a lancé : « Pourquoi voudrais‑tu ruiner ta carrière ? ». Buckmaster dit avoir refusé ces pistes et menacé de rendre l’échange public si OpenAI publiait comme proposé. Il ajoute que Bubeck lui a écrit : « Si tu ne veux pas que je sois gentil, alors je n’ai pas à l’être », et qu’un message séparé à Alpöge mettait en cause sa rationalité, ce à quoi Alpöge n’a pas donné suite. Buckmaster précise ne pas accuser et ne pas avoir vu la preuve d’OpenAI, ni savoir si leurs données ont été utilisées.
OpenAI conteste et reconnaît la priorité de Buckmaster et Alpöge
Lors d’un point de presse, OpenAI a contesté les allégations de Tristan Buckmaster. Sébastien Bubeck déclare qu’aucun chercheur ni agent d’OpenAI n’a vu le travail des deux mathématiciens avant sa mise en ligne publique la veille au soir. Il affirme reconnaître la priorité de leurs résultats et les félicite pour leur réalisation. Ven Chandrasekaran ajoute que la solution d’OpenAI diffère fondamentalement de l’approche de Buckmaster et Alpöge.
Des coûts en chute et une diffusion anticipée aux abonnés en 2026
Noam Brown souligne qu’atteindre 87,5 % sur ARC‑AGI avec o3 avait représenté une dépense d’environ 500 000 dollars, tandis qu’Astra serait désormais en mesure de faire mieux pour un coût avoisinant 20 dollars. Il indique que les Mathématiques Olympiades 2025 ont mobilisé d’importantes ressources chez OpenAI et Google DeepMind, et considère que, d’ici 2026, un abonné ChatGPT à 20 dollars pourrait atteindre ce niveau, écrivant qu’une IA capable de résoudre de tels exercices pourrait être disponible dans un an. Buckmaster, de son côté, soutient qu’un mathématicien équipé d’un modèle de langage accomplit désormais en un mois ce qui demandait bien plus de temps, parlant d’un « moment Deep Blue‑Kasparov ». Début septembre, des rumeurs de percée ont circulé et, selon lui, Alpöge a appris que des informations sur leur travail avaient été transmises à OpenAI. Buckmaster précise avoir pris contact avec un mathématicien de la société le 3 septembre afin de clarifier l’aspect personnel de la collaboration ; il rapporte qu’OpenAI a répondu dans la journée, a sollicité des précisions et proposé un soutien, puis a insisté pour accélérer le rythme avec des relances le vendredi et le dimanche à 12 h 45. Il indique que ce dimanche-là, Bubeck a participé à des appels où OpenAI a fait savoir qu’un modèle interne avait généré une preuve d’environ 100 pages pour les Navier–Stokes avec forçage, d’abord en mentionnant une intervention humaine très limitée avant d’évoquer une équipe, des étapes intermédiaires et un calcul conséquent. Buckmaster considère que le fait d’évoquer les Navier–Stokes forcés laissait entendre une démarche analogue à la leur et rappelle que tous leurs brouillons avaient été enregistrés dans des sessions Codex. Il relate qu’OpenAI a, selon lui, affirmé indépendamment avoir produit une preuve d’une centaine de pages suivant un chemin inhabituel similaire. La phrase selon laquelle OpenAI n’aurait pas encore répondu aux allégations coexiste avec les démentis exprimés lors du point de presse.
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