OpenAI : un ex-employé décrit un codage plus solitaire

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En deux mois chez OpenAI, Kasra Kyanzadeh dit avoir découvert un quotidien fragmenté et solitaire avec des agents d’IA, jusqu’à l’épuisement. À 33 ans, il a quitté l’entreprise pour tenter la réalisation, insistant sur le fait qu’il ne visait pas OpenAI mais la manière de coder avec des agents. Son constat rejoint d’autres retours de développeurs et une responsable d’Anthropic, qui évoquent une collaboration affaiblie.
Des tâches morcelées et plus de relecture, un quotidien épuisant
Kasra Kyanzadeh explique que les tâches s’enchaînent par petites unités de quelques minutes, une « pire durée » selon lui, insuffisante pour faire quelque chose de significatif mais suffisante pour pousser à passer à une autre tâche. Il dit alors lancer un autre agent, se retrouver à jongler avec cinq ou six fils différents, ou simplement ouvrir Twitter. Il mentionne aussi le temps passé à revoir le code et à vérifier les erreurs. Selon lui, la part de temps consacrée à la relecture a augmenté, une activité que la plupart n’ont jamais appréciée. L’ensemble de ce mode de travail est, dit-il, épuisant.
Moins de collaboration : des agents qui isolent les programmeurs
Kasra Kyanzadeh soutient que les agents d’IA permettent à un seul ingénieur de porter une fonctionnalité entière, ce qui réduit la collaboration et la satisfaction partagée du « nous avons accompli cela ensemble ». Il souligne qu’OpenAI proposait des moments conviviaux, comme des happy hours, et loue les équipes, mais estime que ces activités ne compensent pas lorsque le travail se résume à des projets individuels. Il résume son ressenti par une formule : « les liens humains se forment mieux à travers le stress ». Ce constat n’est pas isolé. Des développeurs rapportent une forme de paralysie liée à l’IA, et Fiona Fung, responsable de l’ingénierie chez Anthropic, affirme que les agents d’IA rendent les programmeurs de l’entreprise plus solitaires. Kyanzadeh qualifie, de son côté, le codage en IA de « plus solitaire » et « mentalement épuisant ».
Deux mois chez OpenAI puis un cap vers le cinéma
Arrivé en juin dans l’équipe chargée de l’application de bureau Codex, Kasra Kyanzadeh n’y est resté que deux mois. À la mi-août, il dit s’être senti fatigué et épuisé, puis a quitté OpenAI pour tenter la réalisation, un projet de longue date. Il affirme que l’équipe a été compréhensive et indique avoir terminé son projet avant de partir. Il précise ne pas incriminer OpenAI mais la manière de coder avec des agents, jugeant qu’OpenAI est même sous-estimée en tant qu’entreprise. Il dit avoir manqué la coopération quotidienne et le travail avec d’autres, tout en saluant l’expertise présente chez OpenAI. Son regard sur les outils a évolué : après avoir fondé en 2024 Lightpage, à l’« ère des modèles de complétion d’onglets » qui ôtaient beaucoup de syntaxe sans dispenser de réfléchir à l’architecture, il affirme qu’en décembre le codage a « glissé » et que les agents permettent à une seule personne de posséder une fonctionnalité entière. Il présente son passage chez OpenAI comme une expérience pour ressentir ce que signifie construire à grande échelle dans cette nouvelle ère, mais dit ne plus avoir le sentiment de faire son meilleur travail. Auparavant, il avait rejoint Airtable quand l’entreprise comptait cinq employés, puis Watershed à ses débuts, avant de lancer Lightpage.
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