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Anthropic ne cantonne plus ses modèles à la simulation : l’entreprise confirme un laboratoire où Claude exécute des tâches de biologie, encadrées par des humains. L’accès public reste bridé, mais un programme de vérification ouvre une voie plus permissive aux chercheurs, tandis que la direction fixe un horizon de 5 à 10 ans pour traiter la majorité des maladies.
Dario Amodei vise 5 à 10 ans pour traiter la majorité des maladies
Dario Amodei, dirigeant d’Anthropic, estime que l’intelligence artificielle pourrait permettre de traiter la majorité des maladies dans un délai de 5 à 10 ans. Il évoque son expérience personnelle, marquée par la perte de son père d’une maladie qui a été guérie quelques années après son décès, et par sa propre survie à un cancer qui aurait été incurable il y a cinquante ans. Des laboratoires ont déjà attribué à l’IA des avancées notables, comme la découverte au Royaume-Uni d’une nouvelle forme de vaccin qui pourrait prévenir de futures pandémies, ou le développement d’un médicament contre le vieillissement. Ces avancées s’ajoutent à la perspective de nouveaux traitements pour des maladies rares.
Un laboratoire où Claude manipule des instruments, avec supervision humaine
Anthropic a confirmé disposer d’un laboratoire où ses modèles d’IA, dont Claude, sont utilisés pour piloter des tâches physiques en biologie sous supervision humaine. Il est rapporté que l’IA ne se limite pas à des calculs ou des simulations, mais contrôle aussi des équipements de laboratoire. En août, Anthropic a présenté le protocole Model Hardware Standard, actuellement en préversion, qui sert d’interface pour permettre à l’IA de manipuler des instruments physiques en laboratoire ou en usine. Ce protocole complète le MCP, qui permet aux modèles de langage d’interagir avec des applications ou des services en ligne. Eric Kauderer-Abrams, responsable de la science de la vie chez Anthropic, précise qu’une partie du travail est réalisée dans les locaux de l’entreprise et une autre avec des partenaires externes, tout en soulignant que le travail pratique en laboratoire reste essentiel.
Capacités publiques restreintes et accès vérifié pour la biologie
Pour limiter les risques d’utilisation malveillante en biologie, Anthropic a restreint certaines capacités de Claude Mythos dans la version grand public. La société a aussi mis en place le programme Life Sciences Verification, qui offre à certains chercheurs un accès à une version de son IA avec moins de restrictions. De telles mesures sont prises alors que les IA les plus avancées pourraient servir à la fabrication d’armes biologiques, et que les modèles développés par Anthropic progressent dans ce secteur.
Objectif : des découvertes expérimentales, pas seulement des simulations
Anthropic met en garde contre les risques biologiques liés à l’IA, mais utilise aussi ses propres modèles pour mener des expériences en laboratoire. L’entreprise vise à exploiter Claude pour réaliser de nouvelles découvertes scientifiques, en explorant l’automatisation de tâches physiques par des modèles capables de manipuler des instruments, au-delà des calculs et recherches sur ordinateur. Anthropic rappelle que l’impact d’une technologie dépend de ses usages.






