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Google Chrome est actuellement sous le feu des critiques après la découverte d'un téléchargement silencieux d'un modèle d'intelligence artificielle sur les ordinateurs des utilisateurs. Ce modèle, pesant environ 4 Go, est installé sans avertissement préalable, selon les révélations d'Alexander Hanff, un chercheur en sécurité connu sous le nom de "That Privacy Guy". Hanff a découvert que ce téléchargement s'effectue en arrière-plan, sans le consentement explicite des utilisateurs.
Le fichier téléchargé, nommé "weights.bin", est associé à Gemini Nano, un modèle d'IA allégé développé par Google. Selon Hanff, Google Chrome décide de manière autonome quels appareils sont compatibles et initie le téléchargement sans intervention de l'utilisateur. Même si le fichier est supprimé, il se réinstalle automatiquement à moins que certaines options expérimentales ne soient désactivées ou que le navigateur soit désinstallé.
Pour vérifier ses soupçons, Hanff a mené une expérience sur un Mac avec un profil Chrome vierge. Il a observé que le navigateur créait un dossier pour le modèle et téléchargeait les 4 Go en arrière-plan en environ quinze minutes, alors que l'ordinateur semblait inactif. Chrome évalue les capacités de l'appareil avant de procéder, indiquant une sélection automatique des appareils compatibles.
Implications légales et environnementales
Cette pratique pourrait enfreindre les réglementations européennes, notamment le RGPD et la directive ePrivacy, qui exigent une transparence sur le stockage des données. Hanff souligne que le problème réside dans l'absence de consentement éclairé de l'utilisateur. Il évoque également l'impact environnemental potentiel de cette pratique.
À hauteur de 100 millions d'appareils, soit environ 3 % des utilisateurs de Chrome, le transfert représenterait 400 pétaoctets de données, une consommation énergétique de 24 GWh et près de 6 000 tonnes de CO₂ équivalent. Si l'on passe à 500 millions d'appareils, soit environ 15 % des utilisateurs, les volumes explosent avec 2 exaoctets de données transférées, 120 GWh d'énergie consommée, et environ 30 000 tonnes de CO₂ équivalent. Enfin, à l'échelle d'un milliard d'appareils, soit environ 30 % des utilisateurs de Chrome, les chiffres atteignent 4 exaoctets de données, 240 GWh d'électricité utilisée, et près de 60 000 tonnes de CO₂ équivalent.
Conséquences pour les utilisateurs
Pour les utilisateurs, un téléchargement de 4 Go peut être problématique, surtout avec des forfaits de données limités ou sur des réseaux mobiles coûteux. Dans certains pays, cela pourrait entraîner des coûts imprévus, accentués par le manque d'information préalable. Un tel téléchargement peut sembler anodin avec une connexion fibre illimitée, mais il devient beaucoup plus problématique dans d'autres contextes.
Une tendance inquiétante chez les géants de la tech
Cette affaire s'inscrit dans une série de critiques envers les grandes entreprises technologiques, notamment Google et Anthropic. Hanff accuse ces entreprises de déployer leurs technologies sans explications claires, transformant les appareils des utilisateurs en plateformes de déploiement plutôt qu'en outils sous leur contrôle. Cette approche rappelle les "dark patterns" dans les logiciels, où certaines fonctionnalités sont activées par défaut et difficiles à désactiver.
D'après l'analyse de Hanff, l'arrivée de l'IA embarquée ne corrige pas cette tendance, elle risque même de la renforcer. Google n'a pas encore répondu en détail à ces accusations, mais pourrait justifier ces téléchargements par des besoins fonctionnels, notamment pour permettre des traitements d'IA en local, censés améliorer la confidentialité.


