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Une croissance fulgurante qui dépasse les attentes
Lorsque Dario Amodei, PDG d'Anthropic, a pris la parole à la conférence Code With Claude à San Francisco le 6 mai, il a surpris l'audience avec des chiffres impressionnants. En effet, les revenus annualisés de l'entreprise ont été multipliés par 80 au premier trimestre 2026, atteignant 44 milliards de dollars. Cette croissance dépasse largement les prévisions initiales qui tablaient sur une multiplication par 10, un rythme que l'entreprise avait maintenu depuis ses débuts.
Des infrastructures sous pression
Anthropic avait initialement calibré ses infrastructures pour une croissance annuelle de 10x. En 2022, les revenus étaient de 10 millions de dollars, atteignant 100 millions en 2023, puis un milliard fin 2024. En février 2026, les revenus ont bondi à 14 milliards, puis à 19 milliards en mars, pour finalement dépasser les 30 milliards début avril. Selon le cabinet Semi Analysis, le run-rate actuel dépasserait 44 milliards de dollars, ce qui équivaut à 96 millions de nouveaux revenus par jour pendant plusieurs mois.
Claude AI : le moteur de l'ascension
L'accélération de cette croissance est en grande partie due à Claude Code, un outil de programmation assistée lancé en mai 2025. Ce produit a généré à lui seul 2,5 milliards de revenus annualisés depuis février. Les ingénieurs logiciels ont été les premiers à adopter massivement cette technologie, ce qui a doublé le nombre d'utilisateurs actifs hebdomadaires depuis janvier. Cependant, cette popularité a entraîné des ralentissements aux heures de pointe et des quotas atteints plus vite que prévu, affectant des clients comme AMD qui ont documenté une dégradation sur près de 7 000 sessions Claude Code.
Une course effrénée aux ressources informatiques
Pour absorber cette demande croissante, Anthropic a signé des contrats d'infrastructure à une cadence inédite. L'entreprise a conclu un accord pour cinq gigawatts avec Amazon, dont un gigawatt doit être livré avant fin 2026, et cinq autres gigawatts avec Google et Broadcom à partir de 2027. De plus, Anthropic a sécurisé une capacité Azure de 30 milliards avec Microsoft et NVIDIA, et investi 50 milliards avec Fluidstack. Un accord avec SpaceX pour l'intégralité du datacenter Colossus 1 à Memphis a également été conclu, offrant 300 mégawatts et plus de 220 000 GPU NVIDIA.
Anthropic ne possède aucun datacenter et loue du calcul chez ses propres investisseurs et concurrents, ce qui souligne une dépendance structurelle. Chaque TPU mobilisé par Claude est un TPU indisponible pour Gemini, et chaque Trainium utilisé est un Trainium en moins pour Amazon Bedrock.
Valorisation et défis futurs
Sur le plan financier, Anthropic est en train de négocier une levée de fonds de 50 milliards de dollars, avec une valorisation potentielle de 900 milliards, ce qui la placerait devant OpenAI, valorisée à 852 milliards lors de sa dernière levée en mars. Bien que le run-rate annualisé soit impressionnant, il ne garantit pas un chiffre d'affaires réel. Un mémo interne d'OpenAI a estimé que 8 milliards de ces revenus pourraient être gonflés par la comptabilisation brute des commissions cloud. Cependant, les marges brutes d'inférence d'Anthropic ont grimpé de 38 % à plus de 70 % en un an, un signe de rentabilité rare dans le secteur.
Pour les utilisateurs, l'effet immédiat de cette croissance se traduit par une augmentation des quotas. Anthropic a doublé les limites de Claude Code sur les plans payants et supprimé les plafonds aux heures de pointe pour les abonnés Pro et Max. Reste à voir si l'infrastructure pourra suivre cette promesse ambitieuse.