Tu suis la course aux modèles IA ?
Chaque sortie (GPT, Claude, Gemini, Mistral…) décryptée le soir même, en 5 min. Gratuit.
Inclus dès l'inscription : notre sélection des meilleurs guides & comparatifs IA.
Choisis ton rythme
Gratuit · Pas de spam · Désabonnement en 1 clic
Le service derrière ChatGPT dit avoir coupé l'accès à deux opérations d'influence élaborées, l'une liée à la Russie et l'autre à l'Iran. Les équipes décrivent de faux journalistes, un think tank en Amérique latine et un usage intensif de l'IA pour des rapports internes, avec un niveau de percée inédit pour l'opération russe.
Une opération russe classée Catégorie 5 et des contenus publiés dans la presse
L'opérateur des modèles évalue l'opération d'origine russe en Catégorie 5 sur l'IO Breakout Scale, de 1 à 6, et indique qu'il s'agit de la première de ce niveau qu'il a perturbée depuis le début de ses rapports. L'opération iranienne est créditée de la Catégorie 4. Les deux campagnes ont réussi à faire publier une partie de leur production dans des médias grand public, au-delà des réseaux sociaux. Sur les 30 opérations clandestines exposées en deux ans et demi, celles qui visent les médias établis tendent à atteindre les plus fortes portées et impacts. Des indices en sources ouvertes suggèrent en outre que des intox de l'opération russe ont circulé au point de déclencher des vérifications des faits et des démentis officiels, et un récit attribué au Pérou aurait alimenté des tensions publiques entre l'Ukraine et la Pologne.
Ce que l’IA a permis et comment les opérateurs s’en sont servis
Dans les deux cas, l’IA a surtout servi à rédiger des rapports internes, avec un recours encore plus marqué côté russe, et des méthodes présentées comme douteuses pour gonfler l’efficacité. Les opérations ressemblaient à des dispositifs d’influence d’avant l’IA, que les modèles ont rendu plus aisés à opérer. L’IA apporte échelle, efficacité, aisance linguistique et capacité éditoriale, ouvrant la voie à l’exploitation d’intermédiaires non avertis comme des employés ou des rédacteurs, et à une diffusion auprès de publics ignorant les véritables commanditaires. Ces campagnes illustrent la sophistication des identités et entités de façade. L’acteur souligne que la compréhension des vulnérabilités exploitées est essentielle pour maintenir des défenses organisationnelles robustes. La nature clandestine rend toutefois ces montages fragiles face à une divulgation responsable ; des précédents comme Alice Donovan et PeaceData ont cessé après exposition, et les rapports visent à faciliter la recherche et la perturbation ultérieures.
Cas russe "Dark Clark" : comptes bloqués, SRC et relais locaux
Un groupe de comptes ChatGPT provenant de Russie a été interdit. Les utilisateurs visaient des pays d’Amérique latine, avec un volume d’activité contre la réputation de l’Ukraine et des tentatives d’influence politique, notamment en Argentine et en Bolivie. La plupart opéraient en russe, un en espagnol tout en semblant localisé en Russie. Des informations ont été partagées avec des autorités compétentes. Les tâches confiées aux modèles allaient de la rédaction de rapports internes à la production de contenus, jusqu’au suivi de performance d’une plateforme de recherche autoproclamée, le Centre de recherche sociale (SRC). Les opérateurs semblaient contrôler le SRC via l’identité fictive Mia Clark, d’où le surnom Dark Clark, et utilisaient des VPN en l’absence d’accès autorisé depuis la Russie.
Rapports internes, Politologie et cibles en Amérique latine
Les rapports internes produits à l’aide de ChatGPT détaillaient des campagnes menées à travers l’Amérique latine, avec trois axes : discréditer l’Ukraine et le recrutement de ses forces armées, interférer en politique intérieure notamment en Bolivie et en Argentine, et piloter le SRC. Dans la majorité des cas, les modèles ont servi à documenter plutôt qu’à générer des contenus de campagne. Les documents décrivaient des tactiques contre l’Ukraine et contre des dirigeants nationaux, dont les présidents d’Argentine, de Bolivie et d’Équateur, des tentatives de duper des locaux pour des actions exploitables, et des faux dossiers "fuités" revendiqués. Certaines intox ont été reliées en sources ouvertes à Politologie ou La Compania, présentées comme successeurs du groupe Wagner fondé par Evgueni Prigojine. Les opérateurs ont fréquemment demandé des traductions ou explications de rapports publics sur Politologie et Wagner.
Atteinte opérationnelle inédite et gestion d’un think tank de façade
L’opération semble avoir recruté à leur insu des individus en Amérique latine pour travailler pour le SRC. Des décisions sur rémunérations, embauches et licenciements figurent dans les rapports, suggérant un contrôle de l’entité. Les salariés concernés n’auraient pas su qu’ils collaboraient avec un groupe russe. Contrairement à un autre think tank lié à la Russie, le SRC aurait produit une majorité de contenus originaux grâce à ces recrues, ce qui en fait la tentative de façade la plus complexe perturbée par l’acteur sur deux ans et demi. Des indications publiques laissent penser que certaines intox ont eu une diffusion suffisante pour déclencher vérifications et démentis officiels.
Cas iranien : sept faux journalistes et commentaires coordonnés
Côté iranien, sept profils de "journalistes" ont servi à démarcher des titres en ligne de petite et moyenne taille dans plusieurs pays, avec une production d’articles longs et des lots de commentaires sur des thématiques liées au conflit USA-Iran. La démarche rappelle des précédents connus comme Alice Donovan. Cette opération a été classée en Catégorie 4 et a, elle aussi, réussi à faire publier une partie de ses contenus dans des médias généralistes.
Exemples revendiqués : Argentine, Pérou et effets rapportés
Les opérateurs russes ont rapporté deux actions en 2024 contre le président argentin Javier Milei : un faux récit sur des colliers Cartier pour ses chiens et le paiement d’acteurs locaux pour des graffitis anti-Milei à Buenos Aires. Des documents divulgués attribuent publiquement ces actions à Politologie et La Compania. D’autres intox revendiquées n’avaient pas été reliées auparavant à des IO russes. En mai 2026, ils disent avoir créé une fausse adresse e-mail se réclamant de la Direction régionale de l’éducation de Lima pour ordonner des événements dédiés à l’Ukraine le 21 mai, avec consignes explicites de citer notamment Stepan Bandera.



