Brief IA : CNB offre l’IA de Jimini à 4 000 élèves-avocats

CNB offre l’IA de Jimini à 4 000 élèves-avocats

Brief IA
Tom Levy·3 min·1 vues

Le CNB va fournir gratuitement l’outil de Jimini AI à plus de 4 000 élèves-avocats des 11 écoles pendant un an Le choix met en avant souveraineté, sécurité et adaptation au droit continental, face à la concurrence de Harvey et Legora à Paris Le dispositif prévoit un espace de travail, des cas pédagogiques et une sensibilisation aux biais, sans refonte des règles déontologiques.

En bref
1Le CNB va fournir gratuitement l’outil de Jimini AI à plus de 4 000 élèves-avocats des 11 écoles pendant un an
2Le choix met en avant souveraineté, sécurité et adaptation au droit continental, face à la concurrence de Harvey et Legora à Paris
3Le dispositif prévoit un espace de travail, des cas pédagogiques et une sensibilisation aux biais, sans refonte des règles déontologiques
💡Pourquoi c'est importantCette initiative marque une étape dans la formation des futurs avocats à l’IA, tout en affirmant une préférence pour des solutions françaises adaptées au droit local.
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L'analyse en français

Le Conseil national des barreaux va déployer gratuitement l’outil de la legaltech française Jimini AI auprès des 11 écoles d’avocats. Ce programme d’un an met en avant souveraineté, sécurité et adéquation au droit continental, alors que la concurrence étrangère s’installe à Paris.

Souveraineté et marché : un choix face à Harvey et Legora

La concurrence dans l’intelligence artificielle appliquée au droit s’intensifie, avec l’arrivée récente à Paris de sociétés étrangères telles que Harvey (États-Unis) et Legora (Suède). Le Conseil national des barreaux met en avant la souveraineté et la sécurité pour justifier le choix de la startup française Jimini AI. Selon Raphaël Arroche, CEO de Jimini, la solution a été conçue pour répondre aux spécificités du droit continental, alors que de nombreux outils du marché sont principalement adaptés aux systèmes juridiques anglo-saxons.

Un accès gratuit pendant un an dans 11 écoles d’avocats

Le partenariat entre le CNB et Jimini AI est prévu pour une durée d’un an et doit permettre, dans les prochaines semaines, à plus de 4 000 élèves-avocats issus des 11 écoles françaises d’accéder gratuitement à l’outil pendant leur formation initiale. Il s’agit du premier partenariat du CNB avec une startup française. Le montant de l’accord n’a pas été communiqué et dépendra du niveau d’utilisation de la solution par les élèves-avocats.

Des usages cadrés : recherche, analyse et rédaction sur dossiers pédagogiques

Un espace de travail sera mis à disposition de chaque élève-avocat afin qu’il puisse tester différentes fonctionnalités de l’outil, telles que la recherche juridique, l’analyse de documents, l’aide à la rédaction ou la préparation de travaux relatifs au conseil et au contentieux. Les activités d’automatisation concerneront uniquement des dossiers à visée pédagogique, sans recourir à de réels dossiers clients. Des ressources de formation sont prévues pour sensibiliser les élèves aux biais et aux risques d’hallucinations propres aux outils d’intelligence artificielle.

Adoption et positionnement produit selon Jimini AI

Jimini AI présente sa solution comme transversale, destinée à tous les futurs avocats, quelle que soit leur spécialité. Raphaël Arroche, CEO de Jimini, indique observer déjà un fort taux d’inscription des élèves pour utiliser l’outil. La société revendique plus de 10 000 utilisateurs, dont le cabinet d’avocats Gide et le service juridique de CMA CGM. Jimini AI a été créée en 2023.

Pratique professionnelle : pas de refonte des règles, mais application aux outils

Certaines tâches traditionnellement confiées aux jeunes avocats pourraient être automatisées, mais Julie Couturier, présidente du CNB, estime que l’intelligence artificielle ne remplacera pas l’avocat, qui doit conserver son esprit critique et rester responsable. Elle considère que la relation avec le client devient plus horizontale, les clients étant de plus en plus informés grâce à l’IA, ce qui oblige l’avocat à être encore plus affûté. Le CNB ne juge pas nécessaire, à ce stade, de revoir en profondeur les règles déontologiques de la profession, rappelant que le secret professionnel, la confidentialité et l’obligation de compétence s’appliquent déjà et doivent être adaptés aux nouveaux outils. L’institution recommande de privilégier des solutions spécifiques à la profession d’avocat plutôt que des outils d’IA grand public. Julie Couturier indique que 62 % des avocats en activité utilisent déjà l’intelligence artificielle et qualifie d’ineptie l’idée de former les futurs avocats sans ces outils.

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