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Les agents IA au cœur de la santé française
Les agents d'intelligence artificielle, développés par des entreprises françaises telles qu'Alan et Doctolib, commencent à s'intégrer dans le parcours de soins des patients. Ces outils, conçus pour aider à la prise de décision médicale, peuvent trier les symptômes, orienter les patients et recommander des consultations. L'objectif ultime est de créer des "compagnons de santé" personnalisés, une promesse qui suscite autant d'espoirs que de questions sur leur efficacité et leur sécurité.
Ces robots conversationnels spécialisés sont conçus pour être disponibles à toute heure, prêts à assister toute personne préoccupée par un symptôme ou une question de santé. Cependant, leur déploiement se fait avec prudence, car une erreur dans ce domaine pourrait avoir des conséquences graves.
Alan et son assistant Mo
Alan, une licorne française dans le secteur de l'assurance, mise sur le numérique avec son assistant virtuel Mo. Ce dernier est en cours de déploiement pour assister les 800 000 assurés de l'entreprise. Mo interroge les utilisateurs sur leurs symptômes, antécédents médicaux et familiaux pour les aider à décider s'ils doivent consulter un médecin et dans quel délai. Il facilite également la prise de rendez-vous, que ce soit en téléconsultation ou en présentiel, et offre des conseils de prévention personnalisés. Mo peut aussi aider à résoudre des problèmes d'assurance ou de remboursement.
Jean-Charles Samuelian, cofondateur d'Alan, a expliqué lors du dixième anniversaire de l'entreprise en mars que Mo vise à devenir "l'interface centrale" des clients avec le système de santé, jouant le rôle de "chef d'orchestre de leur santé personnelle".
Doctolib et son assistant parental
Doctolib, un autre acteur majeur de la santé numérique en France, prépare un "assistant parental" pour aider les parents à suivre la santé de leurs enfants. Déjà testé par 20 000 parents, cet outil sera bientôt disponible pour tous les utilisateurs de Doctolib. Mathilde Jaïs, directrice de l'offre "compagnon de santé" de Doctolib, a déclaré que l'objectif est de permettre à chacun d'accéder à la connaissance médicale, de mieux s'orienter dans le parcours de soins et d'être guidé pour vivre en meilleure santé.
PaperDoc et l'innovation avec Gustave
D'autres start-ups, comme PaperDoc, se lancent également dans cette révolution numérique. PaperDoc a créé Gustave, un assistant de santé vendu aux mutuelles pour offrir un "plus santé" à leurs clients. Nicolas Gatulle, anesthésiste-réanimateur et cofondateur de PaperDoc, explique que Gustave aide à orienter les utilisateurs vers la bonne direction dans le système de soins. Gustave est apprécié pour sa capacité à admettre quand il ne sait pas et à citer ses sources.
La prudence avant tout
Les créateurs de ces assistants insistent sur le fait que leurs outils ne remplacent pas les professionnels de santé et ne fournissent pas de diagnostics. Ils se basent sur des sources d'information scientifiquement reconnues, comme les études des sociétés savantes, pour éclairer les patients et les aider à prendre des décisions éclairées, y compris en recommandant de consulter un médecin rapidement si nécessaire.
Un test réalisé par l'AFP sur un cas réel a montré que l'assistant de Doctolib posait des questions complémentaires pour évaluer la situation avant de conseiller une consultation médicale dans les 24 heures. Cependant, lorsqu'on lui demande un diagnostic, l'assistant répond qu'il ne peut pas en fournir, mais qu'il peut partager des informations générales sur les symptômes observés.
Vers un avenir avec des compagnons de santé personnalisés
Ces assistants, qu'il s'agisse de ceux d'Alan, Doctolib ou PaperDoc, sont équipés d'agents IA pour détecter les conversations à risque. Antoine Lizée, spécialiste en IA et cofondateur d'Alan, prédit qu'"dans 10 ans, nous aurons tous notre compagnon de santé personnel, qui nous connaît, qui comprend notre contexte, qui anticipe et qui agit à nos côtés".

