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Une initiative innovante pour l'infrastructure numérique
Face à des contraintes croissantes en matière de foncier et de ressources en eau douce, le Japon innove en transformant des cargos en data centers flottants. Cette initiative est menée par Mitsui OSK Lines (MOL), un acteur majeur du transport maritime, en partenariat avec Hitachi. Ensemble, ils visent à convertir des navires d'occasion en centres de calcul adaptés aux besoins croissants de l'intelligence artificielle. Le projet, qui pourrait voir le jour dès 2027, débutera au Japon avant de s'étendre à la Malaisie et aux États-Unis.
Des navires automobiles réinventés
Initialement, MOL envisageait de réutiliser un navire de 120 mètres pesant 9 731 tonnes. Cependant, le projet a pris de l'ampleur et se concentre désormais sur des car-carriers, ces navires conçus pour transporter des voitures, offrant environ 54 000 m² de surface exploitable. Cette superficie rivalise avec celle des plus grands data centers terrestres japonais. En termes de délais, la conversion d'un navire en data center ne prend qu'un an, contre au moins trois pour une construction terrestre. MOL prévoit de tirer parti des équipements existants à bord, tels que les systèmes de climatisation et les générateurs, tout en utilisant l'eau de mer pour le refroidissement, réduisant ainsi la dépendance à l'eau douce.
Une collaboration stratégique entre géants
Dans ce projet ambitieux, Hitachi joue un rôle crucial grâce à son expertise en gestion de data centers au Japon, en Malaisie et aux États-Unis. Les responsabilités sont clairement définies : MOL se charge de la conversion des navires, des négociations portuaires et de la maintenance maritime, tandis qu'Hitachi s'occupe de l'infrastructure informatique, du réseau et de la sécurité.
Un contexte économique propice
Le contexte économique japonais rend ce projet particulièrement pertinent. À Tokyo, le raccordement électrique pour un data center peut prendre entre cinq et dix ans. De plus, les prix du foncier ont explosé dans les zones métropolitaines, certains terrains avec raccordement électrique se vendant jusqu'à 770 % au-dessus des prix officiels. La concentration des data centers autour de Tokyo et Osaka, combinée à la demande croissante liée à l'IA générative, accentue la saturation. Le Japon, habitué à transformer ses contraintes en avantages, applique ici la même logique : utiliser des navires pour pallier le manque de terrain et d'eau douce.
Des précédents et des défis à surmonter
Ce n'est pas la première fois que MOL explore cette voie. En juillet 2025, l'entreprise avait déjà collaboré avec Kinetics, une initiative de Karpowership, pour tester ce concept. Le partenariat actuel avec Hitachi marque une avancée significative. Microsoft avait également expérimenté un data center sous-marin en Écosse avec son projet Natick, qui s'est avéré fiable mais n'a pas été développé à grande échelle. Cependant, des défis subsistent, notamment la corrosion saline qui nécessite des systèmes de filtration robustes, et l'alimentation électrique des navires à quai qui reste complexe. Le Japon mise sur son expertise en ingénierie pour surmonter ces obstacles et faire de ce projet une réussite.

