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Alors que le versement du règlement d’Anthropic de 1,5 milliard de dollars s’active, des auteurs disent voir des éditeurs et même des agents revendiquer leurs parts. Des responsables du secteur parlent surtout d’erreurs de dossiers et d’un processus confus, tandis que les règles de répartition et de contestation précisent qui peut toucher quoi et quand.
Des contestations nombreuses et l’entrée en lice d’agents
Victoria Strauss rapporte avoir reçu un nombre inhabituellement élevé de signalements en deux jours, avec des erreurs similaires répétées, ce qui lui fait penser à un problème plus large et systémique. Elle indique que plusieurs agences littéraires revendiquent aussi des parts, alors que, selon elle, les agents ne détiennent pas les droits sur les livres qu’ils vendent. L’autrice Courtney Milan, également connue sous le nom de Heidi Bond, affirme que certains agents cherchent à obtenir des pourcentages sur le règlement et s’y oppose fermement. Courtney Milan et l’Authors Guild ont publié des instructions expliquant comment s’opposer aux répartitions de paiement. Le règlement stipule qu’un auteur n’est éligible à la totalité du montant pour un ouvrage que si la réversion des droits est intervenue avant le 10 août 2022, appelée la « date de téléchargement ».
Les explications avancées par les organisations d’auteurs
Victoria Strauss explique qu’elle hésite à attribuer ces situations à la malveillance, préférant l’hypothèse d’une mauvaise gestion des dossiers. Elle ajoute que certains éditeurs ont reconnu des erreurs et demandé à Anthropic de les corriger. Elle précise toutefois que son retour ne porte que sur un échantillon limité. Mary Rasenberger, de l’Authors Guild, ne considère pas ces démarches comme une volonté d’appropriation ni une tentative de léser spécifiquement des auteurs. Elle estime que ces problèmes résultent d’une gestion documentaire déficiente et d’un processus de règlement confus.
Montants, règles de partage et calendrier du règlement
Le règlement d’Anthropic atteint 1,5 milliard de dollars, conclu l’an dernier après une décision judiciaire qui a reconnu la possibilité d’invoquer l’usage équitable pour l’entraînement de modèles, tout en excluant la légalité du piratage. L’accord a reçu son approbation finale en juillet, permettant le début des paiements. Près de 500 000 ouvrages d’auteurs doivent donner lieu à un versement de 3 000 dollars par titre piraté. Lorsque l’ouvrage fait toujours l’objet d’une publication par un éditeur traditionnel, la somme est répartie de façon égale entre l’auteur et l’éditeur ; dans le cas des titres autoédités ou dont les droits ont été restitués à l’auteur, ce dernier reçoit la totalité du montant.
Réclamations d’éditeurs : exemples et catégories de griefs
Des auteurs rapportent avoir reçu des messages indiquant que d’autres parties réclamaient leurs versements issus du règlement. Sur les réseaux sociaux, plusieurs signalent que des éditeurs tenteraient d’obtenir plus que leur part. L’autrice April Henry cite le cas d’un de ses livres dont les droits ont été rétrocédés depuis au moins 17 ans, tout en mentionnant une alerte de crédit l’associant soudainement à HarperCollins comme employeur. Victoria Strauss classe les plaintes en deux catégories : des revendications sur des œuvres dont les droits ont été rétrocédés, et des demandes de 100 % du paiement alors que seules 50 % seraient dues.






