Brief IA : Forma réinvente les centres de données avec une approche durable

Forma réinvente les centres de données avec une approche durable

Brief IA
Tom Levy·5 min·2 vues

Forma a conçu un centre de données souterrain qui utilise la chaleur générée par ses serveurs pour chauffer une maison de bains publique. Ce projet, nommé 'Pink Thermal Baths', vise à transformer la perception des centres de données en les rendant bénéfiques pour les communautés locales, en particulier dans des régions comme la Virginie où ces installations sont souvent critiquées.

En bref
1Forma propose un centre de données souterrain chauffant une maison de bains publique, repensant l'impact local.
2La Virginie abrite de nombreux centres de données, suscitant des préoccupations résidentielles sur le bruit et l'énergie.
3Gensler et Arup explorent des designs innovants pour intégrer les centres de données en milieu urbain.
💡Pourquoi c'est importantCes innovations pourraient transformer la perception des centres de données, en les rendant plus bénéfiques pour les communautés locales.
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L'analyse en français

Une vision innovante pour les centres de données

Le studio d'architecture Forma, basé à New York, a imaginé un concept novateur avec son projet "Pink Thermal Baths". Ce projet envisage un centre de données souterrain qui utilise la chaleur générée par ses serveurs pour chauffer une maison de bains publique située juste au-dessus. Cette idée est née avant que l'essor de l'IA générative ne déclenche une frénésie de construction de centres de données à travers les États-Unis. Miroslava Brooks, l'une des fondatrices de Forma, a expliqué que ce concept n'était pas conçu pour transformer ces installations en spas, mais pour poser une question cruciale : comment un centre de données peut-il apporter une valeur ajoutée à la communauté qui l'accueille ?

Dans le désert californien, un centre de données pourrait ainsi devenir une source de bien-être pour les habitants, offrant une maison de bains de 32 000 pieds carrés où la chaleur des serveurs permettrait de chauffer les piscines. Cette approche vise à transformer la perception des centres de données, souvent perçus comme des structures imposantes et énergivores, en des installations qui contribuent positivement à leur environnement immédiat.

L'expansion rapide des centres de données

Les centres de données ne sont pas une nouveauté. Ils ont longtemps servi de support aux banques, aux sites web, aux services de streaming et au stockage dans le cloud. Thomas McGoldrick, directeur général chez Gensler, se souvient d'une époque où ces installations étaient considérées comme des infrastructures de soutien pour des entreprises spécifiques. Aujourd'hui, avec l'augmentation exponentielle du transfert de données, ces centres sont devenus des éléments stratégiques de notre infrastructure numérique.

Selon une analyse de Business Insider, d'ici la fin de 2025, plus de 1 400 centres de données auront été construits ou approuvés à travers les États-Unis. La Virginie, en particulier, est devenue un point névralgique pour ces installations, certaines d'entre elles étant situées à proximité immédiate de zones résidentielles. Une étude réalisée en 2024 a révélé que 29 % des centres de données opérationnels en Virginie se trouvent à moins de 200 pieds de propriétés résidentielles. Cette proximité soulève des inquiétudes parmi les résidents, notamment en ce qui concerne le bruit constant, la consommation d'eau et l'impact sur les factures d'électricité. Un sondage Gallup de mars a montré que 71 % des adultes américains s'opposaient à la construction d'un centre de données IA dans leur voisinage, dont 48 % exprimant une opposition ferme.

Des designs adaptés aux besoins communautaires

Face à l'ampleur des centres de données et aux préoccupations qu'ils suscitent, les architectes se demandent si le design peut atténuer ces impacts ou simplement les masquer. Gensler, un cabinet d'architecture de San Francisco, collabore avec plusieurs clients hyperscale, dont Microsoft, pour développer des centres de données adaptés aux grandes entreprises de cloud. McGoldrick souligne que ces clients recherchent avant tout la rapidité de mise sur le marché, l'échelle, l'accès à l'énergie, et des bâtiments capables de s'adapter aux évolutions technologiques.

Dans ce contexte, Gensler s'efforce de concevoir des centres de données qui vont au-delà de simples structures industrielles. Une des approches consiste à traiter ces installations comme des "bâtiments de bureaux abritant des ordinateurs". Par exemple, Gensler a transformé un ancien campus de centre d'appels en une installation informatique de 1 million de pieds carrés, démontrant ainsi comment une réutilisation intelligente des espaces existants peut répondre aux besoins croissants en infrastructure numérique.

Intégration urbaine et innovation architecturale

Arup, un cabinet d'architecture et d'ingénierie basé au Royaume-Uni, explore comment les centres de données peuvent être intégrés dans le tissu urbain. Rachel Atthis, directrice chez Arup, suggère que ces bâtiments, traditionnellement longs et bas, pourraient nécessiter une empreinte plus réduite et s'élever sur plusieurs étages pour mieux s'adapter à l'environnement urbain.

Marco Mugnai, directeur associé d'Arup, propose des solutions pour atténuer les nuisances sonores, telles que l'installation d'écrans acoustiques, de tampons paysagers, et des modifications de la topographie du site. Arup envisage également des centres de données qui réutilisent des structures existantes, comme des plateformes pétrolières offshore désaffectées, ou qui collaborent avec des fermes de tomates pour utiliser la chaleur résiduelle des serveurs.

Les limites du design

Marina Otero Verzier, architecte et conférencière à la Harvard Graduate School of Design, a exploré des utilisations alternatives de la chaleur générée par les serveurs. Son projet "Computational Compost" utilise cette chaleur pour alimenter un système de vermicompostage, où des vers et des micro-organismes produisent un compost fertile pour un jardin local. Cependant, Otero avertit que la réutilisation de la chaleur ne constitue pas une solution complète.

Elle souligne que des parcs, des matériaux à faible empreinte carbone et des systèmes de chauffage partagés peuvent améliorer l'impact des centres de données, mais cela reste insuffisant. Otero remet en question la conception même des centres de données, s'interrogeant sur la nécessité de rendre chaque type de données immédiatement accessible, et sur l'impact des exigences concurrentielles des entreprises sur les ressources communautaires. Elle propose de concevoir des installations pour différentes "écologies de données", plutôt que de suivre un modèle unique de sécurité élevée et de fonctionnement continu.

Selon elle, les besoins des géants de la technologie comme OpenAI, Google et Meta ne reflètent pas nécessairement ceux de la majorité de la population mondiale. Ces entreprises et leurs propriétaires dictent souvent les priorités, mais il est crucial de repenser la manière dont les centres de données sont intégrés dans nos communautés.

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