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La transparence sur l'usage de l'IA, un impératif selon Max Votek
Max Votek, cofondateur et associé directeur de Customertimes, insiste sur la nécessité pour les entreprises d'être plus transparentes concernant l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) et la manière dont les économies réalisées grâce à cette technologie sont réinvesties. Selon lui, de nombreuses entreprises se servent de l'IA pour justifier des restructurations qui étaient déjà planifiées. Les économies générées par l'IA, bien que réelles, sont souvent absorbées par les coûts liés aux tokens et à l'infrastructure nécessaire à leur mise en œuvre. Votek souligne l'importance de la transparence pour contrer les perceptions négatives entourant l'IA.
Cet article s'appuie sur une conversation avec Max Votek, qui dirige Customertimes, une société de conseil spécialisée dans l'accompagnement des entreprises du Fortune 500 dans l'intégration de l'IA. L'essai a été édité pour des raisons de longueur et de clarté.
Une vision interne des licenciements liés à l'IA
Les entreprises semblent se précipiter pour attribuer les licenciements à l'intelligence artificielle. Cependant, en tant que consultant pour des entreprises du Fortune 500, Max Votek observe que la réalité est souvent plus complexe. En tant que cofondateur de Customertimes, une société de conseil de 1 000 employés, il a passé près de dix ans dans l'industrie pharmaceutique à diriger des projets de transformation technologique. Chaque semaine, il échange avec des CFO, CIO et CEO, et ce qu'il entend en privé diffère souvent du discours public.
Les malentendus autour des licenciements liés à l'IA
Max Votek insiste sur la nécessité pour les entreprises d'être honnêtes concernant l'IA. Cette technologie souffre d'un problème d'image, et le manque de communication des entreprises ne fait qu'aggraver la situation. Lorsque des licenciements sont annoncés sans explication sur l'utilisation des économies réalisées, le public tend à imaginer le pire. En l'absence d'informations claires, des théories du complot peuvent émerger.
Les consommateurs réclament de la transparence. Ils souhaitent savoir comment l'IA est utilisée, comment les données clients sont protégées, et si les bénéfices sont redistribués aux employés ou aux clients. Votek propose que les entreprises publient des informations sur l'utilisation des économies générées par l'IA. Si ces bénéfices sont réinvestis dans des primes pour les employés, des réductions de prix pour les clients ou des améliorations pour l'entreprise, cela devrait être communiqué. Un registre simple des gains pourrait dissiper de nombreux soupçons.
La destination réelle des économies
Une enquête révèle que 86 % des adultes pensent que les économies réalisées grâce à l'IA devraient se traduire par des baisses de prix pour les consommateurs. Votek considère cette attente comme légitime. Beaucoup imaginent que les entreprises licencient des employés, conservent les économies et augmentent les primes des dirigeants. Cependant, la réalité est plus nuancée.
En coulisses, les entreprises font face à des factures importantes de la part des fournisseurs d'IA. Les CFO et CIO rapportent souvent avoir sous-estimé les coûts des tokens, et de nombreuses organisations ont rapidement épuisé leur budget IA. Certains dirigeants évoquent même le "token maxxing", c'est-à-dire l'épuisement rapide du budget IA sans atteindre les gains de productivité escomptés.
Par ailleurs, les entreprises investissent massivement pour protéger leur savoir-faire interne. Elles craignent que leurs processus et secrets commerciaux ne soient exposés dans des modèles de langage public, ce qui les pousse à construire une infrastructure IA supplémentaire pour sécuriser ces informations. Ces investissements sont coûteux.
L'efficacité, une quête permanente des entreprises
Bien avant l'essor de l'IA générative, les entreprises utilisaient l'automatisation des processus robotiques pour éliminer les tâches répétitives. L'objectif reste le même : identifier les processus inefficaces, automatiser les tâches routinières et libérer les employés des travaux répétitifs.
Max Votek entend rarement des dirigeants affirmer qu'ils remplacent des employés par de l'IA. Les discussions internes ne sont pas formulées de cette manière. Il estime que de nombreuses entreprises se servent de l'IA pour justifier des restructurations déjà prévues. Souvent, l'IA masque une inefficacité sous-jacente. Une entreprise identifie un processus obsolète, le restructure, puis justifie la décision en invoquant l'IA.
La restructuration n'a rien d'inhabituel. Les entreprises se réorganisent régulièrement pour améliorer leur efficacité. Le problème réside dans le manque de transparence envers les employés et les actionnaires quant aux véritables motivations de ces décisions.
La réalité est plus complexe que ce que suggèrent de nombreux titres. L'IA excelle dans la gestion des tâches répétitives, mais elle ne peut remplacer la responsabilité. Automatiser une présentation de CEO avec un avatar IA est possible, mais la responsabilité de diriger une entreprise ne peut être automatisée.
De nombreux employés s'adaptent à ces changements. Chez Customertimes, des investissements importants sont réalisés dans la formation à l'IA, permettant aux testeurs et consultants commerciaux d'acquérir de nouvelles compétences en quelques semaines. Au lieu de perdre en valeur, ils deviennent souvent capables de contribuer davantage.



