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Healz AI, assistant spécialisé pour les patients atteints de cancer, annonce 100 000 $ de revenus annuels récurrents et une base d’utilisateurs majoritairement oncologique. L’outil, conçu pour compléter les médecins, a guidé un second avis décisif dans un cas de lymphome T rapporté par un psychiatre d’Atlanta qui est depuis devenu investisseur. La startup, soutenue par Alexey Dosovitskiy, prévoit une nouvelle levée dans les prochains mois.
100 000 $ d’ARR, 97 % de patients et 70 % de rétention
Après une première mise en service restreinte, Healz AI rapporte que ses revenus récurrents ont connu un doublement chaque mois entre juin et août, atteignant un niveau de 100 000 $ de revenus annuels récurrents au début du mois de septembre. Selon la startup, 97 % de ses utilisateurs actuels sont des personnes souffrant d’un cancer. Elle ajoute que la plupart interagissent avec l’application au quotidien ou chaque semaine, et que son taux de rétention mensuel était de 70 %. Une partie des autres utilisateurs sont des médecins qui s’en servent comme outil de référence.
Un assistant qui complète les médecins et questionne avant de conclure
Healz AI se présente comme un complément aux médecins humains, et non comme un substitut. Le chatbot aide les patients à comprendre leur diagnostic, à trouver des oncologues, à interpréter examens et tests, et à naviguer dans le traitement et le rétablissement. Pour limiter les biais d’adhésion, son « mode racine » incite le modèle à poser jusqu’à 20 questions de suivi avant toute conclusion ou suggestion. Techniquement, l’application n’utilise pas son propre modèle de base mais des modèles existants, superposés à un système de mémoire et des workflows internes. Ce système est conçu pour absorber de grands volumes de dossiers médicaux ; un utilisateur a ainsi téléchargé 1 500 documents. Healz AI, lancée en bêta l’année dernière, cible spécifiquement l’oncologie.
Un cas clinique : un second avis vers le MD Anderson mène au diagnostic
À l’automne 2025, la femme du psychiatre d’Atlanta Munjal Shroff présente des éruptions, des démangeaisons, de la fatigue et des ganglions enflés. Malgré de multiples consultations et tests, le diagnostic tarde. Cherchant un outil spécifique à la santé, il s’inscrit à Healz AI. Les médecins évoquent d’abord une maladie auto-immune comme le lupus, tout en gardant l’hypothèse d’un cancer ; l’assistant partage cette prudence et ne conclut pas d’emblée à un cancer. Il recommande toutefois un second avis au MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas et oriente vers un spécialiste précis. Ce second avis aboutit au diagnostic d’un lymphome T rare.
Usage prolongé, décision d’investissement et ambitions de financement
Après le diagnostic, Munjal Shroff continue d’utiliser l’outil pour comparer des options de chimiothérapie ; il rapporte qu’une option suggérée par l’IA, discutée avec le médecin, a été validée par ce dernier. Il estime que le praticien aurait peut-être recommandé la même voie, tout en disant s’être senti mieux préparé et rassuré. Convaincu par l’expérience, il devient investisseur après des mois d’usage intensif, tandis que la startup prévoit de lever des fonds supplémentaires dans les prochains mois. Fondée et dirigée par Igor Demishev et Alex Plat, Healz AI dit avoir ciblé le cancer pour son impact et sa complexité, avec aussi des motivations personnelles liées à la famille de Demishev. Alex Plat évoque des parcours de patients très difficiles et un besoin accru d’outils spécialisés. La société est soutenue par Alexey Dosovitskiy, cofondateur de Recursive Superintelligence, qui affirme que la santé est un champ où l’IA peut améliorer et sauver des vies, et que la technologie doit désormais être traduite en produits utiles.
Des bénéfices perçus mais des limites reconnues par l’utilisateur
Munjal Shroff considère que les médecins locaux auraient probablement fini par recommander un second avis, mais il crédite Healz AI d’avoir accéléré cette étape et d’avoir réduit les incertitudes. Il qualifie le recours au MD Anderson de pivot crucial. Il souligne néanmoins des limites, l’IA s’étant parfois révélée imprécise sur des détails de traitement et de suivi, d’où, selon lui, la nécessité de l’employer avec des médecins. Sa femme est toujours en traitement et il continue d’utiliser l’outil. Il juge l’IA encore plus précieuse pour les patients et proches non médecins, affirmant qu’il est facile de se perdre en tant que patient et décrivant l’assistant comme « indispensable ». Il estime par ailleurs que sans l’application, le diagnostic et le traitement auraient été retardés.



