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Les entreprises déploient davantage d’IA et y consacrent des budgets croissants, mais l’effet sur les bénéfices reste modeste. Les données mondiales de McKinsey et les enquêtes françaises de l’INSEE, d’Eurostat et de la BCE dressent un tableau cohérent : adoption élevée, rentabilité encore limitée, France un peu en dessous sur l’effort d’investissement.
En France, 7,2 % des investissements prévus alloués à l’IA, contre 9,1 % en zone euro
Au quatrième trimestre 2025, la BCE a interrogé 4 968 entreprises, dont 625 françaises, sur leurs projets d’investissement. Les entreprises françaises prévoient d’allouer 7,2 % de leur investissement total à l’IA, alors que la moyenne dans la zone euro atteint 9,1 %. Cet écart de 1,9 point est stable et reflète le différentiel d’adoption observé. En juillet 2026, l’INSEE recensait 18 % d’entreprises en France utilisant au moins une technologie d’IA, soit 8 points de plus qu’en 2024. Eurostat situe la moyenne européenne à 20 %, la France se trouvant deux points en deçà, après une progression depuis 13,5 % douze mois plus tôt. L’adoption varie selon la taille et le secteur : 58 % des entreprises de 250 salariés et plus utilisent l’IA, tout comme 59 % dans l’information et la communication. Parmi les entreprises françaises non utilisatrices, 71 % n’en voient pas l’utilité et 54 % évoquent un manque d’expertise. Les organismes précisent que ces enquêtes reposent sur des périmètres distincts et ne se cumulent pas, mais elles dessinent un ensemble cohérent : une adoption proche de la norme européenne, un effort financier légèrement inférieur et une rentabilité encore à démontrer pour la majorité.
Impact sur l’EBIT : 37 % déclarent un effet, le plus souvent sous 5 %
Selon McKinsey, 37 % des répondants attribuent au moins un impact sur l’EBIT à leurs usages de l’IA. L’édition 2025 du baromètre en recensait 39 %, et le recul de deux points est présenté comme restant dans la marge de variation d’une enquête déclarative. Au sein de ce groupe, la majorité situe l’effet en deçà de 5 % de l’EBIT. McKinsey estime que l’IA est « sur la route du retour sur investissement » et constate un différentiel de deux points par rapport à l’édition précédente.
Adoption large, déploiement intégral rare dans les organisations
En 2025, 88 % des répondants déclaraient recourir régulièrement à l’IA dans au moins une fonction, mais seulement 7 % indiquaient un déploiement à l’échelle de l’organisation. L’écart entre usage et contribution financière demeure le sujet central. Deux ans auparavant, Gartner anticipait l’abandon d’un tiers des projets d’IA.
Méthode, attentes et périmètre de McKinsey
Le baromètre The State of AI 2026 repose sur 1 719 répondants à travers le monde et fait partie des publications annuelles de McKinsey sur l’IA en entreprise. En décembre 2025, des experts tablaient encore sur 2026 pour la rentabilité de l’IA générative. McKinsey commercialise par ailleurs des missions de transformation IA pour les grandes organisations, un contexte qui entoure sa lecture des résultats.




