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Le gouvernement lance 12 mesures dotées de 80 millions d’euros pour accélérer l’adoption de l’IA dans le monde du travail. Le plan prévoit des plateformes de formation, un soutien aux CFA, un CPF orienté IA, des outils pour les PME et la création d’un observatoire. Il intervient alors que des économies sont attendues en 2027 et fait l’objet de critiques syndicales sur l’absence de nouveaux droits et de contreparties.
Des réserves syndicales et un chantier de négociation interpro
Agathe le Berder, membre du bureau confédéral de la CGT, estime que la partie du plan consacrée au dialogue social n’apporte aucun droit nouveau aux salariés. Elle juge "scandaleuse" l’annonce de nouvelles aides aux entreprises sans contrepartie et critique la mobilisation du CPF pour financer des formations à l’IA. Selon elle, le fait de ne pas évoquer les plans de développement des compétences des entreprises déresponsabilise ces dernières. Parallèlement, plusieurs organisations syndicales et patronales se sont dites prêtes, la semaine précédente, à ouvrir une négociation interprofessionnelle sur l’IA, considérant qu’il n’est plus temps de se prononcer pour ou contre. Le gouvernement prévoit aussi d’expérimenter de nouvelles méthodes de dialogue social technologique dans une vingtaine d’entreprises et branches professionnelles avec l’appui de l’Anact.
Compétences : plateformes, CFA, CPF prioritaire et certification IA
La moitié des douze mesures vise à familiariser les actifs avec l’IA. Explore IA, une plateforme accessible gratuitement sans conditions préalables, proposera de s’autoévaluer et d’emprunter des parcours interactifs, tandis qu’une seconde plateforme sera consacrée à la formation des apprentis. Un appui financier sera accordé aux centres de formation des apprentis afin de développer les compétences nécessaires à l’intégration de l’IA, en particulier pour les développeurs IA et les professionnels de la cybersécurité. Un fonds national pour les CFA doit être créé dans le projet de loi de finances 2027, avec une majoration du financement public pour les formations en apprentissage jugées stratégiques. La réforme du Compte personnel de formation prévoit de durcir le financement des formations trop éloignées d’un projet professionnel, tout en faisant de l’IA une priorité nationale grâce à des cofinancements pour limiter le reste à charge des personnes souhaitant se former. Le ministère souhaite également développer une certification sur l’utilisation de l’IA dans l’activité professionnelle. Pour les demandeurs d’emploi, France Travail doit proposer un test de maturité IA suivi d’un parcours personnalisé.
PME et industrie : sensibilisation, crédit d’impôt et dialogue social
Des task forces entreprises doivent sensibiliser les petites et moyennes entreprises à l’usage de l’IA, notamment pour le recrutement, et les branches professionnelles seront accompagnées pour organiser le dialogue social sur ce sujet. Roland Lescure, ministre de l’Économie, évoque un crédit d’impôt destiné à accélérer les amortissements pour les robots, en particulier pour les petites entreprises. Le ministère du Travail constate un retard dans l’adoption de l’IA par les entreprises françaises et identifie un risque de nouvelles fractures, les PME s’appropriant moins l’IA que les grandes entreprises.
Pilotage, finances et raisons d’agir : entre risques et calendrier
La création d’un observatoire chargé d’analyser l’impact de l’IA doit permettre d’évaluer les conséquences de sa généralisation sur l’emploi. Le ministère du Travail prévoit d’économiser 2,5 milliards d’euros dans le budget 2027 et a sélectionné les dispositifs considérés comme les plus rentables et aptes à fournir rapidement un cadre duplicable. Le plan « Impulsion IA 2027 » transpose, pour le secteur de l’emploi, la stratégie « Osez l’IA » annoncée à l’été 2025. Le plan comprend 12 mesures et 80 millions d’euros de financements nouveaux, présentés un mardi par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. Celui-ci met en avant la nécessité d’agir pour éviter que l’IA ne façonne un monde qui ne correspondrait pas aux attentes, tout en soulignant que l’IA peut améliorer les conditions de travail en supprimant certaines tâches, mais aussi entraîner une intensification du travail et renforcer les inégalités entre métiers et qualifications. Selon une étude de la Coface publiée en avril, un emploi sur six en France, soit 5 millions, serait automatisable d’ici trois ou quatre ans. Roland Lescure affirme qu’il ne fallait pas attendre les prochaines échéances électorales pour accélérer sur l’IA et évoque des risques importants en matière de cybersécurité et de biais algorithmiques. D’autres préoccupations portent sur la consommation d’énergie et d’eau liée à la croissance de l’IA.






