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Des dizaines de deepfakes sexuels non consentis, impliquant des célébrités et la représentante américaine Alexandria Ocasio-Cortez, restent accessibles sur Grok.com, selon Wired. Malgré les restrictions annoncées par xAI en janvier dernier, des guides de contournement circulent publiquement, permettant de générer ces contenus explicites.
Grok Imagine, l'outil d'xAI, héberge des images photoréalistes de femmes dans des situations sexuelles simulées. Fin décembre 2025, Elon Musk a annoncé que Grok pouvait éditer des images depuis X.com. En onze jours, le Centre pour la lutte contre la haine numérique a recensé environ 3 millions d'images sexualisées, dont 23 000 impliquaient des mineurs, selon une lettre de 35 procureurs généraux américains.
Wired a soumis deux prompts extraits de Grok à d'autres plateformes. ChatGPT, Meta AI et Claude les ont rejetés comme inappropriés, tandis que Google Gemini en a validé un sur deux. En cherchant sur des forums spécialisés mis à jour, n'importe quel utilisateur peut apprendre à recadrer ses requêtes de façon artistique ou à générer des images neutres en préalable pour assouplir les filtres.
Pour Henry Ajder, spécialiste des deepfakes, xAI et X accusent un retard sur les garde-fous des autres outils grand public. Dans ses conclusions préliminaires publiées cette semaine, le commissariat à la protection de la vie privée du Canada estime que les mesures d'xAI manquent de preuves d'efficacité.
En janvier, xAI a réservé la modification d'images de personnes réelles en tenues révélatrices aux seuls abonnés payants sur X. Cependant, sur l'application Grok autonome, ces restrictions semblent inefficaces. Début 2026, SpaceX a absorbé xAI dans une fusion valorisée à environ 1 150 milliards d'euros. SpaceX a chiffré à plus de 460 millions d'euros les risques juridiques liés à Grok dans son document déposé auprès de la SEC. Le budget contentieux global de SpaceX dépasse 500 millions de dollars, et une partie de ce montant couvre les litiges Grok. SpaceX a classé Grok comme une des sources actives de litiges liés aux deepfakes non consentis et a qualifié ces litiges de facteurs susceptibles d'exposer l'entreprise à des sanctions pour contenus potentiellement explicites et images non consenties ou exploitatrices.
Le TAKE IT DOWN Act, une loi fédérale promulguée en mai 2025 et pleinement en vigueur depuis le 19 mai 2026, oblige les plateformes à supprimer les images intimes non consenties dans les 48 heures suivant un signalement. Le 26 mars dernier, le tribunal de district d'Amsterdam a ordonné à xAI et X de cesser toute diffusion d'images sexuelles non consenties aux Pays-Bas, sous peine d'une astreinte de 100 000 euros par jour, plafonnée à 10 millions d'euros. Pour motiver cette décision, le juge a cité un test qu'Offlimits a conduit le 9 mars, produisant une vidéo sexualisée d'une personne réelle à partir d'une seule photo, sans vérification de consentement.
Baltimore a été la première ville américaine à attaquer xAI en justice, suivie par un recours collectif de trois adolescentes du Tennessee. Ashley St. Clair, mère d'un enfant d'Elon Musk, a engagé une procédure distincte après la diffusion sur X de deepfakes à son effigie. En juin 2026, la députée britannique Jess Asato a déposé une plainte devant la High Court.
Après la publication de l'enquête, xAI a retiré les contenus incriminés, et X a supprimé les liens concernés, sans répondre aux demandes de commentaire.




