Brief IA : Mathématiques : appel au boycott d’OpenAI après 700 preuves IA

Mathématiques : appel au boycott d’OpenAI après 700 preuves IA

Brief IA
Tom Levy·4 min·14 vues

OpenAI a publié plus de 700 manuscrits mathématiques générés par l'IA, ce qui a conduit l'Association pour les Mathématiques Humaines à appeler au boycott, dénonçant une violation des normes scientifiques. L'AGMAI met en garde contre une recherche dominée par des laboratoires d'IA et insiste sur l'importance de l'autonomie des chercheurs, soulignant les tensions sur la validation scientifique face à l'essor de l'IA.

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En bref
1OpenAI a publié plus de 700 manuscrits mathématiques générés par l’IA
2L’Association pour les Mathématiques Humaines appelle au boycott et dénonce une entorse aux normes scientifiques
3L’AGMAI met en garde contre une recherche pilotée par des laboratoires d’IA et insiste sur l’autonomie des chercheurs
4La communauté se divise, certains jugeant les preuves illisibles sans IA
💡Pourquoi c'est important — Cette controverse met en lumière les tensions sur la validation scientifique et l’indépendance de la recherche face à l’essor de l’IA.
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Après la mise en ligne par OpenAI de plus de 700 manuscrits de preuves générées par l’IA, l’Association pour les Mathématiques Humaines appelle au boycott. L’AGMAI met en garde contre un futur de la recherche dicté par des laboratoires d’IA et insiste sur l’autonomie des chercheurs. La communauté se fracture, entre soutien au boycott et défense d’une publication ouverte, sur fond d’exemples de textes jugés illisibles sans assistance machine.

L’AGMAI avertit contre une recherche guidée par les labos d’IA

L’Assemblée pour la Gouvernance des Mathématiques et de l’IA (AGMAI) adopte une approche plus nuancée que l’appel au boycott, estimant que la publication représente une étape initiale alors que l’assimilation mathématique des résultats ne fait que débuter. L’AGMAI met toutefois en garde contre un avenir de la recherche mathématique qui se limiterait à exploiter des résultats issus de laboratoires d’IA. Pour l’organisation, il est indispensable que les mathématiciens soient en mesure de poser leurs propres questions, de concevoir leurs méthodes et d’investiguer des axes qui n’ont pas été retenus comme exemples illustrant les capacités d’un système d’IA. L’AGMAI souligne qu’un accès équitable à des outils de recherche puissants et à des ressources computationnelles adéquates est essentiel à cette liberté. Les réactions publiées sur le blog de Terence Tao montrent une communauté divisée sur la réponse à apporter.

Boycott : les griefs de l’AHM à l’encontre d’OpenAI

L’Association pour les Mathématiques Humaines (AHM) préconise un boycott d’OpenAI et reproche à l’entreprise d’avoir enfreint des principes fondamentaux de la recherche scientifique en diffusant des démonstrations produites par l’IA. L’AHM indique qu’OpenAI n’a pas respecté une recommandation essentielle de l’AGMAI, qui stipule que les problèmes mathématiques complexes ne doivent pas être expérimentés sur des modèles propriétaires. Elle note la mise en ligne simultanée de plus de 700 fichiers, qu’elle considère davantage comme une démonstration de force que comme un acte de scholarship. La prise de position de l’AHM mentionne aussi les nombreuses actions en justice pour atteinte au droit d’auteur visant OpenAI et laisse entendre, sans le formuler explicitement, que la société aurait pu obtenir ces résultats en utilisant pour l’entraînement des travaux de mathématiciens, que ce soit légalement ou non. L’AHM demande aux mathématiciens de mettre fin à toute collaboration avec OpenAI.

Un cas concret : la Conjecture des Jeux Uniques mise à l’épreuve

La série de documents publiés par OpenAI comprend une preuve prétendue de la Conjecture des Jeux Uniques, un problème ouvert en informatique théorique. Dana Moshkovitz, qui a consacré sa carrière à cette conjecture, a décrit le texte comme ressemblant à quelque chose écrit par quelqu’un sous l’effet de psychotropes et a jugé de larges passages flous. Elle relève que l’article cite de nombreux travaux sans expliquer leur pertinence, alors que des résultats antérieurs auraient dû les exclure. Selon elle, l’article est si mal rédigé qu’il est impossible de le lire sans l’aide de l’IA. Elle ajoute que la preuve repose sur une construction entièrement nouvelle et étrange, qu’elle qualifie de « folie extraterrestre ».

Normes de validation : désaccords ouverts et publication massive

Une controverse émerge concernant la légitimité de déclarer un problème résolu avant qu’une démonstration n’ait été vérifiée de façon indépendante et rendue accessible à la compréhension humaine. Certains chercheurs rapportent que des articles sont perçus comme particulièrement compacts, parfois accessibles uniquement à l’aide de l’IA. La diffusion par OpenAI de plusieurs centaines de manuscrits, comprenant plus de 700 fichiers publiés en une seule fois, nourrit ces débats. Au sein des discussions, une partie des intervenants appuie le boycott, recommande de ne plus utiliser les produits d’OpenAI et suggère de renforcer la protection des plateformes de prépublication telles qu’arXiv contre l’extraction massive de données destinées à l’entraînement. D’autres considèrent la position de l’AHM comme peu réaliste, jugeant qu’OpenAI poursuivra ses recherches et que des résultats rendus publics valent mieux que des résultats gardés privés. Certains s’interrogent enfin sur la possibilité de considérer un problème comme résolu lorsque ni les auteurs ni d’autres ne comprennent pleinement la preuve.

Tao et Aaronson posent le cadre public du débat

Terence Tao, président de l’AHM, a relayé la déclaration de l’association sous forme de billet invité sur son blog et a évoqué sur Mastodon une ère « Math 2.0 », où la résolution de problèmes ne serait plus l’objectif principal de la discipline. De son côté, le théoricien de la complexité Scott Aaronson a qualifié la situation de « Mathocalypse » sur son blog, contribuant à cadrer publiquement les termes d’un débat qui dépasse la seule publication initiale.

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