Meta promet que ses agents d’IA personnels Muse dialogueront entre eux et achèteront pour leurs utilisateurs. Mais le déploiement mondial reste bloqué par l’addition énergétique et matérielle, tandis que la monétisation par le commerce, les premiers usages et des doutes sur la confidentialité s’entremêlent.
Coûts de calcul et dettes freinent un lancement mondial
Meta prévoit de porter ses dépenses entre 135 et 145 milliards de dollars en 2026, soit le double de l’an dernier, alors qu’elle doit 25 milliards de dollars au Nouveau-Mexique à la suite d’un verdict de jury. Faire tourner des GPU au niveau requis pour un réseau de Muses est décrit comme très coûteux et énergivore, et l’entreprise semble au plafond de ce que permettent ses centres de données actuels. Mark Zuckerberg relie l’absence de lancement international de Muse à l’efficacité du calcul et cite le caractère intensif en calcul comme l’une des principales contraintes. Il annonce un objectif de multiplication par dix de l’efficacité des coûts de calcul l’an prochain, sans en préciser le moyen, tout en admettant que Muse ne sera ni rentable ni réussi sans baisse des coûts.
Muse mise sur le commerce, avec commissions et entreprises payeuses
Zuckerberg voit la plus grande opportunité de Muse dans le commerce, en indiquant qu’un quart des utilisateurs achètent via la plateforme pour plus de 200 dollars en moyenne par achat. Meta perçoit une commission sur chaque transaction, tandis que l’entreprise affirme que Muse restera probablement gratuit pour les consommateurs et que les entreprises couvriront les frais de transaction. La logique présentée est qu’avec des agents achetant eux-mêmes, le volume de transactions potentiels serait en théorie illimité, des agents étant disponibles en continu pour rechercher, recommander et acheter.
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Adoption initiale concentrée en Amérique du Nord
Zuckerberg revendique plus de 10 millions de téléchargements et configurations de Muse à ce jour, uniquement aux États-Unis et au Canada, et qualifie ce démarrage de l’un des plus réussis de Meta. Il n’a pas fourni de chiffres précis de rétention, mais avance qu’environ un quart des personnes ayant téléchargé l’utilisent quotidiennement. Il estime qu’un déploiement élargi ferait croître fortement ce total, tout en rappelant que les contraintes d’efficacité du calcul expliquent l’absence de lancement international.
Peu de détails techniques et des réserves sur la confidentialité
Meta n’a pas détaillé le fonctionnement opérationnel de Muse et de son réseau, dans un contexte de préoccupations sur la gestion des données personnelles. En septembre, un YouTuber a affirmé qu’un agent Muse avait envoyé un inconnu chez lui de nuit en gérant une vente sur Facebook Marketplace en son nom. Au lancement, Mark Zuckerberg a soutenu que Muse avait été conçu pour la confidentialité et la sécurité, tandis que des rapports ont évoqué des fuites de contenus issus de conversations privées d’utilisateurs. Un cadre bancaire canadien a indiqué qu’il envisagerait de bloquer l’accès de Muse aux données financières des clients.
Ambition d’un réseau d’agents et promesses de valeur
Zuckerberg projette des milliards d’utilisateurs de Muse, avec des agents interagissant et transactant au sein d’un réseau à grande échelle. Il décrit des agents personnels très capables, pouvant améliorer les relations, faire gagner du temps et de l’argent ou aider à créer des entreprises, et prévoit que la coordination entre ces agents débloquera une grande valeur. Il anticipe une forte rentabilité dans quelques années et dit vouloir travailler avec les utilisateurs et les entreprises selon des conditions adaptées, estimant que Muse sera au fil du temps très précieux pour tous. Lors du même échange, Susan Li a insisté sur la place importante que prendront les agents et sur la nécessité pour chacun de s’y adapter, dans un environnement où les grands groupes technologiques sont pressés de démontrer l’intérêt de leurs investissements en IA.






