Brief IA : New York interdit l’IA en classe pour 600 000 élèves

New York interdit l’IA en classe pour 600 000 élèves

Brief IA
Tom Levy·4 min·1 vues

New York a suspendu l'IA générative dans les écoles élémentaires et intermédiaires pour un an, touchant environ 600 000 élèves, afin de mieux encadrer son utilisation. Les lycéens auront un accès limité à certains outils d'IA, sans chatbots, et des plafonds de temps d'écran seront appliqués. Cette décision marque une prise de position inédite sur l'encadrement de l'IA dans le système scolaire américain.

En bref
1New York suspend l’IA générative dans les écoles élémentaires et intermédiaires pour un an
2Les lycéens auront des modules d’IA encadrés, sans chatbot, et un accès limité à certains outils
3La mesure concerne environ 600 000 élèves et inclut des plafonds de temps d’écran
4AIM Coalition réclame un moratoire plus long, Microsoft et OpenAI n’ont pas commenté
💡Pourquoi c'est importantCette politique marque une prise de position inédite à l’échelle d’un grand système scolaire américain sur l’encadrement de l’IA à l’école.
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L'analyse en français

New York suspend l’IA générative dans les classes d’élémentaire et de collège pendant un an, tout en cadrant étroitement l’usage au lycée. La mesure, qui touche environ 600 000 élèves, inclut des plafonds de temps d’écran et une évaluation après 2026-2027. Des parents militant pour un gel plus long saluent une « première étape ».

Des soutiens conditionnels et des acteurs industriels silencieux

AIM Coalition, qui réunit des parents, enseignants et activistes à New York, réclame un moratoire de deux ans sur l’IA dans les écoles publiques. Sa membre Alexis Kaloyanides a qualifié la nouvelle politique de première étape importante, tout en affirmant que le combat n’est pas terminé. Zohran Mamdani soutient pour sa part que l’interdiction décidée est la plus complète de son genre dans le pays. Microsoft a annoncé en 2023 un partenariat avec les écoles publiques de New York pour soutenir l’exploration d’outils d’IA générative, mais n’a pas répondu à une demande de commentaire mercredi. OpenAI n’a pas non plus répondu aux sollicitations envoyées le même jour.

Un gel d’un an ciblé sur le primaire-collège, 600 000 élèves concernés

Mercredi, lors d’une conférence de presse à Brooklyn, le maire Zohran Mamdani et plusieurs responsables du secteur éducatif ont fait part de la mise en place d’un moratoire d’une durée d’un an sur l’utilisation de l’IA générative dans les classes des écoles élémentaires et intermédiaires. L’utilisation de l’IA par les élèves dans ces écoles a été suspendue par le Département de l’Éducation, ce qui touche près de 600 000 élèves, représentant environ les deux tiers d’un système considéré comme le plus important du pays. Les directives prévoient de bloquer ou supprimer les programmes d’IA générative des logiciels scolaires et de désactiver les fonctionnalités d’IA dans 38 programmes déjà approuvés, ou de cesser d’utiliser ceux dont ces fonctions ne peuvent être désactivées. Les responsables ont indiqué qu’une évaluation de l’efficacité et des résultats interviendra après l’année scolaire 2026-2027.

Au lycée, des modules d’IA encadrés et sans chatbot

Des cours de littératie en intelligence artificielle seront proposés aux lycéens, qui disposeront également d’un accès restreint à certains outils validés. D’après le communiqué qui le précise, ces cours visent à permettre aux élèves de développer une réflexion critique sur l’IA avant d’en faire un usage régulier. Deux modules de 45 minutes doivent introduire ce qu’est l’IA et ce qu’elle n’est pas, ainsi que les biais, risques, considérations éthiques et effets sur les carrières et compétences futures. Les responsables précisent que ces modules n’incluent pas les chatbots, qu’ils sont conçus par matière et assortis de limites de temps strictes. À titre d’exemple, l’outil Quill, destiné aux cours d’anglais pour l’analyse de texte, est limité à 15 minutes d’usage hebdomadaire par élève.

Limites de temps d’écran et usages réservés aux enseignants

La politique introduit des plafonds quotidiens de temps d’écran sur appareils personnels : 30 minutes par jour pour les élèves de la troisième à la cinquième année, et 45 minutes pour les collégiens. Les enseignants, eux, sont autorisés à recourir à l’IA pour la planification des cours et des tâches opérationnelles.

Motivations, retours de terrain et cadre précédent

Les responsables indiquent que le moratoire s’appuie sur des retours d’élèves et d’enseignants, après des directives publiées en mars qui autorisaient l’IA pour la recherche, l’exploration et des projets créatifs, avec un encadrement adapté à l’âge et par des éducateurs. Dans le pays, des éducateurs se plaignent d’usages de l’IA par des élèves pour tricher, tandis que des parents demandent davantage de restrictions. Zohran Mamdani conteste l’idée, portée selon lui par l’industrie technologique, que l’IA en éducation précoce serait inévitable et nécessaire, tout en estimant que les lycéens doivent être préparés à un monde imprégné d’IA. Il a déclaré qu’ignorer cette réalité serait irresponsable. La plateforme ChatGPT est par ailleurs décrite comme largement utilisée par des élèves.

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